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Bienvenue sur le site de SUMMER WARS

pokemon128 copie

 

Qu'est ce que SUMMER WARS?

C'est une fanfic basé sur l'univers de Pokémon, reprenant globalement les informations provenant en prorité des jeux vidéos, puis de l'anime et autres produits dérivés.

Qu'est ce que ces "versions"?

Ces versions séparent la fanfic, comme des saisons et selon la version l'action se passera en majorité dans la région qu'elle représente. 10 versions sont prévues et doivent êtres lues dans cet ordre (car elles se suivent), il n'est pas impossible de commencer par la version de votre choix, mais il y a des choses que vous ne comprendrez pas:

Version Or (L'arc de Mimiko)

Version Rouge (L'arc d'Arisa)

Version Saphir (L'arc de Mili)

Version Vert Feuille (L'arc de Shinobu)

Version Perle (L'arc de Naru)

Version Rubis (L'arc d'Asuka)

Version Cristal (L'arc de Mizuki)

Version Emeraude (L'arc d'Isaka)

Version Noire (L'arc de Sevy)

Version Blanche (L'arc final)

Comment naviguer sur ce blog?

Je ne serais trop vous conseiller d'utiliser le menu en haut sous la bannière qui reprend les chapitres, ou bien de passer par les catégories.

Pour finir sous cet article se trouve la description des personnages faite en rapport avec le dernier chapitre posté et peut donc contenir des spoilers pour ceux qui n'ont pas lu jusqu'au bout.

Les chapitres de la VERSION ROUGE sont actuellement en REECRITURE (je les laisse mais ne vous accrochez pas trp à ce qui y est écrit)

Mimiko. 

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04 septembre 2008

Personnages - Version Or

 

 

Voici une présentation rapide des personnages (les images viendront plus tard) avec leurs pokémons, cette présentation sera mise à jour le plus souvent possible et donc contient des spoilers pour ceux qui n'ont pas encore lu les derniersz chapitres.

VERSION OR


 

PERSOS PRINCIPAUX


 

Mimiko

Age: 18 ans 
Origine ethnique: Française. 
Habite: Pas de domicile fixe pour l'instant 
Métier: Larbin du Professeur Orme 

Description: Description: Française juste arrivée au Japon, elle veut commencer une nouvelle vie, mais son passé semble toujours la hanter. Elle finit par trouver un travail auprès du professeur Orme qui l'envoie à la recherche du Pokémon légendaire Ho-Oh, à travers trois interview à donner dans différentes villes de Johto. Par la force des choses, elle devient aussi dresseuse pokémon, statut qu'elle n'assume pas vraiment, et se retrouve parfois embarqué dans des histoires pas possible. 
Parallèlement on découvre que son vrai but est de retrouver son père, le professeur Matsumoto qui aurait disparut quand elle avait 4 ans. Son seul indice est une photo, deux mystérieux mots: "Summer Wars" et le fait qu'il aurait travaillé pour le gouvernement japonais.


Pokémons: (5)

156-2Feurisson (Hien) (M)

Niveau actuel: 14 
Nature: Hardi

16-2Roucool (Windy) (F)

Niveau actuel: 11 
Nature: Mauvais

 

69-2Chetiflor(femelle) (échangée)->95_1 Onix (Maximus) (mâle)

                                                           Niveau approximatif: 60 

180_1Wattouat (Shampoo) (femelle)
Niveau actuel: 11 
Nature: Foufou

129-1Magicarpe (Majo-Rika) (femelle)
Niveau actuel: 4 
Nature: Serieux


 

AIDES


 

Dresseur au carabaffe

Age: ? 
Origine ethnique: Inconnue mais visiblement japonaise. 
Habite: ? 
Métier: Dresseur? 

Description: mystérieux dresseur intervenu pour stopper les actions de la Team Rocket à Carmin sur Mer. 

Pokémons: (4 connus)

8-1Carabaffe (Walther) (Mâle)

137_1Porygon (STAR)(-)

111-2Rhinocorne (Ruger) (Mâle)

100_1Voltorbe (-)

Arisa

Age: ? 
Origine ethnique: Française 
Habite: ? 
Métier: Etudiante 

Description: Amie de Mimiko, elle semble la seule de ses anciennes connaissances à qui elle souhaite parler. 

Pokémons: (0) 
Pas de pokémons.

Professeur Orme

Age: la trentaine 
Origine ethnique: Japonaise. 
Habite: ? 
Métier: Scientifique. 

Description: Scientifique qui semble un peu à côté de ses pompes. C'est le patron de Mimiko envers qui il peut se montrer un peu négligeant. Il a une femme et deux enfants et dirige le laboratoire certifié en matière de 1er pokémon de la région de Johto. Depuis quelques temps il a orienté toutes ses recherches sur les liens qui existent entre dresseurs et pokémons.

Pokémons: (3 connu)

152-1Germignon

155-2Hericendre

158-1Kaiminus

Professeur Chen

Age: proche de 70 ans 
Origine ethnique: Japonaise. 
Habite: ? 
Métier: Scientifique. 

Description: Eminent pokémonologue, Mimiko l'a rencontré aux Ruines Alpha. 

Pokémons: ? 

 

Maisy Fargas 

Age: 15 ans 
Origine ethnique: Japonaise (Ecorcia) 
Habite: Ecorcia 
Métier: Apprentie en fabrique de pokéball 

Description: Maisy est la petite fille du célèbre fabricant de pokéball. Elle vit avec lui à Ecorcia depuis que ses parents l'y on laissé pour partir travailler à Safrania et cette vie semble l'étouffer, d'autant plus qu'elle a récemment fait la rencontre de Chriss et semble être tombée amoureuse de lui. Maisy a une personnalité de fonceuse et ne réfléchit pas toujours à ce qu'elle fait ou dit. 

Pokémons: (2 connuS)

35-2

 

 

 

Mélofée (Cleaf) (Male)

152-1

 

 

Germignon (?) (Mâle)


 

ENNEMIS


 

Lucrezia Noin

Age: ? 
Origine ethnique: Inconnue mais visiblement japonaise. 
Habite: ? 
Métier: Agent de la Team Rocket. 

Description: Chef de l'équipe chargée de Carmin sur Mer. 

Pokémons: (1 connu)

RaichuRaichu (Blast) (M)

Walker Oswald

Age:
Origine ethnique: Inconnue. 
Habite:
Métier: Agent de la Team Rocket, filiale de Kanto. 

Description: Chef d'une équipe de sbire, lui même sous les ordres de "9", qui semble être Lucrezia Noin. On sait qu'il travaillait autrefois comme comptable, qu'il a une femme et une petite fille qui ignorent tout de ses activités. Il se dit lui même spécialiste du type vol et ne semble n'avoir que des pokémons de ce type dans son équipe. 
C'est lui qui a monté le plan de racket des Caves Jumelles afin de renflouer la Team après leur echec à Carmin Sur Mer. 

Pokémons: (2 connu)

164-1Noarfang (Mangestu) (Mâle)

21-2Piafabec (?) (?)

Numéro 6, dit "Zechs"

Age: ? 
Origine ethnique: Américaine. 
Habite:Carmin Sur Mer 
Métier: Agent de la Team Rocket et Champion de l'arène de Carmin Sur Mer. 

Description: On ne sait pas vraiment quelle est sa place dans la hiérarchie mais il semble être au même niveau, sinon plus que Lucrezia Noin. Fils du Major Bob, il a repris son arène et semble être très apprécié des filles. D'aprés Lucrezia, dont il semble trés proche: il est très important pour lui de retrouver le professeur Matsumoto. 

Pokémons: (1 connu)

135-1Voltali (Raijin) (Femelle)

Chriss

 

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Age: ? 
Origine ethnique: Inconnu. 
Habite: Ebenelle 
Métier: Dresseur Pokémon 

Description:  Dresseur pokémon en voyage initiatique avec Harry et Goliath. On sait qu'il est un descendant du célèbre Clan des Dragons de Ebenelle, une famille aristocratique qui contrôle plus ou moins la ville. Il est le cousin de Peter et de Sandra. 
S'il fréquente Harry et Goliath depuis un moment, il ne semble pas les considérer comme ses amis, mais plutôt comme des complices utiles. Il en est de même avec ses pokémons qu'il n'appréhende qu'en tant qu'arme. 
Il a pris en grippe Mimiko dés leur première rencontre, mais parallèlement, ne peut s'empêcher de garder un oeil sur elle et même de chercher l'affrontement, qu'elle par contre, n'a de cesse d'éviter. 


Pokémons: (3 connu)

159-2Crocrodil (Mâle)

207-1Scorplane (Mâle)

228-1Malosse (Mâle)

Harry

HARRY

 

 

 

 

 

 

Age: ? 
Origine ethnique: Inconnu. 
Habite: Ebenelle 
Métier: Dresseur Pokémon 

Description: Dresseur pokémon en voyage initiatique avec Chriss et Goliath. Il n'est pourtant pas en très bon terme avec Chriss et cache ses ressentiments derrière un sourire moqueur. On entend parler de sa mère, mais pas de son père et même s'il semble n'être qu'un coureur de jupons, il cache derrière un esprit très logique et vif.

Pokémons: (3 connu)

153-1Macronium (Macro)

216-2Teddiursa (Teddy)

69-2Chetiflor (Ancien pokémon de Mimiko)

Goliath

Age: ? 
Origine ethnique: Inconnu. 
Habite: Ebenelle 
Métier: Dresseur Pokémon 

Description: Dresseur pokémon en voyage initiatique avec Chriss et Harry. On ne sait pas vraiment ce qu'il pense de ses compagnons, il a l'air d'être là par la force des choses. Et fort, il l'est, c'est peut être sa seule qualité. On sait qu'il a dû travailler jeune dans des chantiers, on peut donc supposer que sa famille n'est pas très riche.

Pokémons: (2 connus)

155-2Hericendre

60-2Ptitard

41-2Nosferapti (femelle)

 


 

PERSONNAGES RECURRENTS


 

Sayaka Orme

Origine ethnique: Japonaise. 
Habite: Bourg Geon 
Métier: Femme au foyer 

Description: Femme du professeur Orme, elle a un fils: Akira et une petite fille. C'est une ancienne dresseuse pokémon. 

Pokémons: (?) 

Akira Orme

Age: 8 ans. 
Origine ethnique: Japonaise. 
Habite: Bourg Geon 
Métier: Ecolier 

Description: C'est le fils du professeur Orme, il lui arrive de l'aider pour s'occuper des oeufs de hericendres, kaiminus et germignons. 

Pokémons: (0)

Mew

Age: ? 
Origine ethnique: Japonaise (Apperemment du Kanto). 
Habite: Partout où ça le chante 
Métier: Farceur et imitateur 

Description: Mew est un pokémon dit "légendaire" On ne sait pas trop ce qu'il vient faire dans cette histoire mais il a déjà aidé Mimiko et semble suivre son sillage. Il peut être intéressant de noter que si la plupart des pokémons ont peur et respectent les pokémons légendaires, ils semblent considérer Mew comme l'un des leurs.

Snow Iodéa

Age: 17 ans 
Origine ethnique: Eurasienne 
Habite: Sinnoh 
Métier: Coordinatrice. 

Description: Rencontrée au Centre Pokémon des Caves Jumelles, elle se lie d'amitié avec Mimiko et décident ensemble de traverser les grottes occupées par la Team Rocket. Sociable et douce, elle semble trés investie dans la coordination. 

Pokémons: (6 connus) 

154-2

 

 

 

Meganium (Litchi) (Femelle)

25-2

 

 

 

Pikachu (Watson) (Mâle)

17-2

 

 

 

Roucoups (Golan) (Mâle)

197-2

 

 

 

Noctali (Zelda) (Femelle)

131-1

 

 

 

Locklass (Baltica) (Femelle)

58-1

 

 

Caninos (Hélios) (Mâle)

Apparition: chapitre 13 (Jour de disette), chapitre 14 (Snow Iodea), chapitre 15 (Le vent dans la caverne)

Fabian Borel

Age: ? 
Origine ethnique: Apparemment européenne 
Habite: ? 
Métier: ? 

Description: Un dresseur rencontré dans les Caves Jumelles et bien décidé à y déloger la Team Rocket. 

Pokémons: (2 connu) 

 

62-1

 

 

 

Tartard (Polux) (mâle)

 

83-2

 

 

 

Canarticho (Altius) (mâle)

Apparition: chapitre 14 (Snow Iodea), chapitre 15 (Le vent dans la caverne) 

 

Tamao du Tenkeishichiken

Age: ? 
Origine ethnique: Japonaise 
Habite: Rosalia? 
Métier: Geisha? 

Description: Une jeune femme venue rendre visite à Fargas pour lui demander de parler avec Mimiko. Elle serait une Geisha et l'ancienne apprentie d'une certaine Misaki. 

Pokémons: (1 connu) 

197-2

 

 

Noctali (mâle)

Apparition: chapitre 15 (Inadéquation féminine), chapitre 17 (Le feu dans la forêt...)

 


 

PERSONNAGES SECONDAIRES


 Elisea

Age: 9 ans. 
Origine ethnique: Japonaise. 
Habite: Ville Griotte 
Métier: Ecolier 

Description: Fillette rêvant de devenir coordinatrice et qui s'était perdue sur la route 30. 

Pokémons: (1)

165-1Coxy (Casey)

Apparition: chapitre 5 (Les femmes et les cartes)

Iris Laroche

Age: fin de la quarantaine 
Origine ethnique: Française. 
Habite: France 
Métier: ? 

Description: C'est la mère de Mimiko. Après la disparition d'Akira elle s'est marié à un autre homme et semble ne plus vouloir du tout entendre parler du Japon ou des Pokémons. Elle et Mimiko se sont violemment disputés avant le départ de cette dernière. 

Pokémons: (0)

Apparition: chapitre 10 (Alpha... Bêta) 

Le Professeur Akira Matsumoto

Age: environ la cinquantaine. 
Origine ethnique: Japonaise. 
Habite: ? 
Métier: Scientifique 

Description: Akira Matsumoto est le père biologique de Mimiko. Il a disparu quand elle avait 4 ans, mais on l'aurait aperçut aux ruines Alpha deux ans plus tard. Il travaillerait apparemment pour le gouvernement japonais et serait recherché en France. 

Pokémons: (1 connu)

58-2Caninos Mâle (Bêta)

L'Archiviste

Age: + de 60 ans 
Origine ethnique: Japonaise. 
Habite: ? 
Métier: Archiviste des Ruines Alpha. 

Description: Vieil homme dont on ne connait pas le nom mais qui a pour charge de garder toutes les archives des recherches effectuées dans les Ruines Alpha. Mimiko s'est occupée d'informatiser tous ses dossiers durant sa convalescence. 

Pokémons: (?)

Apparition: chapitre 10 (Alpha... Bêta) chapitre 11 (Alpha et Oméga)

Professeur Yorimora

Age: la trentaine 
Origine ethnique: Japonaise. 
Habite: ? 
Métier: Scientifique. 

Description: "Scientifique", pour ne pas dire historien spécialisé dans les runes antiques. Il connait toutes les légendes des ruines Alpha. 

Pokémons: (?)

Apparition: chapitre 10 (Alpha... Bêta) chapitre 11 (Alpha et Oméga)

Lolsebca

Age: 11 ans 
Origine ethnique: ? 
Habite: ? 
Métier: Dresseur Pokémon. 

Description: Jeune garçon rencontré prés des Caves Jumelles, qui, malgré son âge, semble avoir pas mal d'expérience. 

Pokémons: (1 connu) 

447-1Riolu (Ludic) (Mâle)

Apparition: chapitre 13 (Jour de disette) 

Takeru Fargas

Age: environ 70 ans 
Origine ethnique: japonaise 
Habite: Ecorcia 
Métier: Artisan fabriquant de pokéball 

Description: Issu d'une longue lignée de fabriquant de pokéball, il pratique lui même ce travail avec passion et talent. Il a formé son propre fils mais celui-ci a préféré travailler pour la Sylph Sarl et lui a laissé sa propre fille Maisy. Fargas a donc élevé celle-ci avec sa femme (malheureusement décédée plus tard d'un cancer) et malgré un parler franc et brut, il l'adore. 

Petit il a eu l'occasion d'assister à l'apparition de Ho-Oh dans l'ancienne forêt de Johto. 

Pokémons: (4 connu) 

178-2Xatu (Shiromono) (Mâle)

127-1Scarabrute (?) (Femelle)

185-1Simularbre (Oruashi) (Mâle)

236-2Debugant (Kinben) (Mâle)

Apparition: chapitre 15 (Inadéquations féminines), chapitre 16 (Le Lien, Le Pacte Tacite) 

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05 septembre 2008

Personnages - Version Rouge

Voici une présentation rapide des personnages (les images viendront plus tard) avec leurs pokémons, cette présentation sera mise à jour le plus souvent possible et donc contient des spoilers pour ceux qui n'ont pas encore lu les derniers chapitres.

VERSION ROUGE


PERSOS PRINCIPAUX



Arisa Ferteau

Age: 19 ans.
Origine ethnique: française
Habite: Pas de domicile fixe pour l'instant. 
Métier: /

Description: A venir

Pokémons (4)

4-1Samalèche (M)
Niveau actuel: 7
Nature: Relax.

16-2Roucool (M)
Niveau actuel: 5
Nature: Jovial.

19-2Rattata (F)
Niveau actuel: 4
Nature: Malin

13-2Aspicot (M)
Niveau actuel: 3
Nature: Lâche

 

Hiro Yui

Age: 24 ans.
Origine ethnique: japonaise
Habite: Celadopole (Kanto)
Métier: Agent de police.

Description: A venir

Pokémons (3 connus)

9-2Tortank (Walther) (M)

Niveau actuel: 48
Nature: Sérieux

58-2Caninos (Derringer) (M)
Niveau actuel: 35
Nature:Préssé

133-1Evoli (F)
Niveau actuel: 5
Nature: Discret


AIDES


Shinobu Fielder

Age: 19 ans.
Origine ethnique: franco-japonaise (sa mère)
Habite: Pas de domicile fixe pour l'instant. 
Métier: Reporter free lance

Description: A venir

Pokémons (1)

10-2Chenipan (F)
Niveau actuel: 2
Nature: Modeste

Professeur Chen

Age: proche de 70 ans 
Origine ethnique: Japonaise. 
Habite: Bourg Palette (Kanto)
Métier: Scientifique. 

Description: Eminent pokémonologue, c'est lui qui a prété Salamèche à Arisa. 

Pokémons: ?


ENNEMIS


Fei Chang

Age: ? 
Origine ethnique: Inconnu. 
Habite: ? 
Métier: ?

Description: Arisa et Shinobu l'ont rencontré dans la Forêt de Jade et celui ci s'est montré trés antipathique. Arisa a commençé un match contre lui mais n'a pas pût le finir. 

Pokémons: (1 connu)

15-2Dardagnan

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15 octobre 2009

Equipe de Shinobu

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06 octobre 2010

Chapitre 1 : Les blondes débarquent

En cette belle journée de fin d’été le ciel était bleu et la mer calme. Le ferry avançait paresseusement vers un morceau de côte où on apercevait petit à petit les toits de Bourg Palette.

A la rambarde nonchalamment appuyée, une jeune fille aux longs cheveux blonds observait le paysage. Pas grande, plutôt petite en fait, d’une silhouette longue cependant, Arisa s’étira, heureuse de voir que ce voyage en bateau arrivait enfin à sa fin. Elle en avait assez de dormir et était aussi pressée de revoir son amie.

Songeant à sa présence ici, dans ce pays inconnu, elle se dit que ce n’était que parce que Mimiko l’avait encouragé qu’elle avait eu le cran de venir.

Car après tout, nombreux étaient ceux qui étaient partis pour devenir dresseur pokémon et qui étaient revenus bredouille face à la difficulté de la tâche.

Elle s’était donné un an pour se tester : pendant un an elle accompagnerait Mimiko et puis elle verrait…

Baissant la tête vers l’eau elle fixa un banc de ces étranges créatures bleuâtre que sont les tentacools se laisser flotter au gré des vagues et poussa un soupir de lassitude.

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-Pff j’en ai marre, vivement qu’on arrive…

-C’est pas fini de te plaindre ?! On est en voyage, c’est génial ! Lança une jeune fille qui venait de s’installer près d’elle, deux canettes en main. Elle lui en tint une.

-Tu sais bien que j’aime me plaindre, merci Shinobu !

Toutes les deux étaient blondes, quoique pas de la même teinte, la première tirant sur le mordoré, l’autre sur le jaune doux  de certaines fleurs, l’une avait les cheveux longs, l’autre courts et les ressemblances s’arrêtaient là. Arisa était habillée d’un haut noir sans manche, d’un baggy et d’une paire de tennis quand Shinobu portait un long T shirt blanc, une jupe fourreau et une paire de botte en faux daim.

Si Arisa était venu « en touriste », Shinobu, elle, était là pour faire un reportage sur ce pays étrange qui s’était ouvert récemment au reste du monde et ainsi l’espérait-elle, être admise dans une grande école de journalisme. Elle avait déjà tout préparé de son itinéraire.

Jetant un coup d’œil aux vagues qui se jetaient contre le bateau elle grimaça en voyant les tentacools et s’éloigna précipitamment du bord sans un mot.

Elle n’avait rien à dire en fait. Bien qu’Arisa se demandait encore pourquoi diable elle avait décidé de faire son reportage dans cette partie du monde…

Vingt minutes plus tard elles mirent enfin pied à terre face à un panneau de bienvenue.

-Ca y est, on y est… C’est pas trop tôt ! S’exclama Arisa en s’étirant. 

-Oui ça y est… En terrain ennemi, marmonna vaguement Shinobu en regardant autour d’elle d’un air craintif avant de se tourner vers son amie : Mimiko n’est pas là. Ce n’est pas dans ses habitudes d’être en retard.

-Oui… C’est plutôt étonnant…

Arisa fit passer son sac à dos devant elle et fouilla pour retrouver sa feuille de route. C’était pourtant la bonne heure et le bon endroit…

Mais pour l’instant, pas l’ombre de la moindre brune sur le quai.

Un contrôleur, ou quelque chose dans ce genre les aperçut alors immobile avec leurs valises et s’approcha d’elle, provoquant une vague panique chez Arisa.

-Vous avez besoin d’aide ?

-Euuuh… Commença Arisa qui croyait avoir compris. Non, on… zut comment ça se dit déjà… Attendre

L’homme semblait désormais aussi gêné qu’elle et ne comprenant pas la langue qu’elle utilisait, il répéta la question avec un anglais approximatif :

-Need some help ?

-Nous attendons une amie, lui répondit alors Shinobu avec un joli accent chantant. Elle habite…  Arisa, où est ce que loge Mimiko déjà ?

-Chez le professeur Chen, lui répondit son amie, soulagée.

-Oui c’est vrai, merci, la remercia-t-elle avant de se retourner vers l’homme : chez le professeur Chen.

-Oh oui ! Le professeur Chen ! Son laboratoire se tient en bordure de la ville. Si vous suivez la grande route, vous pouvez pas le manquer.

Il lui montra la direction du bras et les deux jeunes filles le remercièrent.

-Merci Shin, sur le moment, je savais pas quoi dire…

-Le japonais c’est pas encore ça. Tu devais pas l’apprendre avant de venir ?

-Siii, mais c’est difficile, il faut apprendre deux alphabets entiers et je parle même pas des kanjis… Je me suis dit que j’apprendrais plus facilement dans le pays même.

-Hum… En fait t’avais la flemme, traduisit Shinobu en lui lançant un regard rempli de scepticisme.

-Mais… Ouais, j’avais la flemme, finit-elle par avouer.

Shinobu poussa un soupir puis lui rendit un sourire.

-Allez, et si on allait voir ce qui a retenu Mimiko ?

-Je te suis !

Attrapant leurs valises, elles quittèrent le bord de mer et son quai bétonné pour entrer dans les terres.

Bourg Palette semblait être un petit village tranquille, fait globalement de petites demeures entourées de jardins, l’air était pur et rempli de gazouillement d’oiseaux et la température, un peu trop chaude au soleil, devenait merveilleuse sous l’ombre des arbres.

Shinobu sortit une caméra de son sac à bandoulière et se mit à filmer tout ce qui passait devant son champ de vision, qualifiant cet endroit de petit paradis.

Toutes les voitures qu’elles croisaient, généralement de petits modèles, étaient garées, ce qui faisaient qu’elles avaient la route pour elles toutes seules et que l’on n’entendait pas l’habituel bruit de circulation qui ronronnait en fond de chaque ville. Rapidement, on se sentait comme moins stressé, presque moins contraint par la société. Arisa qui avait la faculté de trouver chaque inconvénient à chaque situation pour pouvoir se mettre à râler n’en avait, là, absolument pas envie. Même l’incident linguistique de tout à l’heure lui était sorti de l’esprit. 

Suivant la route qu’on leur avait indiqué, s’attirant quelques regards curieux des quelques passants, une étrange grande maison fini par apparaitre en haut d’une butte, une éolienne plantée sur son toit.

-Je pense que ça doit être le laboratoire ‘Risa.

-… Bah t’es sure ? On dirait plutôt une ferme…

Et puis être obligé de se taper une montée pour rien c’était pas dans ses préférences.

-L’homme sur le quai a dit que je ne pouvais PAS le manquer. Or, qu’est ce qui saute aux yeux ?

Arisa tenta désespérément de trouver  autre chose dans le coin répondant à ce critère. Quelque chose à leur niveau de préférence.

-Euh… Les gros massifs de fleurs là-bas ?

Shinobu leva les yeux au ciel et ne prit même pas la peine de répondre. A la place de ça, elle amorça la montée, sa valise rose fushia à roulette derrière elle.

***

-Surpriiiise ! S’exclama sa mère quand il ouvrit la porte.

Une pluie de confettis lui tomba sur les cheveux et les épaules avant que la brune ne lui saute au cou.

Hiro lança un regard perplexe à son beau-père qui se tenait derrière et qui haussa les épaules en souriant avec indulgence.

-Euh… Maman, le principe d’une surprise consiste à ne pas être au courant, ce qui signifie ne pas me téléphoner une semaine avant pour prévenir de votre visite.

La femme retomba sur ses pieds en le fixant d’un air contrarié :

-Mais comment veux-tu que nous te fassions des visites surprises alors que tu passes ton temps à être à droite ou à gauche !

-Je suis peut-être un peu trop grand maintenant pour les surprises.

-Taratata ! Répliqua-t’elle en s’avançant dans l’appartement tout en le détaillant.

Hiro en profita pour serrer brièvement son beau-père dans ses bras et le laisser lui aussi entrer.

-Encore félicitation pour ton entrée dans la troisième division du bureau des enquêtes criminelle de Celadopole, fit Sotaro Yui.

-Merci, mais je n’y serais pas arrivé sans toi.

-Qu’est-ce que tu racontes ! Ce n’est pas moi qui ai eu les meilleures notes de ma promotion à l’école de police, ni qui suis arrivé en demi-finale à la Ligue Indigo !

-Oui, mais sans toi je n’aurais jamais choisie cette voie et tu m’as beaucoup conseillé pendant mes études.

-Bah, c’était pas grand-chose !

Pour Hiro ça l’était en tout cas. Il se souvenait très bien de la première fois où sa mère les avait présentés, il s’était immédiatement mis à aduler l’inspecteur de la brigade canine de Safrania. Même maintenant qu’il était passé Capitaine, il restait aussi modeste qu’au premier jour. C’était lui qui lui avait offert Derringer, son caninos et il avait toujours tout fait pour qu’Hiro se sente chez lui et accepté dans leur maison cossu de Den-en-chôfu, l’un des beaux quartiers de Safrania.

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Disons qu’il y avait effectivement une grosse différence avec l’endroit d’où ils venaient…

-Mais enfin, cet appartement est minuscule ! Gémit Hibara Yui en revenant de la salle de bain. Il n’y a même pas de chambre !

S’attendant à une telle remarque, sa mère n’ayant eu aucun mal à s’habituer au luxe, Hiro avait la réponse toute prête :

-C’est un appartement de fonction typique pour un jeune célibataire.

Hibara ne semblait pas de cet avis et s’agenouilla sur le tatami presque à contrecœur et se mit à pianoter furieusement des doigts sur la table basse.

-Si tu nous avais laissé faire, nous aurions pût te loger plus convenablement.

-Je suis très bien ici Maman, je suis dans le centre, à deux pas de la gare. Et mon travail ne me laissera de toute façon pas le temps de profiter d’un appartement de haut standing.

-Il a raison ma rose*, intervint Sotaro, ça ne lui servirait à rien d’avoir plus de place.

Sa mère décida alors de lâcher prise et Hiro poussa intérieurement un soupir de soulagement. Hibara était une japonaise plus grande que la moyenne, d’ailleurs elle avait longtemps travaillé en tant que mannequin dans sa région natale, le Sinnoh. Hiro avait hérité de la couleur de ses cheveux : châtains foncés, mais malheureusement pas de leur souplesse et de leur brillance. Ses yeux sombre semblaient analyser la moindre chose qu’elle voyait et ils étaient toujours parfaitement maquillé. De même, elle était quelle que soit les circonstances habillée de façon recherchée et rien ne lui faisait plus plaisir que de passer ses week-ends à vider la carte bancaire de son mari en vêtements, soins de la peau, maquillage et chaussures. Hiro n’y pensait jamais sans un frisson d’horreur.

Cela marquait aussi la seule relation qu’elle avait avec ses deux uniques pokémons : un Tiplouf et une Chaglam. Elle n’avait jamais fait de voyage initiatique, trop occupée par sa carrière et la seule chose qu’elle avait jamais fait d’eux c’était les pomponner. Elle les voyait sans doute plus comme des poupées ou des accessoires pouvant la mettre en valeur que comme de véritables créatures douée de leur intelligence propre.

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De ce côté, Hiro était allé rechercher l’inspiration du côté de son beau-père. Walther, son tortank, alors carapuce à l’époque, et lui passaient beaucoup de temps à observer comment Sotaro travaillait avec les caninos. La brigade possédait un chenil d’une vingtaine de bêtes et même si les agents avaient leurs préférées, ils devaient s’entrainer à travailler avec n’importe lequel des chiens.

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Petit, il avait caressé l’idée de travailler lui aussi dans la brigade canine, mais tout avait changé avant ses dix ans.

Hiro fronça les sourcils à ce bref souvenir et se recentra sur la discussion. De justesse semblait-il.

-Et pourquoi pas, après tout vient un moment où on ne peut pas continuer à vivre seul. C’est mauvais. Je connais pas mal de jeunes filles très bien comme il faut…

Sotaro faillit s’étouffer dans son thé devant les yeux exorbités de son beau-fils.

Effectivement, celui-ci n’arrivait pas à croire qu’à 23 ans sa mère le veuille déjà marié, et semblait, à vrai dire, déjà prête à lui préparer un mariage arrangé.

-Il y a la fille du ministre des affaires étrangères par exemple, tu ne m’avais pas dit que tu aimerais bien travailler pour la brigade de la Sécurité publique ?

-Mais travailler pour la Sécurité publique et se marier avec la fille du ministre, ça n’a rien à voir !

-Bien sûr que si, naïf que tu es. Tu as plus de chance d’entrer là où tu veux si tu es le gendre d’un ministre ! 

-Oh maman… Soupira Hiro en cherchant désespérément de l’aide du côté de Sotaro qui essayait sans doute de se noyer dans son thé ou de disparaitre derrière sa tasse.

Pour le coup, il se reçut un regard tueur et Hiro comprit qu’il serait seul sur ce coup-là :

-De toute façon, je ne veux pas que tu me fasses rencontrer qui que ce soit.

-Mais alors comment feras-tu pour rencontrer quelqu’un ? Lui demanda calmement Hibara de l’air de quelqu’un qui savait qu’elle avait raison tout en reposant sa propre tasse de thé.

Comprenant qu’il n’aurait pas d’autre choix que de se dévoiler, bien qu’il avait eu l’intention d’en parler beaucoup plus subtilement et pas au milieu d’une discussion concernant le mariage, il trouva sa parade :

-Je n’en ai pas besoin, j’ai déjà rencontré quelqu’un qui… euh… M’intéresse.

Sur le coup, c’est ses deux parents qui lui firent des yeux ronds.

Il se rendait bien compte qu’il ne les avait pas habitués à inviter des petites amies ou même à sortir après 20h le soir. Du coup ils devaient penser que leur fils n’avait aucun intérêt pour les histoires d’amour, ce qui n’était pas totalement faux pour être honnête.

Il se montrait juste discret… Ce qui finissait généralement par saouler ses petites amies qui le laissaient alors tomber. Mais vu l’impact que ça avait sur lui –soit juste un changement de planning et beaucoup plus de temps libre – il n’avait jamais changé sa façon d’être à ce sujet.

-Mais où ça et quand ça ? Finit par réagir sa mère qui n’en revenait pas.

-Carmin Sur Mer, ça fait presque un an.

-Carmin Sur Mer ?

-Ooh oui ! Compris Sotaro, la fille qui t’a aidé dans l’affaire de la Team Rocket et de l’arène de Carmin Sur Mer ! Mais je croyais que tu ne connaissais pas son nom ?

-Je l’ai recroisé il n’y a pas longtemps, expliqua Hiro qui continuait à braquer un regard noir sur son lâcheur de beau-père.

-Mais tu n’avais pas dit qu’elle te plaisait à l’époque ! Intervint Hibara.

-La situation ne se prêtait pas vraiment à des présentations et à une discussion !  Comment aurais-je pu dire qu’une fille dont je ne sais rien me plait ?!

-Oui… Bon…

Il fut heureux qu’aucun des deux ne pense à lui demander comment et où il avait revu Mimiko car Hibara se serait surement jeté sur les enregistrements de la Ligue Indigo afin de voir à quoi elle ressemblait.

-A ce sujet, fit-il, je l’ai invité à passer me voir quand elle sera dans le coin, mais à l’époque je n’avais pas encore cet appart, du coup je leur ai donné votre adresse, alors…

-Oui, ne t’en fait pas, si elle passe nous t’appellerons, le rassura Sotaro.

-Merci. Ca m’embêterait de la louper, elle voyage pas mal.

-Elle voyage ? D’ailleurs dis en nous plus sur elle : comment elle s’appelle, où habite-t-elle, quel est son travail et qui sont ses parents ? Le questionna Hibara d’un ton sans appel.

-Elle s’appelle Mimiko Laroche, elle est originaire de France et n’est là que depuis un an, je crois me souvenir qu’elle ait dit aller habiter chez le Professeur Orme cet été car elle est l’une de ses assistante. Voilà, contente ? Maugréa le jeune homme.

Mais Hibara n’avait pas l’air particulièrement contente. Il était sûr qu’une assistante de laboratoire faisait pale figure face à la fille d’un ministre, mais elle n’allait certainement pas dire ça à son fils… Non, il faudrait qu’elle agisse de façon beaucoup plus subtile.

Pendant que sa mère fomentait des plans pour le marier au meilleur parti du moment, Hiro se tourna vers son beau-père :

-Dis, quand elle viendra, tu voudras bien calmer maman ? Je n’ai pas envie qu’elle lui fasse subir un interrogatoire.

-Oui, ce n’est pas parce qu’on est une famille de flic qu’on doit en oublier les bonnes manières, le rassura Sotaro.

-Et puis, tu sais, c’est juste une connaissance.

-Oui. Pour l’instant, continua Sotaro d’un ton entendu.

*Rien n’est moins sûr* répliqua intérieurement Hiro en se prenant à repenser à la jeune fille brune. Elle lui avait semblé lors de leur première rencontre facile à comprendre : toute ses émotions se lisant sur son visage, mais il avait entretemps revu son opinion. S’il était vrai qu’elle montrait avec une franchise presque impudente ce qu’elle ressentait (et n’hésitait pas à le dire non plus, ce qui était si peu naturel aux façons japonaises et par la même occasion si rafraichissant chez elle), elle n’en restait pas moins difficile à déchiffrer et résolument mystérieuse.

Oui, il n’était sûr de rien à ce sujet…

-Au fait ! Repris sa mère d’un ton joyeux en fouillant dans son sac à main. Comme tu as dit que tu allais vivre tout seul et que nous nous inquiétions de te savoir solitaire dans ce misérable appartement, nous t’avons acheté quelque chose…

Hiro haussa un sourcil et s’enquit d’une réponse  auprès de Sotaro. Celui-ci roula des yeux et le jeune homme sût que ça ne lui plairait pas.

Hibara finit par sortir de son sac une pokéball rutilante et la posa sur la table en appuyant sur le bouton. Dans un faisceau rouge apparut petit à petit une petite boule de poil bruns qui cligna des yeux et s’assit sur son derrière en agitant son épaisse queue en pinceau :

-Eeeevoooliii !

Le pokémon n’eut pas le temps de faire autre chose car Hiro l’attrapa par la peau du cou et le brandit en direction de sa mère :

-Un evoli ????

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-UNE evoli, précisa Hibara tranquillement. Sotaro et moi sommes allés dans le meilleur élevage du Japon pour te la trouver.

-Mais qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ??? J’ai déjà une bonne équipe de pokémon et je n’ai pas le temps d’en entrainer un autre ! 

-Mais enfin ! S’exclama Hibara, catastrophée, je ne te l’ai pas acheté pour que tu en fasses un outil de travail ! Mais pour qu’elle te tienne compagnie dans ton appartement ! Les évolis sont des pokémons doux et câlins, ils font de parfait petits animaux de compagnie !

Ça c’était sûr, mais Hiro n’en avait absolument pas besoin, justement.

-Maman, je t’ai dit que je ne serais pas souvent là ! Qui s’occupera d’elle alors ? Allez reprends là !

Mais Hibara faisait comme si elle ne l’entendait pas malgré la boule de poil qui se balançait devant elle.

-Viens Sotaro, il est l’heure pour nous de repartir !

Son beau père lui lança un sourire compatissant et s’éclipsa avec sa femme, laissant le jeune homme tout seul avec l’évoli qui était toujours suspendu par la peau du cou.

Il la tourna dans sa direction d’un air sceptique, puis se coucha par terre en émettant un long soupir.

***

En haut de la colline, Shinobu toujours aussi pimpante et Arisa commençant déjà à haleter, eurent la satisfaction – et le soulagement pour l’une – de n’avoir pas monté cette côte pour rien. En effet le panneau indiquait clairement- en kanji comme en hiragana** – qu’il s’agissait d’un laboratoire pokémon.

-Bon… bein… On sonne, non ? Proposa Arisa.

-Oui, mais… Tu vois une sonnette quelque part ? Ça m’a plutôt l’air d’être comme un bâtiment ouvert au public…

Ne voyant effectivement aucun outil pour indiquer leur présence, Shinobu ouvrit le portail qui émit un petit grincement et monta les quelques marches qui menaient à la porte d’entrée. Elle frappa quelques coups secs dessus, mais n’ayant aucune réponse, elle posa la main sur la poignée et la poussa.

La porte s’ouvrit sans résistance, offrant une vue sur un couloir au parquet de bois clair, menant sur une pièce d’allure lumineuse. Cette lumière entrait à flot jusqu’à l’embrasure de la porte où elle se tenait, donnant une ambiance irrésistiblement chaleureuse au lieu.

-Héhoooo, il y a quelqu’un ? Nous sommes des amies de Mimiko ! Lança Shinobu avant d’oser poser un pied à l’intérieur.

Il lui sembla alors entendre vaguement un bruit venant de l’intérieur et après un coup d’œil à Arisa qui pénétra à son tour dans les lieux et referma la porte, elle posa sa valise contre le mur et fit quelques pas pour sortir du couloir.

Il n’y avait personne dans la pièce adjacente, celle-ci se présentait comme un salon, avec deux divans se faisant face au centre, entourant une petite table basse où trainaient des prospectus. Une télé se tenait sur un petit meuble de rangement dans un coin et une grande porte fenêtre donnait sur un paysage verdoyant. L’un des battants était ouvert et de temps en temps, le furin*** qui y était accroché tintait doucement sous la brise.

Il y avait deux portes fermée de chaque côté de la pièce.

Shinobu était en train de se demander d’où venait le bruit qu’elle avait entendu quand elle sentit quelque chose toucher son pied.

Un frisson d’angoisse parcouru son corps tandis qu’elle baissait doucement ses yeux par terre.

Au début elle crut avoir simplement frôlé une plante verte, mais soudain les brins d’herbe frémirent, s’inclinèrent, et une espèce de chose bleue et ronde qui cligna de petits yeux rouges apparut en dessous :

-Mysstherbe !

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-…

AAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRGGGHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!

 

Autour du laboratoire, le cri fit brusquement s’envoler une vingtaine de roucools et piafabecs avec des piaillements indignés.

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Il fit aussi s’écrouler de sa chaise de bureau l’honorable professeur qui s’empressa d’aller voir ce qu’il se passait dans son hall.

Le vieil homme découvrit avec stupéfaction deux jeunes femmes – des étrangères au vues de leurs physiques et surtout de leurs cheveux blonds – dont l’une était en train de passer sur sa jambe un appareil qui faisait d’étrange bruit et l’autre était accroupie à côté d’un mystherbe et s’amusait à pouic-er ses feuilles. 

-Mais que se passe-t'il ici?

Arisa tourna la tête vers le professeur, rapidement suivie de Shinobu.

Devant elles se trouvaient un vieil homme aux cheveux gris ébouriffés, le regard acéré et une blouse sur ses épaules.

-Professeur Chen? Demanda Arisa.

-Lui même, mais qui êtes-vous? Et pourquoi avez-vous criées?

Arisa fronça les sourcils, elle avait à peu près compris ce qu'il lui demandait et comme Shinobu semblait trop occupée à mesurer la radioactivité de son pied, il n'y avait qu'elle pour répondre.

-Euh... Nous sommes les amies de Mimiko. Nous venons d'arriver de France. Shinobu a criée parce qu'il y avait un pokémon.

-Bien sur qu'il y a des pokémons! Vous êtes dans un laboratoire pokémon!

-Oui je sais... Mais euh... Shinobu en a peur.

Le vieil homme leva la tête et posa son regard sur la blonde qui consultait son appareil en maugréant des choses incompréhensibles et ses sourcils se froncèrent.

-Hm oui... Mlle Laroche m'avait dit que des amies à elle devait venir... Mais...

S'il savait qu'elle était métisse, l'assistante du professeur Orme ne lui avait jamais dit de quel pays elle venait, c'est pourquoi il n'avait pas fait le rapprochement immédiatement. La France alors... Etrange que celle qui avait été admise au sein du Tenkeishichiken viennent de ce pays en particulier quand on savait que la plupart de ses habitants se comportaient comme celle qu'il avait sous les yeux. Enfin... Il ne pouvait pas y faire grand-chose. 

Il attrapa le mystherbe et le porta jusqu'à la porte fenêtre où il l'encouragea à rejoindre le jardin d'une tape dans le dos. Le pokémon plante bondit trois fois et disparut totalement dans un massif de fleurs.

-Euh... Commença Arisa alors que le professeur se laissait lourdement tomber sur l'un des divans. Où est Mimiko?

-Venez-vous asseoir, les encouragea-t-il en leur désignant les places face à lui.

Si Arisa n'hésita pas une seconde, Shinobu se montra plus réticente, sans doute craignait-elle qu'un nouveau pokémon surgisse de nulle part.

Arisa ne partageait pas le moins du monde sa peur et au contraire, elle avait senti toute son énergie et son enthousiasme revenir lorsqu'elle avait vu le mystherbe - et surtout- avait pût le toucher! C'était la première fois qu'elle touchait un pokémon et le contact était différent de ce qu'elle avait pût imaginer. Les feuilles du mystherbe avaient la même texture douce au centre et coupante au bout que n'importe quel brin d'herbe, mais elles n'étaient pas froide et sans vie: elles étaient tièdes.

Elle sentait encore sur ces mains ce contact particulier.

Ce contact espéré.

Mettant cela de côté pour l'instant, elle aurait par la suite tout le temps d'en rêvasser, elle revint vers le professeur Chen qui joignit ses mains devant lui:

-Mlle Laroche vous a apparemment parlé de moi, mais je vais me présenter plus formellement: je suis le professeur Samuel Chen. J'étudie les pokémons dans toutes leurs caractéristiques et leurs relations avec notre monde, et nous même les humains.

-Oui, elle nous a parlé de vous, répondit Arisa. Un peu. Je suis Arisa Ferteau et...

-Je suis Shinobu Fielder, continua son amie. Je travaille en tant que reporter free-lance et je serais ravie d'avoir quelques mots de vous au sujet du Japon et des... pokémons.

Le dernier mot avait été dit sur le bout des lèvres.

-Si vous le dites, répondit le professeur qui n'était pas convaincu. Mais nous verrons ça plus tard. J'ai, et en quelques sortes, vous aussi, des problèmes plus urgents à régler.

-Comment ça? S'inquiéta Arisa.

-Mlle Laroche est venu m'aider dans mes recherches il y a un mois, il y a maintenant presque deux semaine, elle a trouvé des informations concernant son père et le Projet Summer Wars…

A ce mot, Shinobu sursauta et elle qui jusqu'ici gardait un air intéressé et avenant se referma comme un kokiyas.

-Vous êtes au courant?! S'étonna Arisa.

-Bien sûr, Mlle Laroche ne vous l'avez pas dit ? Je l'aide dans ses recherches depuis que je l'ai rencontré dans les ruines Alpha

-Non, elle n'avait pas précisé « ce détail », lâcha Shinobu.

-C'est normal, comme elle sait que nous n'aimons pas entendre parler de cette histoire, elle n'a rien dit. Ça lui ressemble bien, lui répondit Arisa d’un ton conciliant.

Sur la photo que Mimiko possédait, la mère de Shinobu, Reika Meikai, se trouvait au premier plan, pas loin d’Akira Matsumoto et semblait être, à l’annotation de derrière, l’assistante d’une certaine docteur Shiro. L’oncle et la tante d’Arisa se trouvaient eux au fond de l’image.

On ne parlait plus jamais d’eux chez elle. C’est comme si tout d’un coup le frère de son père et son épouse japonaise n’avaient jamais existés. Et lorsqu’elle ou sa sœur avaient le malheur d’y faire référence, leur père devenait tout à coup livide et partait s’isoler dans une chambre tandis que leur mère rentrait dans une rage effrayante.

Pour chacune d’entre elle, et elle intégrait ses autres amies, la découverte de cette photographie avait été un choc. Et le groupe qu’elles formaient avait décidé qu’elles voulaient faire comme si elles ne l’avaient jamais vue. C’était à cause de ce tabou que Mimiko avait voulu transgresser qu’elle s’était fâchée avec toutes ses amies. Sauf avec elle, parce qu’elle n’avait jamais voulu laisser tomber la brune et qu’au fond d’elle, elle aspirait aussi à la vérité.

Le professeur Chen sentit le malaise de ses visiteurs et décida qu'elles ne lui disaient pas tout. Cependant il comprit aussi qu’il n’en apprendrait pas plus en insistant. 

-Quoiqu'il en soit, elle est donc partie pour le Mont Sélénite et je n'ai plus de nouvelles depuis... J'ai fini par signaler sa disparition à la police...

Les deux françaises cessèrent aussitôt de s'en faire au sujet du projet Summer Wars et se regardèrent d'un air inquiet: voilà donc pourquoi Mimiko n'était pas venu sur le quai!

Mais elles auraient préféré toute autre réponse à celle-ci.

Même si elles devaient reconnaitre qu'elles ne s'étaient pas vraiment inquiétées au cours de l'année dernière, à tort, réalisaient-elles, car leur amie s'était retrouvée seule dans un pays étranger, sans personne pour l'aider ou pour s'inquiéter à son sujet... Et il était rassurant de se dire qu'elle avait trouvé des personnes comme ce professeur.

Il y avait quand même de quoi s'en vouloir un peu même si c'était le choix de la brune.

-Le Mont Sélénite... C'est bien à l'ouest d'ici? Demanda soudainement Arisa, une idée lui passant soudain en tête.

-Oui.

Elle se tourna alors vers Shinobu et planta ses yeux verts émeraude dans les siens:

-Il FAUT qu'on parte à sa recherche !

Shinobu haussa des sourcils. Elle ne s'attendait pas du tout à ce qu'Arisa lui propose ça.

-Mais le professeur a dit qu'il avait prévenu la police.

-Donc tu veux qu'on reste planté là à attendre? Maintenant qu'on est ici, on devrait pouvoir faire quelque chose pour l'aider!

-Et comment tu veux aller jusqu'à cette montagne? J'ai un budget super serré, je sais que toi c'est encore pire...

Arisa fit la grimace devant ces considérations banalement matérielles. Mimiko non plus n'avait pas beaucoup d'argent en arrivant ici, mais elle avait réussi à s'en sortir.

-Professeur, est-ce qu'il y a un chemin pédestre jusqu'au Mont Sélénite? Demanda-t-elle en se retournant vers le vieil homme.

-Eh bien oui. Comme un peu partout dans le Japon. Ces chemins sont ceux empruntés par les dresseurs de pokémons... mais...

-Ca prendrait combien de jours de s'y rendre à pied?

-... Vous ne comptez tout de même pas y aller pour retrouver votre amie?!? C'est trop dangereux! Ces routes sont pleines de pokémons sauvages, réalisa le professeur Chen qui n’avait pas compris un mot de ce qu’elles avaient manigancée en français.  

-C'est pas grave, j'aime bien les pokémons, moi.

Le professeur lui adressa un regard grave:

-Vous aimez peut-être les pokémons dressés comme ce mystherbe, mais c'est une autre histoire quand il s'agit de pokémons sauvages. Certains n'hésitent pas à attaquer les humains s'ils se sentent menacés ou tout simplement dérangés.

Shinobu se mit à frissonner et fixa droit dans les yeux l’homme en face d’elle :

-Donc vous admettez que les pokémons sont dangereux !

-Assez pour vous conseiller de vous protéger avec l’un d’entre eux. Ce serait pur hypocrisie de dire que vous ne risquez rien sur les routes.

Mais cela ne suffit pas à décourager Arisa et le professeur Chen sembla le sentir. Il sonda la jeune femme du haut de ses soixante-dix années d'expérience. Il y avait du feu, sans aucun doute, une passion réprimée et contrôlée et du sol, beaucoup de sol, les pieds sur terre, et un sol solide et ferme sur lequel on peut se tenir.

-Il faudrait compter deux semaines pour un marcheur rapide. Sachant que le chemin vous amènera à traverser la forêt de Jade, finit-il par dire.

-OK, merci beaucoup pour toutes ces information, le remercia Arisa en faisant mine de se lever.

Shinobu s'apprêtait à la suivre et à lui dire aussi ce qu'elle en pensait, quand l’homme les arrêta:

-Et ce n'est pas tout. Je ne peux décemment pas vous laisser partir comme ça, continua t'il en se levant à son tour et en les invitant à le suivre.

Il les guida jusqu'à la porte d'où il était arrivé et les jeunes filles découvrirent une grande pièce qui allait mieux avec l'idée qu’elles se faisaient d'un laboratoire. Un gigantesque ordinateur trônait tout le long d'un mur, avec plusieurs écrans et des machines dont elles ignoraient le fonctionnement ou l'utilité, des bibliothèques croulaient de livres et de feuilles volantes, ainsi que des tables et des croquis ou des posters d'anatomies de pokémons se trouvaient sur les murs.

Il se posta devant un grand poster où l'on pouvait voir trois petits pokémons:   

-Je ne peux pas vous laisser partir sur les routes sans vous prêter un pokémon. Je parle bien de prêter car vous n'êtes ici qu'en touristes, précisa t'il devant les yeux d'Arisa qui se chargeaient d'étoiles scintillantes. Je vous ferais un papier tenant lieu de preuves.

-Je suis vraiment vraiment d'accord! Approuva Arisa qui n'osait pas croire sa chance.

-Voila les trois pokémons que les débutants ont le droit de choisir dans ce laboratoire: bulbizarre, salamèche et...

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-Carapuce! Oui! Oui! Je les connais! 

-Mais votre amie peut être pas... Bulbizarre est le meilleur pour les débutants, Cara...

-Inutile de me les décrire, je n'ai pas l'intention de m'occuper d'un pokémon, répliqua Shinobu. Je suis déjà assez contaminée comme ça. Arisa n'a qu'à prendre celui qu'elle veut.

Par précaution, elle s'éloigna et attendit près de la porte.

Le professeur fronça les sourcils de perplexité et se tourna vers Arisa :

-Par « contaminée » elle veut dire… ?

-Oui. Euh… Zut c’est quoi le mot déjà ? … Les radiations ?

Nouveau froncement de sourcil.

-J’avais entendu ces bêtises françaises, mais…

-Pourtant c’est vrai.

-Peut-être mais c’est inoffensif. Les japonais ont la plus longue longévité de la planète et ne meurent pas de plus de cancers que d’autres… Bon... Fit le professeur un peu déstabilisé.

Il n'avait pas l'habitude qu'on lui refuse ses pokémons de façon aussi directe. Il baissa la tête vers Arisa pour qu'elle fasse son choix:

-Alors... Lequel des trois veux-tu pour t'accompagner?

La réponse ne se fit pas attendre:

-Salamèche! C'est lui que je voudrais!

Oui, il y avait du feu en Arisa Ferteau, malgré ses cheveux d'or et ses yeux d'émeraudes, il y avait des flammes qui n'attendaient que leurs heures et un petit coup de pouce pour sortir. Un salamèche pourrait peut-être bel et bien le lui donner.

-Très bien, tu as fait ton choix et tu sais que c'est un pokémon difficile à dresser.

Elle hocha la tête mais resta sur sa position. Elle avait toujours rêvé d'avoir un salamèche et maintenant, aujourd'hui qu'elle en avait la possibilité, elle n'allait pas rater cette occasion sous prétexte que ce serait difficile et qu'un bulbizarre serait un choix plus raisonnable.

Le professeur Chen se dirigea alors vers une espèce de coupole de verre où se trouvaient trois pokéballs. Il prit celle qui était marquée d'une flamme et la tendit à Arisa.

-Le voilà.

Elle prit avec délicatesse l'objet dans sa main. La balle, sous sa forme optimale était lisse et brillante tout en ne pesant pas grand-chose. Avec un sourire, autant d'anticipation, que pour la chose stupide qu'elle s’apprêtait à faire, elle lança l’objet dans les airs :

-SALAMECHE ! SORT !!!

Dans un jet rouge apparut un petit lézard de couleur doré, éclairant la pièce de la belle flamme qui brulait au bout de sa queue. Il cligna des yeux bleus, l’air pas bien réveillé.   

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-J’ai toujours rêvé de faire ça ! S’expliqua-t-elle devant l’air perplexe de Shinobu avant de revenir sur Salamèche et de le regarder d’un air songeur : C’est étrange, il me semblait que les salamèches étaient d’une couleur orangée…

-Oui, nous constatons régulièrement des anomalies de ce genre, répondit le Prof Chen, mais cela n’influe en rien leurs capacités.

-Chala ? Sembla répondre le petit pokémon lézard en regardant autour de lui.

-Roooh il est trop mignon ! S’exclama Arisa en le fixant sous toutes ses coutures.

-Je n’aurais jamais cru un jour entendre dire Arisa que quelque chose qui n’est pas noir, rouge ou glauque soit mignon, fit Shinobu, à présent étonnée.

Le salamèche se mit alors à remarquer la blonde qui se tenait près de lui et approcha son museau pour la renifler. Elle sentait bon les gâteaux et le thé, ce qui n’était rien d’autre que le dernier repas de la jeune fille.

-Chala ! Approuva t’il car il aimait bien l’odeur.

Voilà donc celle avec qui il partagerait sa vie, il la trouva bien grande et se dit qu’elle ne ressemblait pas aux humains qui venaient habituellement ici. Bah, ça ne devait pas être bien grave, d’après sa mère les petits humains mâles ne pensaient qu’à se battre et les petites humaines femelles à transformer leurs pokémons en poképoupées. Celle-ci n’étant pas petite, il ne risquait rien.

-Hey, coucou Salamèche ! Fit-celle-ci en s’accroupissant et en posant doucement sa main sur sa tête.

Le cuir de salamèche était doux et chaud.

La main de l’humaine était caressante et respectueuse.

Tous deux se dirent alors que ça se passerait bien.

Le professeur Chen se rappela soudain à Arisa en lui tendant des pokéballs miniaturisées ainsi qu’un papier :

-Voici d’autres pokéball au cas où tu aurais besoin d’attraper un pokémon spécifique… hum… Et voici le papier qu’il te faudra montrer si on te demande de justifier la propriété de tes pokémons.

-Ah ok. Merci beaucoup !

Elle rangea le tout dans son sac à dos pendant que Shinobu recevait quant à elle une carte de la région de Kanto.

-Je pense que ça vous sera utile. Tous les chemins sont indiqués, ils sont numérotés de 1 à 25. La route 1 part du labo et traverse les champs jusqu’à Jadielle, la ville la plus proche. Si vous partez maintenant… Vous devriez y être à la nuit tombée…

***

Céladopole était loin d’être la pire ville du Kanto et Hiro se sentait satisfait d’y avoir atterrit pour ses débuts.

L’agence de police se trouvait près du centre-ville, dans une rue plutôt étroite, entourés d’immeubles d’à peine trois étages contenant des bureaux divers et variés. Un changement pour lui qui avait connu les formels buildings de Safrania et son lot de salary men dépressif. Ici tout semblait plus humain, plus chaleureux et plus tranquille.

Pour son premier jour il se présenta à son capitaine sans énormément d’appréhension. Pourtant il comprit vite qu’il n’était pas spécialement le bienvenue.

Le capitaine était un homme de la cinquantaine, propre sur lui avec son costume et ses cheveux grisonnant plaqués de part et d’autres d’une raie de côté, afin sans doute de cacher un début de calvitie. Barbe rasée, de fin sourcils et des yeux acérés souligné par des pattes d’oie. L’homme le foudroyait ouvertement du regard.

Cela ne suffit pas à démonter Hiro qui resta bien droit dans son uniforme bleu de policier.

-J’ai eu votre dossier Yui. Sachez qu’avec moi, que votre père soit un de mes collègues, que vous ayez eu de bons résultats ou que vous ayez aidé la police à diverses reprises ne compte absolument pas. Vous commencerez en bas comme tout le monde, et estimez-vous heureux que je ne vous demande pas de servir le café.

Non, la tâche semblait dévolue à un autre. Ou plutôt à UNE autre suivant la logique machiste de la hiérarchie japonaise. De quoi vous déprimer toute femme entrant par conviction où que ce soit.

Mais celle-ci en particulier semblait décidée à ne pas se laisser abattre. Elle entra discrètement, un plateau à la main et posa la tasse sur le bureau sans un mot. Assez grande avec de larges épaules, elle n’en était pas moins jolie dans son genre avec ses yeux en amande et ses lèvres pleines. Ses cheveux étaient coupés court, surement par intérêt pratique et se présentait en dégradé.

-Agent Yui, voici l’agent Tsubasa Sanada. Ce sera votre équipière.

La jeune femme releva son plateau et le fixa avec curiosité et semblait-il, de la joie.

-Mais cela ne vous dispense pas de continuer à faire le service Sanada ! Continua l’homme comme s’il rabrouait un enfant.

-Bien sur capitaine !

-Bon, vous pouvez disposer… Pas vous Yui !

Hiro qui avait commencé à tourner les talons, trop heureux de quitter la pièce, dû calmer sa joie et se remettre en place sans rien laisser paraitre.

*Qu’est ce qu’il peut bien avoir encore à me dire celui là ?*

Mais il y avait encore un tas de chose que le capitaine voulait lui rappeler : et cela se résumait par « rester à sa place », « rester à sa place » et « rêver s’il croyait qu’il allait faire du terrain immédiatement. ».

Bref, il devait s’attendre à être de corvée de paperasse pendant un long moment.

*Mieux que servir le thé* Se consola t’il en prenant possession de son bureau, face à celui de Tsubasa Sanada.

Il ne s’était certes pas attendu à ce qu’on le mette de suite sur les affaires intéressantes, mais certainement pas non plus à être lynché.

-Heureuse de vous rencontrer Agent Yui, le salua Tsubasa Sanada en se portant à sa rencontre.

-Le plaisir est réciproque, mais puisque nous allons devenir partenaires, ne serait-il pas mieux de nous appeler par nos prénoms ?

-Si cela ne vous dérange pas, Hiro, cela ne me dérange pas.

Elle alla s’asseoir à son propre bureau à côté.

-Cela fait-il longtemps que vous êtes en poste ici ? Lui demanda-t-il.

-Moins d’un an, mais il n’y avait personne pour pouvoir faire équipe avec moi alors j’ai longtemps été en stand by, à aider les uns et les autres dans leurs papiers. Mais maintenant que vous êtes là, cela devrait changer.

Hiro n’en était pas certain.

-Ne vous réjouissez pas trop vite Tsubasa, le capitaine n’a pas l’air de m’aimer des masses…

Tsubasa répondit à son air morne par un sourire pétillant :

-C’est parce que vous êtes déjà une célébrité. Tout le monde a entendu parler de vos exploits et ici, on regarde tous la Ligue à la télé. Vous n’y êtes pas passé inaperçu.

Le jeune homme ne s’en glorifia pas et commença à feuilleter les dossiers placé devant  lui.

-Quel est le travail alors ?

-De l’archivage, répondit avec regret Tsubasa.

Hiro se contenta d’un grognement de gorge en s’y mettant. Trois années d’études en criminologie pour faire de l’archivage… non, autant qu’il s’y fasse, cette situation pourrait perdurer.

Il caressa un instant l’idée d’appeler à la rescousse son beau-père, mais vraiment juste en pensée, car il n’était pas du genre à se cacher derrière papa et maman. Non, il affronterait ce capitaine revêche et l’obligerait à voir ses mérites.

Allez, dans moins d’un mois, il se mettait au défi d’être sur le terrain avec Tsubasa !

**

Arisa eut l’occasion de regretter sa décision maintes fois sur le sentier qui les menait à Jadielle. Qu’est ce qui lui avait bien pris de vouloir rejoindre le Mont Sélénite à pied ? Elle qui n’avait jamais été que la partisane du moindre effort ?

*Pour Mimiko.* Oui, il y avait bien que pour aider une de ses amies qu’elle s’imposerait un truc pareil. Cela faisait à peine 20 mn, et elle en avait déjà marre, alors qu’à ses côtés voguait Shinobu, qui ne semblait pas le moins du monde indisposée et qui filmait la campagne autour d’elles.

Une campagne plate, à peine divertie de quelques arbres solitaires ici et là. Le reste était culture et prairie.

-Tu sais, à bien y réfléchir je crois que tu as raison, finit par dire Shinobu. Si cela fait déjà deux semaines et que la police ne l’a pas encore retrouvé, c’est qu’il y a peu de chance, avec leurs moyens, qu’ils la retrouvent…

Arisa fronça les sourcils, peu heureuse de ce qui filtrait derrière ces paroles.

-Tu crois qu’elle…

-Non. Je n’en sais rien. Je ne sais même pas comment travaille la police ici. Cela ne peut être qu’intéressant d’y jeter un coup d’œil et avec un peu de chance, on tombera sur la trace de Mimiko…. Oui…

Ce discours n’avait guère regonflé d’espoir Arisa qui hésitait même à grogner sur sa compagne et son « ça pourrait être intéressant », mais elle ne pensait sans doute pas à mal et à cet instant, un roucool descendit de sa branche sur le chemin pour picorer quelque chose au sol. Arisa s’immobilisa et obligea Shinobu à faire de même.

-Regarde !

Shinobu émit un vague marmonnement et s’éloigna précipitamment.  

-Fais le fuir ! Fais le fuir !

-Ca va pas, c’est le premier pokémon que je vois depuis qu’on a quitté le laboratoire, répliqua Arisa en sortant la pokéball de Salamèche. Je vais l’attraper.

-Hein ? Mais pourquoi ?

-Je sais pas, il pourrait être utile. Salamèche, à toi de jouer !

Elle jeta alors la pokéball du petit lézard et celui-ci apparut devant le roucool qui fit un saut pour se mettre face à l’agresseur.

-Sala… Au fait c’est quoi ses attaques déjà… ?

Par réflex elle se tourna vers Shinobu qui la foudroya du regard, indignée.

-Comme si je savais ça !

-Ah oui, griffe et rugissement, se rappela alors la blonde sans s’offusquer. OK ! Salamèche, attaque rugissement !

Le petit pokémon lança un adorable rugissement qui fit sursauter le roucool alors qu’il s’apprêtait à s’envoler.

-Bien attaque griffe maintenant !

Salamèche s’élança sur le roucool surpris qui tenta un retrait, mais pas à temps, et se mit à le lacérer de griffure.

-Parfait ! Maintenant POKEBALLLLL !!!!

Arisa lança la ball qui fit une jolie arabesque et atterrit… 1 mètres à côté du pokémon.

Petit moment de solitude.

pokemon087

 

-Ouuups… Je recommence !

Cette fois ci la pokéball manqua de taper dans la tête de Salamèche qui se baissa de justesse et atterrit assez prêt pour capturer le roucool éberlué par tant de maladresse. 

Le pokémon disparut dans un faisceau rouge à l’intérieur de la pokéball qui se referma et se mit à s’agiter violemment avant de s’immobiliser dans un claquement. Arisa qui s’était figée n’en crut pas d’abord ses yeux, puis alla récupérer son bien (ainsi que la pokéball manquée). Salamèche se dandina jusqu’à elle et posa sa patte sur sa jambe, comme pour la féliciter.

-Chala, chala !

-Ouah… On dirait que j’ai réussi ! J’ai capturé un Roucool ! (puis se tournant vers la route) tu as vu Shin, j’ai…

Mais il n’y avait plus personne sur la route. Shinobu se trouvait déjà à l’autre bout du chemin.

-EH! TU POURRAIS M’ATTENDRE !!!!

-Avec ton taux de radiation qui doit augmenter, je me le demande…

Puis, comme Arisa courrait avec elle suivie de Salamèche :

-RAH MAIS RANGE CETTE BESTIOLE DANS SA POKEBALL !!!!!!

Il y avait encore beaucoup de chemin pour atteindre Jadielle…

 

A suivre... 

 

*Bien que vous vous en fichez certainement, le nom de la mère de Hiro, Hibara, signifie rose de feu, c’est pourquoi son époux l’appelle affectueusement « ma rose ». Et tout aussi inutilement, le nom de Hiro, que je devrais écrire Hiiro, signifie « écarlate ». Arisa est la forme japonisée de « Alice » et Shinobu signifie « endurer ». Quant à Mimiko, je l’avais déjà dit, mais ça peut signifier oralement « petite oreille » mais ça s’écrit avec les caractères de « charme » et de « prêtresse ».    

**Les kanjis et les hiragana sont deux des écritures du japonais ( sachant que les kanjis sont assez compliqués, ils sont parfois traduit à côté en hiragana, comme c’est le cas ici pour laboratoire). Il existe une troisième écriture : les katakanas, qui servent à écrire en langue étrangère.

***Un furin c’est une clochette/cloche/carillon que les japonais accrochent près des fenêtres, car le son est jugé « rafraichissant » et ils ont en bien besoin avec leurs étés horriblement chaud (et je parle en connaissance de cause !). Eoko est un pokémon inspiré des furins.   


11 octobre 2010

Chapitre 2

 

-Enfin, nous y voila… Un peu plus et j’ai cru qu’il nous faudrait sortir les duvets… Marmonna Mimiko.

Devant le groupe de jeunes filles formé par Shinobu, Mimiko et Arisa, venait d’apparaitre les lumières accueillante de la ville de Jadielle qui se lovait au bas de la colline. La nuit était tombée et elles étaient positivement épuisées. Leurs ventres aussi ne cessaient de protester depuis quelques heures, aussi furent t’elles d’accord pour ne pas attendre plus pour entrer dans la bourgade.

-Nous devons trouver le centre Pokémon, annonça Mimiko. Là bas nous pourrons soigner nos pokémons, manger et dormir…

-Enfin manger… Approuva Arisa.

-Enfin se reposer… Ajouta Shinobu.

-C’est encore loin ?

-Courage Arisa, en suivant l’allée principale on devrait bien le trouv… Ah ! Qu’est ce que je disais !

Devant eux se tenait un immense bâtiment blanc en forme de coupole orné d’un grand P rouge. Après avoir escaladé quelques marches, des portes vitrées s’ouvrirent automatiquement pour leur permettre d’entrer dans la chaude et lumineuse ambiance du centre Pokémon.

-Ouah, c’est plutôt cool… Murmura Arisa tout en suivant Mimiko qui se dirigeait vers le guichet.

Derrière celui-ci se trouvait une jeune femme aux cheveux roses dans un uniforme blanc… Et une espèce de grosse boule rose qu’elle identifia comme un pokémon. Sortant son pokedex, elle le dirigea vers celui-ci :

 


 

Leveinard sur Pokemon Bleu et RougeLeveinard, pokémon œuf.

Un POKéMON rare et difficile à capturer qui porte chance et bien-être à son possesseur.

 113


 

-Eh bien j’aimerais bien en avoir un pour jouer au loto, conclut Shinobu.

-Bonjour, que puis-je faire pour vous ? Demanda la jeune femme.

- Pourriez-vous vous occuper de nos pokémons ?

-Bien sur, placez vos pokéball dans ces plateaux.

- Vous reste-t-il aussi des chambres ? La questionna avec espoir Mimiko alors qu’elle et ses amies déposaient leurs pokéball dans les emplacements prévus sur les plateaux.

Une fois cela fait, le Leveinard s’en empara gaiment pour les transporter.

-Vous avez de la chance, il nous reste justement une chambre, répondit la jeune femme. Nous avons pas mal de nouveaux dresseurs à cette époque de l’année.

-Ouf, on a bien fait de se dépêcher… Approuva Mimiko en se retournant vers Shinobu et Arisa.

-On va pouvoir manger alors ?

- Oui, suivez-moi.

 Le groupe se dirigea vers la partie réfectoire du centre et commandèrent trois repas qu’elles dévorèrent au milieu des autres dresseurs, bien moins âgés qu’elles pour la plupart.

-Vous avez vu ? Il y a énormément de gamins… Je n’arrive pas à croire que leurs parents les laissent partir seuls sur les routes… Fit Shinobu.

-C’est une autre culture Shin… Ici tous les enfants ont le droit de recevoir leur premier pokémon à l’âge de 10 ans. Mais globalement, on rencontre de tous sur les routes. Du gamin de primaire au vieillard de 90 ans.

La brune sourit en caressant son Noctali qui mangeait des grosses boulettes de nourriture dans une écuelle.

-Mouais… Au fait, quel est le programme pour demain ? Encore de la route ?

-Ah non, Mimiko a dit qu’il y avait une arène dans cette ville !

-Et on doit faire des courses, ajouta cette dernière.

-Vous avez l’intention de défier le champion de cette ville ? Fit une voix inconnue derrière elles.

C’était un adolescent à l’air renfermé qui se tenait campé sur ses deux jambes, une main sur la hanche.

-Ouais, pourquoi ? Demanda Arisa.

-Vous perdrez votre temps à vous rendre à l’arène, le champion est absent.

-Quoi ?!?

-C’est ce qu’il y a écrit sur l’arène. Je voulais juste vous prévenir pour vous éviter de faire un détour.

-Oh non…

-Dis, tu serais par hasard quel serait l’arène la plus proche après celle-ci ? S’informa Mimiko en sortant son pokematos.

-Oui, c’est là où je vais me rendre. C’est à Argenta, après la forêt de Jade. Mais si vous avez l’intention d’y aller aussi, je vous conseille de faire le plein… La forêt de Jade est vaste… On s’y perd facilement…

-Merci beaucoup pour tes conseils, fit Shinobu alors qu’il partait du refectoire.

-J’arrive pas à le croire… Qu’est ce qu’il fout ce champion à la noix ! Je propose qu’on aille vérifier au cas où !

-Très bien, mais dans ce cas là, il faudra nous lever tôt, le garçon a raison, Argenta n’est pas la porte à côté…

Sur ces bonnes paroles, elles partirent se coucher après une bonne douche. La chambre était une étroite pièce occupée par deux lits en hauteurs et une table de chevet, ce qui était largement suffisant pour des dresseurs en voyage qui ne demandait que le luxe d’un bon matelas.

Le lendemain, ragaillardi, elles récupérèrent leurs pokémons qui s’étaient eux aussi reposés et restaurés et aidée par un plan de la ville, prirent la direction de l’arène. Au bout d’une petite marche elles tombèrent sur un bâtiment qui ressemblait à un temple avec des statues de guerrier à son entrée.

-Euh… Ca ressemble toujours à ça une arène… ? Demanda Arisa en papillonnant des yeux, dégoutés par tant de grandiloquence.

-Euh non… On peut dire que chaque arène est unique et à l’image de son propriétaire et du type de pokémon qu’il affectionne… Mais là je dois dire que je n’ai aucune idée du type utilisé…

Shinobu qui s’était dirigée jusqu’aux grandes portes de métal la coupa :

-En tout cas le garçon avait raison : l’Arène est fermée.

-Il n’y a aucune autre information ? Comme pourquoi ?

-Non rien…

-Merde… Jura Arisa.

-Bah ce n’est pas bien grave… De toute façon nous serons bien obligé de repasser par ici pour nous rendre à la ligue. On aura qu’à espérer que le champion sera revenu, affirma Mimiko, les poings sur les hanches. En attendant, nous avons des courses à faire !

-Ah oui, et quoi ? Demanda Arisa alors qu’elles faisaient marche arrière pour retourner dans la grande rue où se trouvait tous les magasins.

-De la nourriture pour nous, pour les Pokémons… Et puis je n’ai presque plus de savon et de pansements… On risque apparemment de ne pas croiser d’autres villes tout de suite, alors il vaut mieux être prévoyantes…   

**

-On a tout maintenant ? Demanda Arisa en sortant de la boutique.

-J’espère…

-Alors go vers la Forêt de Jade ! … Euh, c’est par où ?

-Pour arriver à la Forêt de Jade, il nous faut prendre la route 2, fit Shinobu qui avait déplié son plan. Apparemment elle n’est pas très longue et se trouve au nord de la ville.

-Le nord… Euh…

Le regard d’Arisa se fixa sur la boussole que la brune venait de sortir de son sac.

-Ah oui, ça c’est pratique ! Une chance qu’on ait Mimiko qui a déjà dû subir tout ça ne fois !

-Héhé… On en apprend des choses sur le tas…

Les jeunes filles prirent le chemin du nord, laissant la ville derrière eux pour replonger dans les plaines et les champs. Leur route de terre suivit un instant celle des voitures avant de la quitter, les plongeant en pleine nature.

Lorsque le soleil fut au dessus de leur tête, elles s’accordèrent une pause pour manger au bord de la route, sous un arbre qui leur fournissait un parfait ombrage. Dans les arbres les roucool dodelinait de la tête et tout était calme... Jusqu’à ce qu’Arisa pousse un cri.

Une espèce de petit rat mauve venait de chiper un sandwich dans son sac à dos.

-REVIENS ! CHAPARDEUR ! Hurla t’elle en lui lançant un caillou.

-Oh… Un Rattata… Constata Mimiko.

Arisa cependant n’était pas prête à se laisser faire et sortit une de ses pokéball :

-SALAMECHE ! En avant !

Son petit lézard rouge sortit de sa pokéball en pleine forme.

-Attaque rugissement !

-Elle va le capturer ? S’étonna Shinobu.

-Apparemment elle a l’air d’y avoir prit gout, approuva Mimiko alors que Salamèche utilisait son attaque griffe pour sauver le sandwich de sa maitresse.

Shinobu sortit son pokédex pour en savoir plus :

 


 

Rattata sur Pokemon Bleu et RougeRattata, pokémon souris,

Sa morsure est très puissante. Petit et rapide, on en voit un peu partout 

 19


 

Au même moment Arisa lançait une pokéball sur le Rattata affaibli. Salamèche qui commençait à en avoir l’habitude, dériva l’objet d’un coup de queue, de risque de voir sa maitresse capturer de l’herbe.

Blacky grogna en levant les yeux au ciel.

Le Rattata disparut dans la pokéball où il y resta sans trop de résistance.

-YES ! Deuxième pokémon capturé ! Annonça Arisa en ramassant la ball. Et diner de ce soir sauvé !

-Chala chala ! Approuva Salamèche.  

-Tu vas capturer tous les pokémons qui te tombent sous le nez ? S’inquiéta Shinobu.

-Pourquoi pas ? Si je veux pouvoir affronter les champions des arènes, il me faut des pokémons ! N’est ce pas Salamèche ?

-Chala !  

Shinobu tourna son regard vers Mimiko qui se contenta d’hausser les épaules.

-Tu devrais essayer Shin !

-Je ne vois pas pourquoi. Je suis ici pour faire un reportage, pas pour jouer aux dresseurs.

-Mais tu as bien Bulbizarre…

-Oui et c’est tout. Je me sens plus en sécurité avec lui.

-Et si nous repartions ? Proposa habilement la brune.

**

Il était cependant écrit qu’elles passeraient beaucoup de temps sur cette route car moins de trente minutes plus tard, elles furent arrêtées par un gamin qui jaillit brusquement des hautes herbes :

-Vous êtes dresseurs pokémon ?

-Oui.

-Est-ce que l’une d’entre vous accepte de m’affronter ? 2 pokémons. Je mise 50 pokédollars.

-Vas y Arisa, proposa Mimiko.

-Mais euh… Il mise ?

-Oui bien sur, comment crois tu que les dresseurs gagnent de l’argent ? Si tu gagne le combat, il te reversera 50 pokédollars, par contre si tu perds, ce sera à toi de les lui donner.

-Hum… OK, je veux bien t’affronter !

-Je peux vous servir d’arbitre, affirma Mimiko alors que les dresseurs se plaçaient face à face. Ceci est un match à deux pokémons, il n’y a pas de limites de temps !

-Très bien, fit le gamin. Je choisis Roucool !

Un Roucool apparut alors sur le terrain.

-Rrrouuroouuu !

-Hm… Bien, moi j’appelle Salamèche !

Salamèche sortit de sa pokéball.

-Chala !  

Salamèche sur Bleu, Rouge, Jaune et Vert FeuilleVSRoucool sur Pokemon Bleu et Rouge

-Roucool attaque charge !

-Salamèche attaque griffe !

Salamèche s’apprêta à lancer sa patte contre le roucool qui fonçait sur lui, mais fut frappé de plein fouet et tomba sur les fesses.

-Salamèche relève toi !

-Roucool, jet de sable !

Salamèche arriva à se remettre sur ses pieds, mais se fut pour recevoir du sable dans les yeux alors que le roucool s’élevait dans les airs.

-Challlaaaaa !!! Gémit le pokémon feu en se frottant les yeux, mécontent.  

-Roucool, a nouveau charge !

Arisa crispa les poings, n’arrivant pas à sortir son pokémon du pétrin. Puis voyant le sable disparaitre et le Roucool plonger vers Salamèche, elle décida de changer de tactique :

-Salamèche, rugissement !

Se reprenant, il grogna en direction du roucool qui, surprit, cessa sa charge.

-Maintenant griffe !

Salamèche ne se le fit pas redire deux fois et fonça vers le Roucool pour le gifler de ses petites griffes.

Le Roucool coincé ne pût rien faire et s’écroula par terre.

-Le roucool est à terre, c’est Salamèche qui emporte cette manche ! Annonça Mimiko alors que le gamin rappelait son pokémon.

-Zut… Voyons ce que tu vas faire contre ça : Rattata à l’attaque !

Le petit rat violet fit son apparition dans le combat.

Salamèche sur Bleu, Rouge, Jaune et Vert FeuilleVSRattata sur Pokemon Bleu et Rouge

-Oh… Encore un rattata… Grimaça Arisa. Très bien, Salamèche griffe !

Salamèche se précipita vers la souris mais celle-ci l’esquiva sans difficulté.

-Rattata charge !

Et fit volte face pour donner un coup dans Salamèche qui s’écrasa face contre terre.

-Salamèche relève toi !

-Trop lent ! Répliqua le gamin, Vive attaque !

Le rattata se lança à nouveau dans une charge, mais avec une vitesse superieur et frappa à nouveau de plein fouet Salamèche qui tentait de se redresser, l’envoyant gouter une fois encore à la poussière.

Seulement cette fois ci, il était trop fatigué pour se relever.

-Salamèche n’est plus capable de se battre, c’est Rattata qui remporte cette manche ! Fit Mimiko qui regardait avec sérieux le combat.

-OK, reviens Salamèche, c’était bien, annonça Arisa en récupérant son pokémon. Elle sortit alors une nouvelle pokéball : Roucool à toi de jouer !

Ce fut au tour de son Roucool d’entrer en scène.

Roucool sur Bleu, Rouge, Jaune et Vert FeuilleVSRattata sur Pokemon Bleu et Rouge

Celui-ci battit joyeusement des ailes, apparemment heureux de participer au combat.

-Très bien Roucool, attaque charge !

 le pokemon oiseau fonça sur le Rattata.

-Evite Rattata ! Hurla le gamin.

Grace à sa rapidité, le pokemon mauve évita l’attaque.

-Jet de sable !!!

Roucool fit volte face et battant des ailes envoya un nuage de poussière sur son adversaire qui s’en trouva désorienté.

-Maintenant charge !

Alors que le nuage de sable se dissipait, il fonça sur le Rattata qui n’eut pas le temps de reprendre ses esprits et se retrouva propulsé par terre.

-Allez relève toi Rattata ! Pria le gamin.

Mais la souris resta à terre.

-Rattata n’est plus capable de se battre, c’est Roucool et Arisa qui gagne le match ! Conclut Mimiko.

-Yeeeessss !!! Bravo Roucool !!! S’exclama Arisa alors que ce dernier lui voletait autour pour se poser sur son épaule et roucouler de plaisir.

-Bravo Arisa ! La félicita Shinobu.

-Héhé… Merci !

-Hum, les interrompit Mimiko. Il est de coutume que les adversaires se serrent la main, c’est en rapport avec le fondement amical qui régie la ligue pokémon.

-Ah oui ?

Elle s’approcha du gamin qui avait fait rentrer son Rattata dans sa pokéball :

-C’était un beau match, à un moment j’ai bien cru que j’allais perdre, fit Arisa en lui serrant la main.

-Oui c’est vrai, merci.

Après avoir salué le gamin, elles reprirent le chemin et bientôt une muraille d’arbre noya leur horizon.

-Qu’est ce que c’est que ça ? Demanda Arisa.

-D’après mon pokématos, c’est la forêt de Jade, notre destination. On devrait y être avant la nuit… A moins que vous ne préfériez établir notre campement à l’extérieur ?

-Pourquoi ?

Mimiko fit la grimace et frissonna :

-Les bois sont toujours remplis d’insectes…

-Il y a des pokémons araignées ??? S’informa rapidement Shinobu, les yeux écarquillés.

-Dans la région d’où je viens, oui… On les voit surtout la nuit… Mais je ne sais pas si c’est le cas ici.

-AAAHHH… Quel horreur ! Campons hors de cette forêt dans ce cas !

Arrivé à la lisière, elles choisirent un coin tranquille pour s’installer pour la nuit.

-Si nous voulons cuisiner, il nous faut de l’eau et du bois, annonça Mimiko qui sortait un paquet de riz ainsi que de la nourriture pour pokémons. Arisa tu veux bien aller chercher de l’eau à la rivière ?

-Ouais, pas de problème, fit la blonde en récupérant les trois bouteilles d’eau vide pour les remplir.

-Et toi Shin… (Puis la voyant grimacer) t’as qu’a rester là surveiller nos sacs pendant que je vais chercher du bois…

-Ok ! Je surveille les sacs !

Et Mimiko s’éloigna en levant les yeux au ciel.

Shinobu se laissa tomber sur un rocher et se mit à regarder le ciel rougeoyant à l’approche du crépuscule. Plusieurs roucool volèrent un instant au dessus de la cime des arbres.

-Hmm…

Elle pensa alors qu’enlever ses chaussures lui ferait du bien et baissa les yeux vers elles. C’est alors qu’elle LE vu.

Un grand cri résonna dans la vallée, faisant s’envoler tous les pokémons oiseaux du coin.

Sous ses yeux se tenait une espèce de gros ver rampant qu’elle avait d’abord prit pour une araignée. Celui-ci cherchait visiblement à lui grimper sur la jambe.

-Cheni ?

Serrant les dents, elle bondit pour se mettre à l’abri sur le rocher.

-Raah vas t’ennnnn !!!

Le pokémon pencha la tête et se remit à vouloir l’approcher.

-Mais qu’est ce que tu me veux ! Qu’est ce que tu es !

A sa question, le pokédex rangé dans sa poche lui fournit une réponse sans qu’elle lui ait rien demandé :

 


 

 

Chenipan sur Pokemon Bleu et RougeChenipan, pokémon ver.

Ses petites pattes sont équipées de ventouses, lui permettant de grimper aux murs.

  10


      

 

-Chenipan ? Peut importe ! Laisse-moi !

-Chenicheni !

Devant son entêtement la jeune fille chercha un projectile et ne trouva sur elle qu’une pokéball. Sans y réfléchir plus, elle la lui lança sur la tête pour le faire déguerpir.

Cela assomma à moitié le Chenipan et ouvrit la pokéball qui le captura en son sein.

-Oh non… J’voulais pas faire ça…

Trop tard, après quelques soubresauts, la pokéball s’immobilisa.

C’est alors qu’elle descendait de son abri qu’Arisa et Mimiko arrivèrent, l’une chargée de bouteille, l’autre de bois.

- Que se passe-t-il Shin ? C’est toi qui as crié comme ça ?

-Mais… Mais… J’ai été attaqué par un pokémon !

-Ah où est t’il ?

-Là. Je l’ai capturé sans le vouloir, expliqua Shinobu en ramassant la pokéball.

-Wouah, bravo Shini ! T’as attrapé ton premier pokémon ! S’exclama Arisa avant de la noyer sous une vague de question : Dis dis il est comment ? Il ressemble à quoi ? Il est de quelle couleur ? C’en est un que j’ai déjà capturé ? Il est puissant ?

-Je… Je sais pas… Tiens t’as qu’a regardé par toi-même !

Shinobu lança la pokéball à terre, libérant le petit Pokémon insecte.

Arisa le fixa en clignant des yeux :

-Bah il est riquiqui… Il a pas l’air très dangereux…

A ces mots, le Chenipan fit volte face et se mit à courir vers sa maitresse au grand damne de celle-ci qui rebondit sur son rocher :

-Tiens regarde il recommence !

-On dirait que ce Chenipan est attiré par toi Shin, constata Mimiko en construisant un tas de bois pour le feu. Garde-le, il pourra devenir un allié de choix. Moi aussi j’ai eu un Chenipan à mes débuts.

-Mais…

-Je ne pense pas qu’il cherche à te faire du mal. Bon, a propos de pokémon, il est tant de nourrir tout ces ventres affamés…

-Oh ouiiii j’ai faiiimmmm !!! Approuva Arisa en déversant l’eau dans une petite marmite.

-Pas nous morphale, nos pokémons, rectifia Mimiko avec un rictus moqueur.

-Ah ? Il faut les nourrir ????

-Comment crois tu qu’ils vivent ? Si hier on les a pas nourris nous même c’est parce que l’infirmière Joëlle s’en est occupée à notre place.

-Ah oui, c’est pas con, marmonna Arisa en réunissant ses pokéball dans ses mains avant de les jeter : Sortez ! C’est l’heure de la bouffe !

Salamèche, Roucool et Rattata apparurent avec enthousiasme. Shinobu fit à son tour sortir son Bulbizarre.

Aussitôt que le pokémon plante fit son apparition, Chenipan se détourna de sa maîtresse pour se précipiter vers lui et lui grimper dessus sous son œil inquiet.

-Ah désolé Shin… En fait on dirait que c’est l’odeur de Bulbizarre qui lui plait. Tu devais en avoir sur toi… Constata Mimiko.

-Bon, tant qu’il me laisse en paix…

-Et toi Mi ? On a toujours pas vu tes pokémons ? A part Blacky je veux dire…

La brune sourit et récupéra ses cinq pokéball pour les lancer en l’air :

-Sortez tous !

Un immense pokémon apparut, ressemblant à un espèce de furet grandeur homme, il s’ébroua et des flammes se mirent à apparaitre en collerette sur son cou. Aussitôt après sortit un Roucool… Ou un pokémon ressemblant à un Roucool car il était deux fois plus gros et les plumes de sa tête était vivement colorée. Ensuite apparut une espèce de boule bleue aux oreilles de souris accompagné d’un rhinocéros violet et pour finir un espèce de gros mouton rose.

Elle sortit son pokédex pour pouvoir connaitre leurs noms tour à tour :

 


 

Typhlosion sur Pokemon OrTyphlosion, pokémon volcan.

Quand il est furieux, il devient si chaud que tout ce qui le touche s'enflamme instantanément.

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Roucoups sur Pokemon Bleu et RougeRoucoups, pokémon oiseau.

Il protège son territoire avec ardeur et repousse à coups de bec tout intrus.

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Marill sur Pokemon OrMarril, pokémon aquasouris.

Le bout de sa queue est rempli d'huile plus légère que l'eau, ce qui lui permet de ne pas couler.

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Nidorino sur Pokemon Bleu et RougeNidorino, pokémon venepic.

Très agressif, il est prompt à répondre à la violence. La corne sur sa tête est venimeuse.

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Lainergie sur Pokemon OrLainergie, pokémon laine.

Sa douce laine stocke facilement l'électricité. Sa peau caoutchouteuse prévient l'électrocution.

 180


 

-Wouah, tu en as beaucoup… Fit Shinobu.

-Beaucoup ? Ce n’est que la moitié.

-La moitié ?

-J’ai 14 pokémons en tout. Mais les dresseurs ne peuvent transporter sur eux que 6 pokémons. Les autres sont au laboratoire du professeur qui m’a donné mon premier pokémon.

-Et ton premier pokémon, c’est qui ? Demanda Arisa après avoir demandé à Salamèche d’allumer le feu où cuisait à présent leur riz.

Typhlosion le plus grand de ses pokémon vint alors se frotter à sa maitresse.

-C’est lui. Hien. Mais il a déjà évolué deux fois pour arriver à son stade ultime, répondit t’elle en lui grattant le crâne. C’est sûrement le plus fort de mes pokémons.

Blacky, jaloux, vint s’installer sur les genoux de Mimiko tandis que Marril sautillait autour de Bulbizarre d’un air curieux et que Roucoups jaugeait le Roucool de Arisa d’un air arrogant.

Et Nidorino se mit à gratter le sol d’un air agacé d’avoir à attendre son repas et chercha à virer Hien en le poussant avec sa corne, ce qui obligea Mimiko à leur distribuer leur nourriture pour éviter un conflit.

-Cependant plus on a de pokémon, plus il faut savoir jongler avec leurs caractères… 

Une fois leurs monstres en pleine dégustation, les filles purent se reposer et se restaurer à leur tour. Arisa avala trois bols de soupe de riz avant d’être rassasié. Mimiko fit circuler une infusion de plante en dessert.

La nuit était tombée et seuls leur feu et la lune leur apportait de la lumière. Etant en fin d’été, il ne faisait pas encore frais et dormir à la belle étoile se révélait finalement moins contraignant que Arisa et Shinobu l’avait d’abord pensé.

Se couchant dans leur duvet, elles furent rejointes par leurs pokémons qui se blottirent contre elles. Salamèche se roula en boule contre le giron d’Arisa, Roucool se fit un nid dans un creux du sac de couchage et Rattata se cala timidement près de la tête de sa nouvelle maitresse. Herbizarre, toujours surmonté de Chenipan, se coucha sur le ventre dans l’herbe près de Shinobu.

Ils s’endormirent rapidement, fatiguée par la route et rassurée par la présence de leur compagnon à leurs côtés. 

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19 mars 2012

Chapitre 1 : Le chemin où on passe

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En cette après-midi bien entamée de fin d’été, le vol de 15H40 atterrit sur les pistes de l’aéroport international de Carmin sur Mer. Construit sur l’océan, il était le plus grand et aussi le seul à faire le pont avec les continents. Autour des pistes se trouvaient des avions frappés des enseignes de American Airlines, Easy Jet, Air France ou encore Emirates.

Mimiko les regardait avec ennui par le hublot de l’avion tandis que ce dernier roulait pour atteindre son point d’arrivé. Elle laissa son regard errer plus loin et se poser sur l’océan qui scintillait sous les rayons du soleil.

Elle était enfin arrivée.

Débouclant sa ceinture comme tous les autres, elle attrapa son manteau et son sac à dos. Elle repoussa derrière l’épaule ses longues boucles brunes et respira profondément plusieurs fois pour chasser l’angoisse qui commençait à resurgir après 12h de vol.

L’homme a côté d’elle, plutôt âgé et affublé d’une grosse moustache grise, portant un costume marron, jeta un coup d’œil sur elle.

Le spectacle qu’elle montrait était celle d’une jeune fille de 18 ans aux grands yeux marrons indéchiffrable, au petit nez retroussé et aux lèvres serrés qu’elle humectait du bout de sa longue de temps en temps. Outre son manteau noir, beaucoup trop chaud pour la saison, elle portait une fine chemise blanche, une courte jupe noire et des bottes qui lui montaient jusqu’aux genoux. Les seuls bijoux qu’elle portait étaient une chaine et une montre aux poignets.

-Eh bien mon petit, vous avez l’air stressé, vous êtes de toute évidence pas du pays. Vous êtes en vacances ?

-Non, répondit-elle d’une voix basse.

-Dans ce cas, pourquoi êtes-vous ici ?

-Je suis là… Pour recommencer ma vie, lâcha-t-elle dans presque un murmure.

Elle tourna à nouveau la tête vers le hublot. L’avion commençait à ralentir.

-Vous êtres française, non ? Ca fait loin.

-Ne vaut-il pas mieux choisir un lieu lointain pour tout recommencer ? De plus, j’ai toujours rêvé d’aller au Japon.

Le vieil homme n’eut pas l’occasion de relancer la discussion car l’avion s’était arrêté et les gens se pressaient dans l’allée centrale de l’appareil.

-Eh bien bonne chance, mademoiselle, la salua t’il en se levant.

Les passagers sortirent de l’avion à travers un tube en plastique. Une fois dans l’aéroport, et après avoir passé les contrôles, Mimiko leva la tête vers les panneaux, cherchant le chemin à prendre pour récupérer sa valise. Quand elle le trouva, elle trouva étrange que la plupart des passagers passaient ailleurs, suivant un autre panneau orné d’un ordinateur. Ayant peur de s’être trompée de chemin, elle demanda à un vigile qui se tenait dans un coin, un caninos à ses pieds. Le pokémon chien ne la quittait pas des yeux.

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-Ils vont d’abord récupérer leurs pokémons, expliqua le vigile. Comme il est interdit de posséder des pokémons dans la plupart des pays, ils sont obligé de les confier à des proches ou à des pensions. La salle où ils se trouvent possède un service de téléportation de pokéball. Mais vous, vous êtes sur le bon chemin pour aller récupérer vos bagages.

-Merci pour ces explications.

Elle continua alors sa route, observant autour d’elle les personnes qui attendaient leurs avions ou leurs proches. Beaucoup étaient accompagnés de pokémons de toute sorte, ceux qui n’étaient pas trop encombrant du moins. Mimiko ne pouvait s’empêcher de les détailler : elle savait ce qu’était un pokémon, comme beaucoup de monde, et elle était capable de les différencier la plupart par leurs noms, mais c’était la première fois qu’elle en voyait en vrai.

*Moi aussi un jour peut-être, j’en aurais un…* Songea-t-elle au guichet de remise des bagages.

En attendant ces derniers, pour l’instant toute seule, elle songea qu’elle avait autres choses à faire dans l’immédiat. Elle devait échanger sa monnaie et puis après… Après…

Elle était seule maintenant.

Mais elle savait qu’elle avait pris la bonne décision.

Fouillant dans ses poches de manteau, elle en sortit un article de magazine froissé et le lissa un peu avant de le lire. Elle l’avait déjà parcouru plusieurs fois.

« La ruée vers les pokémons : ces personnes qui partent pour devenir dresseur pokémon » disait le titre.

Beaucoup de personnes étaient partis lorsque le Japon et plusieurs Etats dont la France, avaient signés des accords de passages réglementés entre les pays. Autrefois le Japon, à cause de leur faune particulière : les pokémons, vivaient presque en autarcie… Il était quasi impossible de s’y rendre. Forcément, quand les barrières avaient été levées, cela avait provoqué un important flux migratoire et des milliers de personnes ont tout lâché pour tenter leur chance dans ce « nouveau monde », à l’image de ce qui s’était passé à la découverte des Etats-Unis. On s’était beaucoup moqué d’eux, ces « nouveaux chasseurs d’or et de rêves », devenir dresseur pokémon semblait ridicule aux yeux de la masse, et absolument pas un but en soi. Ainsi, lorsque beaucoup étaient revenus, la tête basse, après avoir réalisé la difficulté de la tâche, ils y trouvèrent là la preuve pour décourager les nouveaux rêveurs. Et effectivement, au bout de deux ans, les émigrants étaient devenus beaucoup plus rares.

Elle rangea le bout de papier en voyant les tapis transportant les bagages bouger. Elle était toujours seule dans la salle.

Deux uniques bagages firent leur apparition, dont le sien.

Quand elle quitta la pièce, l’autre bagage continuait de tourner, abandonné. 

***

Elle avait quitté l’aéroport. Elle ignorait où elle allait, mais en tout cas elle allait quelque part. Quand on n’avait pas encore de but, ce n’était pas très grave. Elle longeait les quais de Carmin sur Mer où stationnaient des immenses paquebots en essayant d’oublier le bruit infernal de sa valise à roulette. S’arrêtant un instant, fatiguée, elle s’assit sur cette dernière et sorti de son sac à dos une bouteille d’eau à moitié vide. Elle en but un peu avant de contempler le coucher de soleil qui embrasait la ville de reflets dorés. Elle entendait au loin les rumeurs de quelques marcheurs, ainsi que les cris des goelises qui planaient au-dessus d’elle.

-Qu’est-ce que je fais, moi, maintenant ?

Elle avait sûrement de quoi se payer une nuit dans un hôtel, voire trois, mais il lui fallait trouver du travail. Pas évident avec uniquement un bac et un profil d’étrangère.

Sautant sur ses deux pieds elle s’étira et se força à sourire :

-Allez ! COURAGE !

A ce moment-là, un autre cri retentit, ainsi que des bruits de pas précipité.

-AU VOLEURRRR !!! Fit une voix de femme au loin.

-ARRETEZ !!! En lança, une autre, masculine.

De derrière un dock surgit un homme habillé entièrement de noir, avec un « R » rouge sur le poitrail. Il tenait dans une de ses mains un sac indubitablement féminin.

Un autre homme apparut, accompagné d’un pokémon. Il tendit la main devant lui :

-Walther ! Attaque Tour rapide !!!

Le Carabaffe disparut dans sa carapace et tournoyant sur lui-même, se lança sur l’homme en noir. Celui-ci se le prit en pleine tête et se ramassa la tête la première aux pieds de Mimiko.

8

*Aïe ! Ca a dû faire mal !* Songea-t-elle alors qu’il se relevait.

Celui-ci, affolé, aperçut Mimiko et l’attrapa par le poignet, menaçant :

-Toi ! Donne-moi tes pokémons !

-Hein ?! Mais… J’en ai pas !

-Teh… Alors dégage ! Lui cria t’il en la poussant d’un côté, l’envoyant s’égratigner les genoux par terre.

-Aieeeuhhh ! 

Il s’était remis à détaler, surtout que son poursuivant avait pris de l’avance.

Ce dernier passa devant Mimiko et elle pût, le temps d’un très bref instant, le détailler. Cheveux châtains foncé courts et en pagaille, expression déterminée, sérieuse, et yeux bleus comme deux abysses, plus âgé qu’elle de toute évidence : il n’avait plus rien de l’adolescence, mais tout de l’homme.

Il la dépassa sans faire attention à elle et elle ne pût s’empêcher de le suivre des yeux jusqu’à ce que lui et le malfaiteur disparaisse à un tournant.

*Il était beau mais il aurait pût s’inquiéter un peu pour moi !* Soupira t’elle en se relevant avant de grimacer de douleur.

-RAAH Ce Con… M’a pas loupé !

Un instant, en faisant le constat de sa situation : seule, perdu, sans avenir, bientôt sans ressource, sans toit, les genoux en sang et affamée, elle eut envie de pleurer.

Mais comme ça ne servirait à rien, elle se contenta de prendre l’anse de sa valise et de se trainer jusqu’à un restaurant pas cher.

Cependant, la nuit venue, dans les draps du premier hôtel croisé, elle ne pût s’empêcher de verser quelques larmes.

***

Le lendemain ses batteries étaient à nouveau remontées à bloc et elle partit, sac au dos, à la recherche d’un travail. Elle avait décidé de se rendre à un cybercafé pour accéder aux annonces du net.

C’est en marchant dans la rue commerciale, scrutant les magasins, qu’elle fit attention aux affiches identiques placardés à plusieurs endroits. Le Grand R rouge présent en illustration sur celles-ci attira son regard, car il était identique à celui de son « agresseur » d’hier.

 

« Avis de la police de Carmin Sur Mer.

Une recrudescence des vols perpétrés par la Team Rocket a été constatée dans notre ville. Veuillez rester sur vos gardes, éviter de sortir à la nuit tombée et prévenir la police si un individu vous paraît suspect. 

Numéro téléphonique du service de la police : 642»

 

-La Team Rocket ? Quel nom stupide ! En tout cas, ce n’est pas très rassurant… 

Plusieurs personnes dans la rue se retournèrent, ainsi que Mimiko, lorsqu’une clameur retentit dans la rue.

Devant un gigantesque bâtiment orné d’un grand « P » se tenaient une foule de personne, la plupart accompagnés de pokémons, faisant face à une jeune femme en tenue policière qui essayait de se faire entendre.

Par curiosité, suivant les badauds, elle s’approcha.

-Alors c’est ça un centre pokémon… Oh !

Parmi les dresseurs se trouvaient celui qu’elle avait aperçu hier, avec son carabaffe. Il se tenait au premier rang, plus calme que les autres, et écoutait le discours de la policière. Etrangement, Mimiko fut tentée d’aller le rejoindre, mais elle resta plantée sur place, à la fois intimidée et lucide. Pourquoi irait-elle se faire connaitre d’un homme qui vivait apparemment dans un monde totalement différent du sien ?

-Aha… Encore des vols de pokémons… Souffla un salary man près d’elle. La Team Rocket est vraiment un fléau…

Intriguée, elle se rapprocha de lui avant qu’il ne parte :

-Excusez-moi monsieur, je viens juste d’arriver ici et je ne comprends pas : pourquoi volerait-on des pokémon ?

-Ah, vous n’êtes pas d’ici, hein ! Ils volent des pokémons pour les revendre, c’est totalement inadmissible. La Team Rocket est une organisation criminelle qui ne pense qu’à se faire de l’argent, vous devriez être prudente et ne pas vous frotter à eux !

Sur ce, il reprit sa route et la foule se dispersa. Mimiko vit le dresseur au carabaffe s’éloigner lui aussi, prit d’une soudaine inspiration, elle l’appela :

-Euh… Excusez-moi ?

Le brun se retourna et darda son regard à la fois intransigeant et intimidant sur elle.

-Oui ?

-… Euh… Rien. Désolé, marmonna-t-elle à toute vitesse en prenant une carnation écarlate et en s’empressant de quitter les lieux en se maudissant.

*Raaah quelle gourde ! Tu aurais au moins pût essayer de lui demander son nom !!! Maintenant il doit te prendre pour une débile mentale !*

Et elle continua à se morigéner, la Team Rocket totalement évacuée de ses pensées, jusqu’à trouver enfin un cyber café. Elle paya l’entrée et s’installa face à un ordinateur, contente de trouver enfin quelque chose de familier. Elle s’apprêtait à commencer ses recherches, quand soudain lui vint l’envie de se rendre sur son ancien chat privé.

Lorsqu’elle se connecta, elle eut le bonheur d’y retrouver la personne qu’elle attendait.

est connectée.

veut pas que les vacances se terminent !> dit : MIMIKO ! T’es enfin là !

 Arisa c’était une de ses amies, la seule qui était vraiment au courant de son projet et qui la soutenait. En gros, c’était la seule personne en qui elle voulait porter sa confiance et garder le contact de son ancienne vie. Blonde, mais très souvent habillée de noir, elle était râleuse professionnelle et fan de vieux groupe de hard rock.

dit : Désolé, j’aurais dû te contacter dès hier, mais j’étais un peu…

veut pas que les vacances se terminent !> dit : C’est pas grave, je comprends. Dis moi plutôt comment ça se passe ?

dit : Je suis encore en vie.

veut pas que les vacances se terminent !> dit : j4ARRIVE PAS A CROIRE QUE T4ES TOUT PLAQUE§

veut pas que les vacances se terminent !> dit : Oups désolé, tout en majuscule :p

dit : Pas grave. J’ai du mal à y croire moi aussi…

veut pas que les vacances se terminent !> dit : Quand même, c’est un truc que j’arriverais pas à faire… Comment a réagi ta famille ?

Le regard de Mimiko partit dans le vide et ses doigts se posèrent sur le clavier

 

-J’EN AI ASSEZ ! ASSEZ D’ÊTRE ICI ! ASSEZ DE N’ÊTRE PAS RECONNU POUR MA VRAIE VALEUR ! ASSEZ QU’ON ME DISE CE QUE JE DOIS FAIRE ! ASSEZ DE TOUTE CETTE PRESSION !

Mimiko, le visage déformée par les larmes et l’indignation attrapa sa valise et s’apprêta à passer le pas de sa porte. Elle fut arrêtée par sa mère qui sortit du salon d’où elles venaient de s’engueuler pour la fixer d’un air froid :

-Si tu passes cette porte, ce n’est pas la peine de revenir !

Cette déclaration frappa la jeune fille en plein cœur et la douleur lui arracha un petit gémissement. Cependant, la froideur et le contenu de cette phrase ne faisait que rendre sa démarche encore plus légitime. Ainsi elle se força à barricader son cœur fragile qui hurlait de douleur, avala douloureusement sa salive et chercha au plus profond d’elle-même un peu de colère, émotion presque inexistante en elle, pour faire face.

-Tant mieux, j’ai pas l’intention de revenir.

Traversant l’entrée, elle lança un dernier regard à sa mère qui restait figée dans une expression de colère froide et claqua la porte.

 

dit : Mal.

veut pas que les vacances se terminent !> dit : Aïe !

dit : Je tiens pas trop à en parler.

veut pas que les vacances se terminent !> dit : T’inquiète, je comprends…

veut pas que les vacances se terminent !> dit : Courage ! Je te soutiens ! ^_- /

dit : ^^ Enfin là, faudrait surtout que je me mette à chercher un travail. J’ai économisé, mais ca reste pas grand-chose, surtout quand on passe la nuit à l’hôtel. Ça coute cher >_<.

veut pas que les vacances se terminent !> dit : OK, je te laisse « bosser ». De toute façon j’attends quelqu’un. Alors faut que je te laisse.

Mimiko grimaça en lisant le message, stupidement blessée. Mais que ce soit stupidement ou pas, ça restait douloureux. Elle aurait préféré qu’Arisa ne lui parle pas de ses anciennes amies.

Alors que cette discussion aurait dû lui remonter le moral, voilà qu’elle se sentait encore plus mal, la nausée au bout des lèvres.

Après lui avoir écrit au revoir, elle éteignit l’ordinateur : maintenant que son moral était au 36eme dessous, elle n’avait plus envie de se lancer dans l’ardue recherche d’emploi.

*Tout s’annonce plus difficile que je ne le pensais… * Pensa t’elle avec un soupir en sortant du cyber café et en remontant la ruelle.

-AAAAAHHH AU SECCCOUUUURRRSSSS !!!!

Devant Mimiko passa soudain un homme dégingandé en blouse blanche, les cheveux châtains clairs et courts, avec des lunettes sur le nez. Il tenait d’une main un gros sac et de l’autre cherchait à se protéger du nosferapti qui l’attaquait.

41

De son sac s’échappa une pokéball qui roula jusqu’aux pieds de Mimiko, qui ébahie, était restée immobile.

Un autre homme apparut alors et la bouscula, la jetant à terre.

Alors là, Mimiko vu rouge. En deux jours, c’était la deuxième fois qu’elle se faisait brutaliser par un type en costume noir orné d’un R rouge, c’était deux fois de TROP !

Attrapant la pokéball par terre, elle se releva et la lança de toutes ses forces sur la tête du membre de la Team Rocket. Celle-ci atteignit son but avec un « BONK », faisant trébucher l’homme, et de celle-ci jaillit un rayon rouge qui se métamorphosa en un petit pokémon aux allures de fouine : hericendre.

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Le sbire se retourna, furieux :

-EH ! On balance pas les pokéball dans la tête des gens !!!

-ET ON S’EXCUSE QUAND ON BOUSCULE QUELQU’UN !!! Répliqua Mimiko.

 

Je ne suis pas une serpillère que tout le monde peut écraser en toute impunité !

 

Le Rocket regarda derrière lui et jura.

-Tss, Orme m’échappe ! Occupe-toi de cette poufiasse à ma place Smogo ! 

Il lança une pokéball avant de repartir à la poursuite du premier individu, laissant derrière lui un smogo, qui, l’air menaçant, lévita jusqu’à Mimiko.

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Celle-ci, effrayée, se tétanisa sur place et devint muette. Le pokémon cracha un jet d’une matière noire et gluante qui atterrit près d’elle et qui exhala une odeur immonde.

*Au… Au… secours… !*

Alors qu’il s’apprêtait à recommencer sur elle, il recula brusquement, surpris, car le hericendre précédemment sorti s’interposa entre lui et la jeune fille.

Héricendre sur Or, Argent et Cristal vsSmogo sur Pokemon Or

Les deux pattes en position horizontale, il se mit à le haranguer.

-Heri ! Heri ! Hericendre !!!

-Smo Smogo go !!!   

Peu satisfait apparemment de la réponse de son confrère poison, il se mit sur 4 pattes et sauta sur lui en une attaque charge. Le Smogo fut touché de plein fouet, mais sans beaucoup de dégât, il recula et se mit à cracher sur le pokémon feu son attaque détritus.

Hericendre esquiva avec sa rapidité et retenta une attaque charge. Cette fois-ci il le rata. Par contre Smogo, ulcéré d’être évité, cracha par tous ses orifices une puredpois.

Mimiko se couvrit le nez et la bouche de sa main, mais malgré cette précaution, elle sentit les effets nocifs du gaz et ses yeux attaqués se remplirent de larmes.

Hericendre ne pouvant se protéger se mit à bloquer sa respiration pour ingérer le moins de poison possible. Inquiet pour l’humaine, il la vit tomber sur ses genoux et se mettre aussi à tousser. Furieux, il sentit quelque chose bruler au fond de lui.

Le gaz commença à s’évaporer et alors il repéra Smogo, qui, insensible, continuait à flotter en gardant une tête de sadique. Laissant sa colère s’échapper de lui, des flammes fusant hors de son dos, hericendre lança sa première flammèche qui atteint son but.

Les flammes brûlèrent Smogo qui tomba par terre, KO.

Hericendre, épuisé mais satisfait, contempla son œuvre.

Mimiko, elle, sortie de son état de tétanie, prit aussitôt ses jambes à son cou, cherchant à mettre le plus de distance entre cette créature et elle.

Jamais auparavant elle n’avait pensé qu’un pokémon pouvait être dangereux ! Jamais elle n’avait entendu qu’ils pouvaient attaquer les humains !

Pensant s’être assez éloignée, elle se laissa tomber sur un banc, haletante et le cœur battant à tout rompre.

-Mince alors, je l’ai échappé belle… Soupira-t-elle à voix basse.

Elle se redressa en position assise et fit aussitôt un saut de 1m, risquant une nouvelle crise cardiaque, en voyant que le hericendre se tenait près d’elle, sa pokéball entre ses pattes.

Il avait l’air un peu dépité.

-Mais ? Qu’est-ce que tu fais là ? Pourquoi tu m’as suivi ???   

-Heri heri cendre cendre ! Répondit le pokémon en agitant frénétiquement ses pattes avant.

-… Je comprends rien à ce que tu me raconte…

Cependant elle remarqua que le pokémon feu baissa aussitôt les bras, abattu et se mit à dodeliner sur lui-même. Il semblait complètement HS.

Après tout il venait de combattre un smogo pour elle…

Se passant une main dans les cheveux, un peu agacée, elle chercha par quel moyen prendre le pokémon, quand il lui tomba dans les bras, le souffle long et sifflant, l’air malade.

N’hésitant plus et le portant contre elle, s’emparant de sa pokéball, elle courut jusqu’au Centre Pokémon.

***

La musique de rétablissement résonna dans le Centre Pokémon et Mimiko quitta son siège pour se diriger au bureau des réceptions où se tenait l’infirmière qui venait de revenir.

Sur un plateau se tenait la pokéball et hericendre qui finissait avec plaisir une baie Pecha.

-Hericendre est rétabli du poison, affirma l’infirmière Joëlle, mais vous devriez être plus prudente avec votre pokémon ! Il était vraiment à bout.

-Ce n’est pas mon pokémon, répliqua Mimiko. Un homme âgé l’a laissé tomber de son sac alors qu’il était poursuivi par un de ces insupportables team rocket.

-Vraiment ? A quoi ressemblait le propriétaire du Hericendre… Vous disiez qu’il était âgé…

-Oh oui… 30 ans, quelque chose comme ça…

Le visage de l’infirmière se crispa.

-J’ai 34 ans, déclara t’elle, vexée.

Mimiko n’y fit pas attention et continua sa description :

-Il portait une blouse et avait l’air assez maladroit… Avec des lunettes.

-Oh, Arceus ! C’est peut-être le professeur Orme… Cela fait deux jours qu’il a disparu…

-Orme… Oh oui, il me semble avoir entendu le type prononcer ce nom !

-Je suis inquiète de le savoir poursuivi par la Team Rocket… Je vais prévenir le commissariat. Et en attendant je vais garder ce hericendre.

-Bien sûr, approuva Mimiko soulagée d’en avoir fini avec cette histoire.

Elle tourna les talons pendant que l’infirmière se dirigeait vers le visiophone pour téléphoner. Hericendre, surpris, tourna la tête vers Mimiko qui franchissait les portes automatiques, puis vers l’infirmière qui discutait avec une agent Jenny. Prenant sa décision, il sauta du plateau et courut vers la sortie.

L’infirmière Joelle eut à peine le temps de se tourner et de s’exclamer qu’il était déjà parti.

**

Cette aventure avait eu au moins un point positif : Mimiko avait retrouvé un peu d’énergie, assez en tout cas pour faire le tour des magasins. Elle espérait au plus profond d’elle-même ne plus avoir affaire à la Team Rocket et se demandait si elle ne ferait pas mieux de changer de ville. Celle-ci semblait lui porter la poisse.

A peine cette pensée proférée qu’elle se sentie observée. Tournant la tête, elle retint un juron en voyant le hericendre qui la suivait comme son ombre. Elle se mit à courir, mais il la rattrapa.

Vaincue, elle atterrit à nouveau sur un banc, la tête dans ses mains.

-Qu’est-ce que j’ai fait aux dieux pour mériter cela ?

Le pokémon feu grimpa à ses côtés et se mit à la fixer.

-Qu’est-ce que tu veux de moi ?

Hericendre pris un air concentré et se mit à gesticuler dans tous les sens, puis il se calma et sauta en faisant des « hericendre hericendre ! » et se mit à faire des mouvements de droite à gauche avec ses pattes avant. Puis il fixa Mimiko avec espoir.

La brune resta silencieuse un moment, puis…

-J’ai toujours rien compris.

Hericendre se mit à sauter sur lui-même, agacé.

-Quoiqu’il en soit, tu dois rentrer au Centre Pokémon ! Annonça-t-elle en l’attrapant par la taille.

Le pokémon s’accrocha aux planches du banc alors qu’elle le tirait pour l’y déloger.

-Allez ! Fais pas ta tête de mule !!!

Pour toute réponse, le dos d’Hericendre s’enflamma et il lui envoya une gerbe de flammèche.

Elle tomba à terre de surprise, épuisée.

-Ma nouvelle vie commence mal…   

 

A suivre…

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Chapitre 2: Cet été là…

Les roucools pioupioutaient quand Mimiko ouvrit un œil, fixant un instant les rayons de lumières qui frappaient le plafond.

16

-C’est déjà le matin ?

Elle baissa alors les yeux sur son ventre et y trouva le hericendre qui y dormait, étalé comme un bienheureux et alors la réalité lui revint avec dureté.

-Comment ça a pût arriver ? Se demanda-t-elle, dépitée.

Avant de laisser retomber sa tête sur son coussin avec un gémissement.

**

-Je ne comprends pas qu’une ville au bord de la mer comme celle-ci n’ait pas de plage ! S’agaça Mimiko en essayant de marcher d’ombre en ombre.

Il devait bien faire 30° à l’ombre, le soleil brillait de façon implacable et il n’y avait même pas de vent frais pour l’atténuer. Dans son sac à dos, Hericendre semblait être au paradis et emmagasinait la chaleur avec délice.

Dans la rue commerçante, les marchands de glace étaient de sorties et les restaurants avaient placés dehors leurs tables qui débordaient sur les passages piétons. A midi, la foule se disputait entre salary man sorti pour déjeuner et touristes en chemises à fleurs et sandales.

Pas question cependant pour Mimiko de prendre un repas dans un établissement qui flambait ses prix pendant la Saison, elle cherchait un restaurant familial où elle espérait trouver des renseignements sur des places vacantes de serveuses. C’était mieux que rien après tout.

Hericendre quant à lui, scrutait la foule depuis son perchoir : la jeune fille ne comprenait toujours pas pourquoi il restait avec elle et elle avait décidé de faire ce qu’elle avait à faire sans se préoccuper de lui.

Le petit pokemon feu aperçut soudain l’une des affiches placardé dans la rue, attiré, tout comme Mimiko l’avait été, par le grand « R » rouge en illustration.

Se dégageant du sac, il sauta à terre et courut vers le mur.

-Bah ! Qu’est ce qu’il me fait encore ! S’étonna Mimiko en se tournant. J’ai l’impression qu’il est prêt à tout pour contrecarrer ma recherche d’emploi !!!

Hericendre arracha l’affiche et revint la lui amener. Il lui montra en pointant l’une de ses pattes sur le R.

-Heri ! Hericendre…

Mimiko s’accroupit à côté de lui et remarqua sa mine attristée. Elle passa une main sur sa tête sans trop y réfléchir, comme elle l’aurait fait pour consoler un petit garçon.

-C’est ton maître qui te manque, c’est ça ? Le grand type dégingandé…

Hericendre hocha la tête.

-Tu aurais dû rester au centre Pokémon, si il faut, il est peut-être en train de t’y attendre et se faire du souci…

-Heri, heri ! Hericendre ! Répliqua Hericendre en secouant furieusement de la tête avant de montrer à nouveau l’affiche.

-Il est poursuivi par la Team Rocket. Qu’est-ce que tu veux y faire ?

En réponse, le pokémon lança une petite flammèche sur la feuille de papier qui se consuma et tomba en cendre.

-TU VEUX TE BATTRE CONTRE EUX ?! C’est de la folie ! Tu l’a bien vu hier ! Ils sont beaucoup trop dangereux !

Hericendre fronça des yeux et sauta pour lui taper sur la tête avant de la haranguer en lui criant dessus :

-Heri heri cendre cendre ! Hericendre ! Heri !

La jeune fille ne comprenait rien au langage des pokémons, mais elle sentit néanmoins que cette petite créature butée et inconsciente était en train de la traiter de froussarde. 

-Eh bien oui j’ai peur ! C’est une réaction tout à fait normale ! On est pas dans un dessin animé ou une bande dessinée ! Ce monde est sans pitié pour les gens trop gentils, généreux et courageux ! On prend tout ce qui est bon en eux et on les laisse tomber ou on les écrase du bout d’un talon ! Seuls les égoïstes s’en sortent bien ! Si on va là-bas et qu’on est en difficulté, personne ne va nous aider ! Regarde, si je me faisais agresser ici, en pleine rue, les gens feront semblant de ne pas me voir et continueront leurs chemin ou d’autres s’arrêteront pour assister au spectacle, pour me filmer avec leurs téléphone portable pour ensuite le mettre sur le web avec en titre « pauvre fille qui se fait tabasser dans la rue ! ». C’est notre société pourrie actuelle ! La police est prévenue, on a fait tout ce qu’on pouvait faire pour ce type !

-Herrriiiiii… Grogna le pokémon, avant de lui tourner le dos et de s’enfuir dans la rue.

-Eh mais attends ! Tu es fou, c’est trop dangereux !

Trop tard, il était déjà trop loin.

Mimiko se releva et poussa un long soupir.

De toute façon, toute cette histoire ne la concernait pas et puis le pokémon était parti, c’était ce qu’elle voulait, non ? Etre tranquille ?

Elle marcha en direction inverse en essayant d’ôter de son esprit la petite créature.

 

Mais bon sang, comme elles pouvaient être attachantes ces bébêtes… Et puis elle lui avait sauvé la vie en se dressant contre le smogo.

Mimiko stoppa en baissant la tête, sentant d’avance que la pensée suivante allait lui peser dessus comme un poids de 10 tonnes. 

La moindre des choses c’était de l’aider en retour à retrouver son maître…

 

-Raah ! Je peux pas le laisser foncer droit sur le danger comme ça… Râla-t-elle en faisant demi-tour pour courir après Hericendre. 

Elle se détestait, pourquoi était t’elle aussi sensible ??? Elle était en train de recommencer comme avant. Comme avant elle était en train de se laisser conduire par son cœur plutôt que par sa raison.

Sans cependant la foi en lui et le courage qui l’avait toujours accompagné. Non, ces deux compagnons de voyage, elle les avait perdus définitivement. En même temps que sa confiance en les gens et plus généralement, en l’humanité.

Elle avait perdu de vue Hericendre mais elle se doutait de l’endroit où il devait se rendre et remonta plusieurs petites rues jusqu’au lieu de leur rencontre.

Le smogo avait disparu mais IL était là, en train de renifler les lieux d’un air perdu, comme si, tel un chien de chasse, il aurait pût retrouver la trace de son maître. Finalement il s’immobilisa au milieu de la rue en apercevant la jeune fille.

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Ils se regardèrent tous les deux longuement, échangeant quelque chose d’invisible, mais bien là.

Lui Hericendre, pokémon abandonné, elle la femme qui n’avait plus confiance en personne… 

…Mais les pokémon n’étaient pas des humains et elle admirait le courage et la volonté de ce petit être.

Etonnamment, elle éprouvait en cet instant plus de respect pour lui qu’elle n’en avait éprouvé pour n’importe qui d’autre et elle sentait qu’elle pouvait le suivre. Elle sentait qu’à lui, elle pourrait faire confiance.

S’agenouillant à ses côtés, elle le prit dans ses bras.

-Ne t’en fais pas, je vais t’aider à le retrouver ! Je te le promets et mes promesses à moi sont en or.

***

Cela dit, ça n’allait pas être simple et ce serait forcément de la folie.

Elle brandit sous le long nez du pokémon un étrange appareil métallique de forme globalement ovale et de couleur rose et blanche.

-C’est un Pokématos, expliqua-t-elle. Je l’ai acheté à prix d’or (mes économies T___T !!!) dans une boutique. C’est un sorte de téléphone portable multitâche parce qu’il fait aussi GPS et radio. Le vendeur m’a dit que ça faisait fureur à Johto et que la Sylph Sarl y apportait constamment des modifications, bref ça change pas beaucoup des téléphones actuels.

Hericendre inclina la tête d’un côté, dans l’expectative.

-J’ai aussi acheté un téléphone normal en solde. Parce que vois-tu, de nos jours, il est possible de tracer le signal du téléphone portable de ses amis… Je trouve que ça fait un peu « viol de l’intimité » mais aujourd’hui ça va nous être bien utile.

-Heri ?

-Tu te demande comment on va retrouver ton maître avec ça ?

-Heri !

-On peut pas trouver la planque de la Team Rocket tout seuls, si la police n’y est pas encore arrivé, je vois pas comment nous on pourrait. Dans ce cas : Si tu ne vas pas à la Team Rocket… La Team Rocket viendra à toi ! On va se servir d’un appât et attendre qu’elle y morde, ensuite nous la suivrons jusqu’à son repère. Et là nous chercherons le professeur Orme !

-Hericendre ! S’exclama le pokémon emballé par ce plan.

-Tu as conscience que ce sera tréééés dangereux ?

-Heri ! Heri ! Affirma Hericendre en se redressant et on se tapant le torse de la patte comme s’il disait « Laisse-moi faire, j’assure ! ».

-Je doute pas de ta volonté, mais de tes capacités… Marmonna Mimiko sans être entendu parce qu’Hericendre semblait continuer à se gargariser de sa victoire sur le smogo.

-Je me demande ce que penserait mon psy au sujet de parler avec des pokémons…  

****

Son Psy… Un homme qui l’avait suivi pendant presque un an à raison d’une séance par semaine. Il avait un regard perçant qui donnait l’impression qu’il pouvait lire en elle et voir tous ses mensonges. Elle n’aimait pas ça.

-Alors… Comment était le trajet aujourd’hui ?

-Horrible. Comme d’habitude… Marmonna t’elle en jetant un bref regard sur la paume de sa main où s’imprimait, rouge vif, la trace de ses ongles.

-Vos impressions ?

-Comme d’habitude…

-Qu’est-ce qui vous angoisse le plus dans ces trajets ? Les autres passagers ?

-Je sais pas vraiment… C’est tout… Je suppose. Je… Je les supporte pas, ils m’agacent ! Je supporte pas qu’ils parlent fort, je supporte pas leurs discussions, je supporte pas d’entrer en contact avec eux, leur chaleur… C’est désagréable… Je voudrais juste qu’ils partent tous et me laissent tranquille !!!

-Hum je vois… 

-Et ils partent pas alors ça m’agace et j’ai envie de sortir pour leur échapper mais je peux pas parce que je suis pas encore arrivé…

-Vous vous sentez emprisonné.

-Oui et alors… LA crise arrive.

-Hm… C’est aussi ce que vous ressentez quand vous sortez de chez vous ? Même sans prendre le bus ou le train ?

-Non mais j’ai peur d’être loin de chez moi si CA arrive. Je… Il n’y a que chez moi que je me sens bien, en sécurité.

-C’est grave pour vous d’avoir une crise en public ?

-Oui.

-Pourquoi ?

-C’est traumatisant. Je n’ai nulle part où me cacher en attendant que ça passe. Soit les gens me regardent avec dégout, soit ils m’étouffent de leurs pseudo soins sans comprendre que la seule chose qui marche, c’est de me laisser complètement seule ! Vous croyez que c’est amusant d’être vu au plus bas de ce qu’on peut être ???

-Non, certainement pas.

-Avant n’importe où pouvait être chez moi, maintenant dès que je sors de ma maison, je suis mal. J’ai l’impression qu’il ne peut m’arriver que des mauvaises choses et j’évite les contacts avec les gens…

-Même vos amies ?

-Elles comprennent pas. Personne ne comprend. Mon père pense que je suis folle. Et je suis presque certaine que ma mère croit que je fais un caprice.

La voix de Mimiko était brisée, à l’image de ce qu’elle était à l’intérieur.

-Effectivement, comment ça se passe avec les personnes chez vous ?

-Ah ça… Comme je viens de vous le dire. Dans l’une des maisons je suis juste en train de faire un caprice pour rester à me tourner les pouces plutôt que d’aller étudier ou travailler. Dans l’autre je suis juste une folle…

****

*Folle, je dois être folle pour faire ça !*

Il était très tard, ou très tôt au contraire, Carmin Sur Mer était éclairé par les lueurs d’un quartier de lune et par ses nombreux lampadaires alimenté par les pokémon électriques de l’arène de la ville.

Toute l’électricité perdu pendant les combats était emmagasinée et renvoyée dans les lignes publiques.

Mimiko avait déménagé sa valise de l’hôtel à un casier du port pendant la journée, songeant qu’après ses dernières dépenses, elle n’avait pas intérêt à payer une nuit passé dehors à jouer les poufiasses dans le plus petit short qu’elle n’avait jamais porté (et appeler ça un short, c’était très généreux…) pour attirer la Team Rocket.

Heureusement qu’on était en été. Elle n’aurait pas tenu plus d’une minute en hiver avec les jambes à l’air… Sa petite sœur y arrivait pourtant… Mais sa petite sœur était du genre à privilégier son aspect physique à son confort personnel. Mimiko n’avait jamais compris.

A l’adage « il faut souffrir pour être belle », elle trouvait qu’une séance tous les mois à l’esthéticienne pour se faire épiler à la cire suffisait largement.

S’accoudant à la rambarde du pont où elle se trouvait, faisant semblant d’attendre un potentiel petit copain en faisant les cents pas et en regardant sa montre, elle soupira en constatant qu’oublier son ancienne vie était plus difficile qu’elle le pensait.

Peut-être que c’était plus difficile parce que c’était entrecoupé d’évènements douloureux ancré dans son cœur comme des lames de couteaux.

Mais au moins, ici, elle était la seule à pouvoir remuer ces couteaux dans les plaies. Et avec le temps, elle finirait par oublier sans personnes ou lieux pour les lui rappeler et les blessures se refermeraient.

Et elle oublierait qu’elle avait fait la seule chose qu’elle était capable de faire depuis « l’accident » : fuir.

Un bruit de poubelle renversée la décolla de la rambarde brusquement. Elle se calma en s’apercevant qu’il ne s’agissait que d’un miaouss crasseux qui faisait les fonds de sacs pour trouver des restes. Il la regarda de ses grands yeux aux pupilles presque en trait et émit un bref feulement dans sa direction.

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Mimiko, fasciné par le félin, fut alors bousculée en avant et sentit qu’on tirait sur son sac. Par reflex elle chercha à le retenir, mais son agresseur la repoussa et le lui arracha du bras.

Le miaouss fit un bond sur le côté, l’homme manquant de le piétiner, et grimpa sur une clôture en s’hérissant du poil.  

Cependant il fut à nouveau délogé de la clôture par un petit pokémon qui y surgit en tenant un sac à dos. Le pokemon chat disparut dans un jardin tandis qu’Hericendre courait jusqu’à son amie à terre.

Celle-ci maugréait, mais ça ne l’étonnait plus, l’humaine qu’il avait trouvé semblait de nature bizarre.

-3 fois… 3 fois… Mais je m’en fiche cette fois parce qu’on le tient ! Termina-t-elle en relevant la tête et en s’emparant de son sac pour y sortir le pokématos.      

Elle l’ouvrit sur le GPS et une petite icone clignotante indiqua sur la carte la position de l’autre téléphone portable, dans le sac qui venait d’être dérobé.

-Il se dirige vers le port… Allons-y !

Hericendre prit sa place dans le sac à dos qu’elle enfilait et elle se mit à courir en gardant un œil sur la carte du pokématos. Une fois face à l’océan, elle obliqua vers les quais et les docks.

Soudain le signal disparut.

-Zut ! Ils doivent avoir un brouilleur… Ils sont pas aussi bêtes qu’ils en ont l’air…

-Heri ? S’inquiéta son petit compagnon.

-T’inquiètes, j’ai à peu près repéré où le signal avait disparu.

Et elle ne pouvait pas se tromper : derrière deux entrepôts bien en vue s’en cachait un troisième. Deux marins en gardaient l’entrée principale, un autre accompagné d’un mackogneur se tenait près de la porte de sortie de secours.  

68 

Et autour des lieux flottaient, menaçants, des smogos.

Mimiko retint un hoquet de peur lorsque l’un deux passa tout près d’elle, le repérant d’abord à son ombre se déplaçant sans bruit sur le béton. Aussitôt elle se cacha derrière une caisse sans pouvoir s’empêcher de trembler.

Ca y est, maintenant elle en était sur : elle avait la trouille des smogos !

Elle était pétrifiée, n’osant pas bouger, n’osant pas respirer, de peur de faire du bruit et d’être repéré.

Hericendre sortit de son sac et se glissa par terre.

-C’était stupide, c’était vraiment une mauvaise idée ! Lui lança-t-elle dans un murmure. On va se faire tuer ! 

Le petit pokémon feu se contenta de lui lécher le bout des doigts pour la rassurer, avant de se frayer un chemin parmi les caisses. Mimiko hésita énormément mais comme il se retournait pour l’appeler, elle finit par le suivre à quatre pattes en pleurant intérieurement sur sa stupidité et en serrant les dents à chaque fois qu’elle sentait un smogo passer pas loin en lui filant des frissons dans toute la colonne vertébrale.

Les deux compères contournèrent le bâtiment, arrivant à l’arrière. Ici il n’y avait pas de garde, juste un de leur pokémon bombe volante qui passait de temps en temps. Mais il n’y avait ni porte, ni fenêtre.

-Hericendre, par où veux-tu qu’on passe ? C’est mort je te dis, laisse tomber ! On a qu’à faire appel à la police !

Hericendre attendit que le smogo finisse son passage pour sortir à découvert, courant vers une bouche d’aération.

-Qu’est ce qu’il veut faire ? La dévisser ? grommela Mimiko en se faisant un sang d’encre et en guettant le prochain passage de son cauchemar.

A la place de ça, Hericendre se redressa, fit jaillir ses flammes sur son dos et lança une flammèche sur le métal de la grille. La peur qu’il éprouvait lui-même à être découvert amplifia ses flammes au point que la bouche d’aération se retrouva à l’état d’un trou béant sur l’obscurité entouré de métal fondu.  Sans hésiter, il sauta à l’intérieur et disparut à la vue de Mimiko.

-Oh nooon… gémit celle-ci. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que ça tombe sur moi ? Ca pouvait pas tomber sur un autre clampin ? Pourquoi pas sur un gosse de 10 ans inconscient qui trippe à mort à l’idée d’avoir un pokémon et de devenir maitre pokémon comme dans le dessin animé ? Non fallait que ça tombe sur une fille de 18 ans fraichement débarquée et complétement désillusionnée ! Et cinglée qui est en train de se parler à elle-même parce qu’elle flippe à mort !

Le souffle court, elle attendit que le smogo arrivé après la disparition d’Hericendre fasse son tour. Elle décida alors de ne plus réfléchir, fonça et plongea dans le trou.

Elle dévala alors un étroit conduit la tête la première.

**

Les smogos qui patrouillaient ne s’intéressaient qu’à surveiller le sol, comme leur maitre le leur avait demandé. S’ils avaient levé les yeux, ils auraient aperçu dans le bleu marine de la voute céleste un point rose qui, telle une balle de ping pong, volait de façon erratique.

151

Mew fit une pirouette au-dessus du hangar et, ramenant ses petites pattes à sa bouche, retint un rire d’anticipation en se laissant flotter.

Puis il plongea et passa à son tour à travers la bouche d’aération éventrée.

*** 

Mimiko se frotta la tête qui venait de rencontrer un mur. La chute était terminée, le « sol » était de nouveau horizontal, mais elle était plongée dans l’obscurité et avait à peine assez de place pour ramper.

Sur le moment, une sueur froide coula le long de son cou à l’idée qu’elle était bloquée et qu’elle ne pourrait jamais sortir. Sa claustrophobie lui revint avec force et son souffle devint de plus en plus rapide.

-Hé… Hericendre ?

Une lumière brilla, évacuant les ténèbres.

Le petit pokémon apparut, ses flammes dressées sur son dos.

-Heri ?

La jeune fille se sentit aussitôt rassurée et son souffle se calma. Elle venait d’échapper de peu à une crise et elle ne devait plus y penser. Pas plus qu’à l’exiguïté des lieux.

Hericendre était là. Sa lumière était là.

Au moment où elle pensa cela, elle avait oublié que Hericendre appartenait au professeur Orme et qu’il ne serait pas éternellement à ses côtés. A vrai dire, elle ne voyait plus Hericendre comme un pokémon ou une espèce de hérisson crachant du feu, il était une unité, un être pensant, avec des émotions. Il était son égal, son ami.

Son premier ami de sa nouvelle vie.

Elle toucha le bout de son museau doux en ravalant ses larmes de peur et de gratitude.

-Et qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

-Cendre ! Fit celui-ci en tournant le dos et en suivant le conduit d’un pas tranquille.

-Bein oui forcément, facile à dire… Râla Mimiko en se trainant derrière lui à la façon d’un aspicot dans une fourmilière.

(Note débile de l’auteur : ma foi cette histoire est très glamour XD)

Au bout de quelques mètres, Hericendre cessa d’émettre des flammes car une lumière artificielle entrait dans le conduit. Ils s’arrêtèrent face à une nouvelle bouche d’aération.

Entre les persiennes métalliques, ils avaient vu sur une vaste salle s’ouvrant sur des immenses portes fermées et deux de tailles normales se trouvaient sur les murs adjacents.

Contre ceux-ci s’empilaient d’énormes caisses en bois de toutes tailles, un camion stationnait au centre avec, à côté, plusieurs cages semblant contenir des pokémons. En plissant des yeux, elle reconnut un sablaireau, un reptincel, deux piafabecs, un arbok, un nidoqueen et un tétarte.

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Près d’eux se tenaient deux membres de la Team Rocket, reconnaissable à leurs costumes, qui faisaient entrer une cage contenant un goupix dans une des caisses.

37

Mimiko tendit l’oreille pour écouter leur discussion :

-Le chef a fait déployer les smogos, c’est mauvais signe…

-Ouais il pense qu’on est cramé. On va pas tarder à déménager si tu veux mon avis !

-C’est dommage, j’aimais bien Carmin sur Mer et cette mission. Entre deux vols on pouvait se la couler douce sur la plage.

-Y’en a un qui est pas d’accord avec toi. Il est revenu tout à l’heure avec un sac qui ne contenait NI pokéball, NI fric, juste un portable. Il s’est fait gueuler dessus comme du barpau pourri.

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Mimiko du haut de sa cachette ne put s’empêcher de sourire : MWAHAHA Vengeance !

-Mais on trouvera difficilement une meilleure combine que celle-ci, répliqua le sbire en fermant la caisse et en la clouant avec l’aide d’un marteau.

Son camarade eut un sourire torve en s’emparant d’une étiqueteuse qu’il fit rouler sur la surface supérieur de la boite et qui indiquait : « FRAGILE-ARENE DE CARMIN SUR MER ».

-C’est sûr qu’avec le champion de l’arène du coin dans le coup…

L’une des portes s’ouvrit brusquement, laissant entrer une jeune femme aux courts cheveux noirs qui portaient un uniforme blanc constitué d’un haut sans gants et d’une jupe fendue. Sur son sein gauche se tenait un petit R rouge, preuve de son appartenance à la team.

A ses côtés se trouvait un Raichu qui frappait le sol avec sa queue comme il l’aurait fait d’un fouet.

26

-Dépêchez-vous d’emballer tous ces pokémons ! Nous devons tout faire disparaitre au plus vite et envoyer ce chargement à Safrania ! L’arrivée de la police n’est plus qu’une question d’heure !

-A vos ordres Chef !

La femme en blanc tourna les talons et repartit d’où elle était arrivée.

Dans le conduit d’aération, Mimiko et Hericendre se regardèrent :

-Le professeur Orme n’a pas l’air d’être là… Essayons ailleurs…

-Heri !

Ils continuèrent donc à suivre le conduit, jusqu’à tomber devant une nouvelle ouverture.

Cette fois-ci c’était une salle étroite, remplie de cartons. Deux sbires étaient apparemment en train de prendre une pause en cachette, une canette de bière à la main.

-AAAH, cette femme est un véritable poison, elle nous fait travailler comme des tauros.

(128)

-Te plains pas, toi au moins tu n’as pas à surveiller cet espèce d’olibrius qu’elle a fait enfermer dans le sous-sol.

-Qu’est ce qu’il a fait ? Il a renversé un soda cool sur sa robe ?! Ironisa le premier.

-Non, il a tout découvert à propos de notre trafic lors d’une visite d’inspection à l’arène. Il a fourré son nez là où il ne fallait pas… Et maintenant je doute que la boss lui laisse une chance de vivre !

-Dans ce cas pourquoi elle ne l’a pas déjà tué ?

-Je pense qu’elle hésite. C’est un professeur connu dans le monde pokémon. C’est plutôt délicat…

-Ah parce que tu penses toi maintenant ?!

-Rooh ça va, la prochaine fois je garderais mes suppositions pour moi ! C’est parce que tu es trop cynique et feignant que t’auras jamais de promotion ! Reprenons le travail avant qu’on nous découvre !

-OK, OK, te prends pas la tête, vieux !

Les deux hommes quittèrent le local et refermèrent la porte derrière eux.

-Oh non, j’espère pour toi Hericendre que le professeur dont ils parlaient n’est pas le tien…

-Heriii… Gémit d’inquiétude ce dernier en confirmant ses doutes.

-Alors il faut qu’on sorte de ce tuyau pour essayer de le libérer… Même si je ne sais pas co… Herk !

Mimiko ne termina pas sa phrase car en tournant la tête vers le pokémon, elle aperçut à ses côtés un intrus.

Effectivement, près d’Hericendre se tenait une espèce de gerbille de la couleur d’un marshmallow.

-Mew ! Fit celle-ci d’une voix cristalline. 

-Mew… Répéta la brune d’un air ébahi.

Et sous ses yeux le pokémon bubble-gum se transforma en un hericendre. Les deux pokémons se regardèrent, identique, se mirent à se tourner autour l’un de l’autre d’un air curieux, au point que Mimiko ne savait plus qui était SON Hericendre et qui était Mew.

-Oh my god… Enfin on s’en fiche! C’est pas le plus important ! Il faut qu’on trouve une sortie ! Ou que tu refasses un trou avec flammèche, Hericendre !

A la place de ça, l’un des hericendres leva les bras et en moins d’un instant, le petit groupe disparut du circuit de ventilation pour atterrir dans la grande salle où se trouvaient les pokémons enfermés.  

Mimiko se figea en entendant les voix des hommes de la team Rocket derrière le camion qui continuaient à emballer les cages dans des cartons. Elle s’affola à l’idée qu’ils puissent la voir et chercha une cachette des yeux.

Deux mains la happèrent en arrière, l’une se plaquant sur sa bouche pour l’empêcher de crier. Elle fut attirée derrière une grande caisse et forcée à s’asseoir. Quand elle ouvrit les yeux qu’elle avait fermés par réflex elle découvrit face à elle un individu qui ne lui était pas inconnu.

*Le dresseur au carabaffe !*

8

Il avait toujours sa main sur sa bouche et lui fit signe de l’autre de ne pas faire de bruit. Elle hocha la tête et il s’éloigna d’elle.

Les deux hericendres se placèrent à côté d’elle, prés à la défendre au cas où. Mais l’homme ne semblait pas avoir des intentions agressives.

-Qu’est-ce que vous faites ici ? Chuchota-t-il.

*Et vous-même ?!* Se retint-elle de dire. A la place de quoi, elle s’écrasa :

-Je suis venu libérer le professeur Orme.

-Le professeur Orme est ici ?!?

-Oui, ils l’ont capturé parce qu’il a découvert leur plan.

L’homme fronça les sourcils en réfléchissant. De fait, son expression sombre et déterminée fit un peu peur à la jeune fille. Ses yeux particulièrement, sous les mèches châtaines qui lui tombaient sur le front, étaient froids et insondables. Elle se demanda sur le moment si elle était vraiment tombée sur un allié de choix…  

-Ce n’est pas bon. J’ai prévenu la police, ils doivent déjà être en train d’intercepter leur deuxième camion au poste de la sortie nord… Ces sales voleurs vont bientôt le découvrir et chercher à effacer toute trace de leur présence ici… Avant que le reste des officiers encercle cet endroit…

-Vous voulez dire qu’ils pourraient tuer le professeur ?!?

-Il y a une forte probabilité, en effet.

Mais contrairement à Mimiko il ne semblait pas affolé. Les évènements semblaient passer sur lui comme de l’eau sur les plumes d’un couaneton. Cela l’agaça un peu :

(580)

-Qu’est ce qu’on peut faire alors ?   

-La seule chose pour l’instant, c’est d’attendre que ces quatre-là partent.

-Quatre ? Ils étaient deux tout à l’heure !

-Plus maintenant. On pourrait engager un combat pokémon mais… (Lançant un bref regard sur l’un des hericendre qui entourait la jeune fille) j’ai bien peur qu’avec votre niveau, nous soyons surpassés.

-Hericendre ! S’indigna le pokémon feu en foudroyant du « regard » l’autre dresseur.

Mimiko se contenta de se recroqueviller en soupirant.

*Est-ce que ce type a des émotions ? C’est un vrai regirock humain…*

(377)

Puis elle jeta un coup d’œil au manège des sbires de la team rocket en espérant qu’ils cessent bientôt pour une raison ou pour une autre.

Actuellement ils transportaient avec difficulté la cage du nidoqueen.

-Pourquoi ils ne les ont pas laissés dans leur pokéball ?

-La pokéball est une marque de traçabilité. Grace à elle on peut connaitre le dresseur d’origine, l’endroit où le pokémon a été capturé, ainsi que son niveau. De plus, quand on attrape un pokémon, un lien se forme entre la pokéball et celui-ci : il ne peut pas être capturé par une autre, ni en changer. C’est ce qui fait de lui un pokémon dressé. Le seul moyen de faire passer un pokémon volé pour un pokémon sauvage, c’est de détruire sa pokéball. La pratique courante c’est de la faire fondre dans un concentré hautement acide de suc de tentacruel. Quand la pokéball est détruite, le pokémon perd son lien et son dresseur d’origine. Il peut donc être vendu.

-Mais le pokémon doit se souvenir de qui était son véritable dresseur quand même ?

-Bien sûr qu’il s’en souvient, mais s’il est capturé à nouveau, un nouveau lien se formera et il devra se soumettre à son nouveau maitre.

-C’est affreux…

Son nouveau compagnon la fixa, mais elle était incapable de savoir à quoi il pensait.

Agacée d’avoir à attendre, la jeune fille se tourna vers les deux hericendres :

-Je ne sais pas lequel d’entre vous est Mew, mais s’il pouvait nous téléporter auprès du professeur, ce serait plutôt utile !

Les deux hericendres se regardèrent et inclinèrent chacun la tête d’un côté différent, façon attaque amnésie.

-Okkkkay je vois. Je vois que la réputation joueuse et imprévisible de Mew n’est pas usurpée… Quitte à avoir pour une raison mystérieuse un légendaire à nos côté, ça aurait pas pût être un du genre gros balaise qui détruit tout sur son passage ?

Mimiko se retourna vers le dresseur au carabaffe, mécontente.

On aurait dit qu’elle était la seule avec Hericendre à s’inquiéter de ce qui pouvait arriver.

Soudain il y eut réapparition de la femme qui semblait être l’instigatrice des évènements, toujours accompagnée de sa souris électrique, ses yeux bleus étaient froncés de contrariété tandis qu’elle s’avançait vers ses hommes.

-La police vient d’arrêter notre dernière livraison ! Nous devons nous dépêcher de tout boucler avant qu’ils arrivent ici !!!

Mimiko sentit vaguement à son côté que son compagnon se tendait, tel un félin sur le point de bondir.

-On va aussi vite qu’on le peut ! S’exclama l’un des sbires. Si vous nous aidiez…     

-Je n’ai pas le temps de vous aider ! Il faut que je m’occupe du professeur Orme, il doit recevoir LE baiser, expliqua-t-elle avec un petit rire.

*Le baiser ?* Se demanda Mimiko.

A ce moment-là, l’homme à côté d’elle lui attrapa la main et la tira derrière lui en avant :

-MAINTENANT !

Il l’obligea à se jeter à découvert et à courir jusqu’à la porte qu’avait laissé ouverte la femme en arrivant. Les hericendres avaient réussis à s’agripper à elle de justesse et s’accrochaient à son sac à dos.

La Chef Team Rocket se retourna vivement en les apercevant, surprise et enragée.

-BLAST ! Coud’jus ! Ordonna-t-elle à son Raichu.

-RAAAIIIIII !!!!  

Une attaque électrique passa pas loin d’eux quand ils traversèrent la porte. Mimiko enfonça instinctivement sa tête dans ses épaules en serrant les dents.

-EHHH ! Mais qu’est ce que tu fais !!! Demanda-t-elle, surprise de la réaction kamikaze du dresseur.

-Tu l’as entendu, non ? Elle veut tuer le professeur Orme ! On ne pouvait pas attendre !

-Elle a juste dit qu’elle devait lui donner un baiser !!!

-Qu’est-ce que tu racontes ?! Tu as vu ce qu’il y avait avec elle ? Un Raichu ! Raichu signifie « Baiser de la foudre »[1], le voilà ton baiser : une électrocution pure et simple !

-Gloups…

Ils couraient dans des couloirs nus sans porte apparente. Mimiko se souvint alors d’un détail :

-Le professeur Orme est enfermé au sous-sol !

Le dresseur hocha de la tête sans s’arrêter : ils savaient que la femme devait être à leurs trousses. Ils aperçurent finalement un escalier qui descendait au bout du corridor. Ils leur restaient quelques mètres avant d’y arriver… Mais c’est là que deux sbires les prirent à revers et les forcèrent à s’arrêter.

Et derrière eux résonnaient la voix d’une autre troupe… Ils étaient pris en tenaille !

-Pas le choix, il faut que tu passes ces deux types et que tu ailles sauver le professeur Orme toute seule. Je vais m’occuper de ceux qui arrivent, déclara tranquillement son compagnon.

-Quoi ? Mais comment tu veux que j’y arrive ?!

Il fixa les deux hericendres accroché à son dos :

-Tu as des pokémons, utilise-les !

-Ce ne sont pas mes pokémons ! L’un d’eux appartient au professeur, l’autre est Mew qui prend ce lieu pour un parc d’attraction !!!

Mimiko s’agaça de le voir hausser un sourcil, perplexe. Il ne devait pas la croire pour Mew. Puis rapidement il fit couler son regard de haut en bas sur elle, la faisant rougir et croiser les jambes d’embarras.

Elle portait toujours ce stupide mini short.

-Dans ce cas comment es-tu entrée ici ? En te faisant passer pour une effeuilleuse ?

Un glapissement indigné sortit de la bouche de la jeune fille, mais elle devait avouer au fond d’elle qu’il n’était pas loin de la vérité.

-Je ne m’habille pas comme ça tous les jours ! Se crut-elle obligée de préciser.

Mais le temps des discussions étaient écoulés. Quatre hommes en noir firent leur apparition au détour d’un couloir et cavalèrent vers eux. Il sortit de sa ceinture une pokéball :

-Walther sort !

De celle-ci apparut le carabaffe. Son maitre se pencha vers lui.

-Parts avec cette fille et aide la à libérer le professeur. Quand ils seront en sécurité, rejoins-moi !

Le pokémon approuva de la tête.

-Mais… Commença Mimiko, inquiète autant pour elle que pour lui.

-Tout va bien se passer, la coupa-t-il d’une voix douce et rassurante plutôt inhabituelle, avant de reprendre son masque de sévérité : Allez Walther !

Le Carabaffe fit tomber les sbires qui bloquaient l’escalier avec un pistolet à eau, ce qui les fit dégringoler, et poussa la jeune fille en avant.

Quand elle eut disparu de sa vue, le dresseur se retourna vers ses adversaires et sortit une nouvelle pokéball avec un rictus sadique :

-A nous maintenant !

**

Mimiko, Walther ( ???) le carabaffe et les deux hericendres descendirent les marches, piétinant allègrement les deux types de la team rocket qui étaient à terre en arrivant en bas. Il y avait uniquement une porte face à eux, ils l’ouvrirent et se retrouvèrent dans une espèce de sas.

Un homme qui était à moitié endormi sur une chaise se réveilla brusquement à leur entrée et les fixa d’un air un peu abruti avant de se prendre une douche de pistolet à eau suivi d’un hydroqueue en plein ventre. Le sbire s’écroula par terre, sonné.

Le carabaffe avait été si vif et expéditif que Hericendre, qui avait voulu se battre lui aussi (fierté starter oblige), n’avait pas pût lever la moindre patte. Il se renfrogna sur l’épaule de Mimiko.

-Heri heeri… (traduisez : Quel crâneur…)  

Mimiko lui tapota la tête, elle-même toujours abasourdie du fait qu’un pokémon pouvait attaquer un humain. Heureusement que ce genre de fait n’atteignait pas les oreilles de certains gouvernements étrangers…

-Ne fait pas la tête, ton tour viendra…

Ils quittèrent le sas par une nouvelle porte, débouchant dans une espèce de réserve où se tenait une grande cage occupé par un homme affalé dans un coin. Hericendre fit un bond de son perchoir et se précipita vers lui :

-HERI ! HERI ! HERICENDRE !

Mimiko le rejoignit tandis que l’homme levait la tête et rajustait ses lunettes sur son nez.

-Professeur Orme ?

Celui-ci grimaça et s’éloigna en rampant en arrière pour mettre le plus de distance possible entre lui et la jeune fille.

-Qu’est-ce que vous me voulez encore ?!? Geignit-il. J’ai déjà tout dit à la folle au raichu ! Si vous croyez que ça m’amuse de me tortiller dans cette cage pour éviter des attaques éclairs…

-Du calme professeur, je ne suis pas avec la Team Rocket, je suis venue vous délivrer.

-Ah ?! Eh bien tant mieux. (se précipitant sur les barreaux en face d’elle) Sortez-moi vite de lààà !

Mimiko observa le mécanisme d’ouverture et constata avec dépit qu’il était fermé à clef. Elle se demanda si l’un des sbires ne l’avait pas dans quelques replis de vestes ou attaché à une ceinture. Comme s’il avait compris le court de ses pensées, Orme grimaça :

-C’est cette femme qui a la clef…

Hahaha, autant sauter sur une clôture électrique. Ce serait plus rapide.

Le carabaffe mit fin aux hésitations de la brune en se projetant sur la cage de toutes ses forces, espérant apparemment la briser. Il se fracassa sur les barreaux sans les faire plier, mais ne renonça pas. S’écartant, il tenta une attaque tour rapide. Guère plus d’effet. Le pokemon tortue était à présent fatigué. Apparemment entêté, il chercha à tenter une nouvelle attaque quand Hericendre passa devant lui et lui fit signe avec un peu de suffisance de le laisser faire.

Walther regarda le nain devant lui avec mépris, puis grogna en s’éloignant, décidant sans doute de le laisser se casser les dents.

Cependant, contrairement à lui, Héricendre n’avait pas l’intention d’utiliser la force physique, gonflant ses poumons à fond, il fit apparaitre les flammes de son dos et les fit croitre.

Mimiko s’écarta précipitamment avec Walther, le « faux » hericendre, lui, regardait le spectacle en gloussant. Orme eut le réflexe de se plaquer contre un côté de la cage lorsque Hericendre lâcha la sauce et noya les barreaux sous une puissante flammèche :

-HERIIIIIIIII !!!!!!

Quand il se calma, une partie des barreaux avait fondus et fumait. Le professeur attendit qu’ils refroidissent avant de s’extirper de sa prison par le trou formé.

Hericendre était plutôt fier de lui.

-Cara caraaa… Relativisa le carabaffe.

Ses oreilles en formes de petites ailes duveteuses tressaillirent et il cligna des yeux. Sans prévenir, il déguerpit par l’unique porte et les laissa se débrouiller seuls.  

-Bein… ? S’étonna Mimiko en réunissant sa troupe auprès d’elle.

-Comment on sort d’ici ? Demanda Orme qui la dépassait de deux têtes.

-Je n’en ai aucune idée…

*C’est vous l’adulte, maintenant à vous de prendre les décisions !*

-Aha c’est problématique... S’il seulement nous avions un pokémon terre avec tunnel ou un pokemon psy avec…

A ces mots le deuxième hericendre se métamorphosa, reprenant son allure première de gerbille rose pour voleter autour d’eux en gloussant. Orme était fasciné, Mimiko était fatiguée et agacée.  

-M…Me…Mee.. Bégaya le professeur.

Il ne réussit pas à dire son nom entier avant d’être téléporté.

**

Ils atterrirent dehors, à la lumière des réverbères, devant toute une bande de policiers accompagnés de caninos. Orme avait la tête levée béatement, cherchant des yeux un pokémon qui avait disparu.

58

Contrairement à lui, Mimiko fut soulagée de la disparition de Mew.

Ils furent happés par des policiers qui avaient reconnus le professeur Orme et la jeune fille se dit avec soulagement que cette histoire était enfin terminée. Mais son humeur chuta brutalement lorsqu’en cherchant des yeux le dresseur et le carabaffe, elle ne trouva ni l’un, ni l’autre.

*Où étaient-ils ?*

Elle plongea son regard sur le hangar et attrapa la manche d’une officier Jenny :

-Il y a encore quelqu’un dans ce bâtiment qui n’est pas de la team Rocket ! Il m’a aidé à retrouver le professeur et à m’en sortir !

La jeune femme la regarda fixement.

-Je crois savoir de qui il s’agit. Si c’est bien lui, vous n’avez pas de raison de vous en faire !

***

Il déboucha dans la grande salle. Tous les pokémons prisonniers avaient été chargés dans le camion et ce dernier s’apprêtait à partir. La femme au raichu se tenait en bas et donnaient des ordres à la dizaine de sbire autour d’elle.

Lorsque le dresseur fit son apparition, elle leva la tête vers lui, le foudroyant des yeux. Il tint son regard sans problème.

-Je ne sais pas comment tu as fait pour déjouer nos systèmes de surveillance, mais tu vas le payer ! Foi de Lucrezia Noin !

Le jeune homme eut un sourire moqueur et leva le bras :

-Vous ne savez pas comment ? Vraiment ! … STAR !

D’une des caméras installées discrètement dans un des angles de la pièce sorti un porygon qui flotta jusqu’au bras de son maitre avec des gestes mécaniques.

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-Je vois… Marmonna la dite Lucrezia Noin alors qu’il rappelait dans sa pokéball le pokémon virtuel.

-Tu ne nous empêcheras pas pour autant de nous échapper ! Reprit-elle en se tournant vers le camion : Démarrez !

Deux sbires montèrent dans la cabine avant et appuyèrent sur l’accélérateur. Sans hésiter le dresseur courra se placer entre eux et la grande porte qui s’ouvrait. Il savait que la team Rocket, sans scrupule, n’hésiterait pas une seconde à l’écraser alors il sortit une autre pokéball et la lança devant lui.

-RUGER, ARRETE CE CAMION !

Un rhinocorne fit son apparition face au véhicule. Les sbires à l’intérieur de ce dernier serrèrent des dents et appuyèrent sur la pédale de frein, mais cela ne les empêcha pas de cogner durement contre le pokémon.

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Ce dernier ne bougea même pas de place, le camion, lui, tomba sur le flanc.

Le dresseur eut une mine satisfaite : son père avait raison, véhicule contre rhinocorne, c’est rhinocorne qui gagne. Voilà pourquoi il lui avait toujours conseillé de faire attention en roulant en montagne.

Lucrezia Noin, par contre, semblait ulcérée. Lorsque les hommes sortirent du camion, elle demanda à Blast, son raichu, de leur donner « un coup de fouet ». Résultat le pokemon les électrocuta tous les deux.

Elle ne pouvait pas s’attaquer au jeune homme avec une attaque électrique car il se tenait très prudemment derrière son rhinocorne qui y était insensible. Cependant, elle était entourée d’autres dresseurs.

-TEAM ROCKET… Commença-t-elle alors que les membres derrière elle souriaient et sortaient leurs pokéball.  

Mais ils ne purent pas les jeter car un voltorbe jaillit au milieu de la pièce, les foudroyant du regard, son corps sphérique parcouru de filaments électrique.

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-Si vous faites le moindre geste, mon voltorbe explosera ! Annonça le dresseur alors qu’il était rejoint par un carabaffe. Nous allons attendre tranquillement l’arrivée des policiers !

Il sortit un téléphone portable pour les prévenir qu’ils pouvaient entrer quand la femme éclata d’un rire sec.

-Petit, ne prends pas la Team Rocket pour des bouffons, ce serait une erreur monumentale de ta part !

-… Quoi ?!

Un smogo avait été sorti discrètement et se trouvait face à voltorbe. Suivant les ordres, ce dernier s’illumina et s’apprêta à exploser.

-SMOGO EXPLOSION !!! Ordonna Lucrezia Noin.

Alors en quelques secondes, une gigantesque déflagration souffla sur la salle. Le dresseur et son carabaffe se protégèrent derrière le rhinocorne qui, heureusement, n’était que peu affligé par ce genre d’attaque, se contentant de fermer les yeux pour éviter la poussière.

Le camion fut poussé contre une paroi par le souffle et les pokémons à l’intérieur avaient dû juste être un peu secoué, mais dans l’ensemble, ils avaient étaient protégés de l’attaque.

Quand la fumée de l’explosion commença à se dissiper, les deux compères osèrent jeter un coup d’œil et découvrirent que la Team Rocket avait disparu.

***

Mimiko eut le souffle coupé lorsque l’entrepôt explosa, le toit s’éjectant en des centaines de débris enflammés tout autour d’eux, Hericendre la poussa à temps pour éviter une poutre.

Autour d’elle les policiers s’empressaient de s’éloigner pour éviter d’être assommés, leur caninos courant dans tous les sens en jappant.  

Un immense panache de fumée s’échappait de la zone sinistrée et Mimiko s’angoissa au sujet du dresseur qui l’avait aidé. Aux dernières nouvelles, il était toujours sur les lieux.

Si jamais il était mort…

Des policiers tentèrent alors une entrée dans le bâtiment en flammes tandis que d’autres appelaient les pompiers en mettant déjà à contribution leurs pokémons eau pour éteindre le brasier.

La jeune fille se trouvait au milieu de cette agitation, immobile et priant de toutes ses forces. L’agent Jenny avec qui elle s’était entretenu tout à l’heure la força à rejoindre le professeur Orme, un peu plus loin, à l’abri des flammes.

-Ne vous en faites pas, je suis sûr qu’il va s’en sortir, affirma t’elle en se plaçant entre eux.

Le ciel commençait à s’éclaircir, annonçant le matin, lorsqu’enfin le jeune homme sortit des décombres, aidés par deux policiers et par son carabaffe qui leur avait frayé un passage dans le feu.

Mimiko recommença alors à respirer. Arceus en soit loué, il s’en était sorti ! Tout était bien qui finissait bien !

-Hein Hericendre ? Maintenant tu vas pouvoir retourner avec le professeur Orme ! Déclara-t-elle en regardant la petite taupe de feu.

-Heri ! Approuva ce dernier.

Ils tournèrent tous les deux la tête vers le professeur, mais il n’y avait plus personne à côté de la femme policière. Ils tirèrent alors une tête décontenancés.

-Hé ?!? Où est-il ???

-Le professeur ? Fit Jenny, Il s’est mis à bégayer quelque chose à propos d’une convention et il est parti en courant, l’air apparemment pressé…

-QUOI ?!? Glapit la brune, abasourdie de voir sa « proie » lui échapper une fois de plus : Dans quelle direction ?

-Euh… Eh bien le port…

-OK Merci ! Fit Mimiko en faisant grimper Hericendre dans son sac et en détalant.

-Hé mais attendez ! J’ai besoin de votre déposition !!!!

Mais trop tard, Mimiko était déjà loin et longeait le quai à la recherche d’Orme. Elle eut un mauvais pressentiment en voyant un bateau partir et se jeta sur le premier marin venu :

-Excusez-moi, vous auriez vu un grand type portant des lunettes avec l’air un peu à l’ouest ? Il est châtain !

-Euh oui… Il me semble l’avoir vu monter sur ce bateau au dernier moment…

-Quoi ?!? Gémit-elle. Mais où va ce bateau ?

-C’est un direct pour Bourg Geon… Dans la région de Johto…

Mimiko n’en pouvait plus : elle était fatiguée d’avoir passé toute la nuit à ramper et à courir, et voilà que le professeur leur faussait compagnie !

S’écroulant par terre, résignée, elle demanda :

-Quand part le prochain bateau pour cette ville ?

La route était encore longue pour les deux nouveaux compagnons de voyage...

***

Devant le hangar arrosé par les pokémons des pompiers, le dresseur et son carabaffe étaient assis, des serviettes autour de leurs épaules, entourés par des membres de la police, observant les infirmières Joelle qui récupéraient les pokémon prisonniers.

-Il y avait aussi une fille, se rappela t’il soudainement en la cherchant du regard dans la foule.

-Ne vous en faites pas, elle est sorti bien avant vous… Elle est déjà repartie… Lui annonça une Jenny.

Il plongea son regard dans le ciel d’un air pensif :

-Je ne connais même pas son nom…

***

Dans l’aube encore étoilée de Carmin sur Mer, un petit pokémon rose à la longue queue ondoyante vola au-dessus des toits et de la ville à nouveau sure. Un miaouss au pelage sale, assis sur une toiture, observa ses acrobaties alors qu’il disparaissait vers la forêt, puis leva la tête vers la lune en lançant un miaulement.

Après quoi, il se remit sur ses quatre pattes et s’évanouit dans la grisaille.   

 

A suivre…

 

[1] Raichu : De « Rai » : la foudre, et de « Chu » : le baiser, le bisou… C’est t’y pas mignon ?    

20 mars 2012

Chapitre 3 : La Forêt de Jade

Le lendemain, elles eurent un petit déjeuné de thé et de reste du riz d’hier (« il ne faut rien perdre ! » annonça Mimiko) et une fois que toutes leurs affaires furent pliées et les pokémons rentré dans leurs ball, les trois jeunes filles suivirent le chemin qui pénétrait dans les bois.      

Comme le soleil tapait aujourd’hui, elles furent heureuses de se retrouver à l’abri des feuillages. De même, contrairement à ce qu’avait cru Shinobu, la forêt ne « grouillait » pas d’insecte et elle n’avait encore rien vu qui ressemblait de près ou de loin à une araignée. Ce qu’elles voyaient, c’était surtout des roucool dans les arbres.

-Bon finalement tout va bien, annonça la petite blonde au bout de deux heures.

-Attends un peu qu’on se soit enfoncé dans la forêt, railla Mimiko. Mais on n’aura peut-être pas que des mauvaises surprises : cette forêt est célèbre pour être la demeure de plusieurs colonies de pikachus. Mais ce sont des pokémon très craintifs et sauvages. Et leurs ouïes développées font qu’ils sont difficiles à surprendre.   

-Alors j’espère qu’on aura la chance d’en voir un !  Déclara Arisa avant de se figer, apercevant son premier pokémon inconnu depuis qu’elle avait mis les pieds dans le bois.

Bon, cependant, il était extrêmement petit, a peu près de la taille du ver que Shin avait capturé. C’était une espèce de chenille brune avec une sorte de gros nez rouge, et un aiguillon de chaque côté de son corps. Il était en train de grignoter une feuille tombée près du chemin.

Arisa s’immobilisa, attirant l’attention de ses amies et sorti son Pokedex :


Aspicot sur Pokemon Bleu et RougeAspicot, pokémon insectopic.

Il se nourrit de feuilles dans les forêts. L'aiguillon sur son front est empoisonné.

13


-Tu veux attraper ce bidule ? S’étonna Shinobu.

-Bein pourquoi pas ? Il a l’air de savoir se défendre. Une objection Mimiko ?

-Non, fais comme tu veux.

Mimiko et Shinobu allèrent se mettre en retrait tandis qu’Arisa dégainait une pokeball :

-Salamèche, go !

-Encore Salamèche ? S’étonna Shinobu alors que le petit lézard doré faisait son apparition.

-Bah, un pokemon feu, contre un insecte, c’est plutôt efficace, haussa des épaules la brune. Mais elle aurait mieux fait d’utiliser Roucool.

-Je vous entends toutes les deux ! Les prévint Arisa . Salamèche : attaque griffe !

Aussitôt dit, aussitôt fait, le pokémon se dandina vers Aspicot qui l’aperçut, lâcha son festin et tenta de fuir. Il se reçut l’attaque et roule-boula plus loin. Songeant que cela suffisait, elle sortit une pokéball vide de son sac et la lança sur l’insecte.

Cette fois ci, elle visa à peu près correctement et le pokémon disparut dans un flash rouge à l’intérieur. La ball remua furieusement plusieurs fois, et un instant Arisa crut qu’elle allait se rouvrir, mais elle s’immobilisa.

-YES ! Un pokemon de plus ! Bravo Salamèche !

-Chala !

-Tu peux rentrer !

Après que le lézard ait disparu dans sa pokeball, les jeunes filles reprirent la route. Elles croisèrent alors pleins d’autres aspicots et chenipans. Mimiko sembla alors sur ses gardes et demanda à ses amies de ne pas monter trop la voix et de la prévenir si elle voyait quelque chose ressemblant à des cocons. Elles ramassaient aussi diverses choses en cours de route : des plantes, des champignons et des fruits quand elles avaient la chance d’en voir. Mimiko qui commençait à avoir de l’expérience à ce sujet leur indiqua ce qu’elles pouvaient prendre ou non. Du fruit de leur cueillette dépendait l’amélioration de leurs repas.

A midi, elles se contentèrent de sandwich et burent un peu du thé préparé le matin et gardé chaud dans une jolie thermos aux couleurs d’un magicarpe. Puis elles repartirent, sachant que la route était encore longue avant Argenta.

C’est au milieu de l’après-midi qu’elles rencontrèrent enfin quelqu’un. Un jeune garçon de onze ou douze ans, habillé avec un habit de scout et transportant un filet à papillon.

-Oh, un scout, ça fait longtemps que je n’en ai pas vu, s’exclama Mimiko.

Ce dernier les aperçut et courut vers eux.

-Bonjour voyageuses, est ce que l’une d’entre vous est dresseuse pokémon ? Je cherche des pokémons depuis ce matin et j’aimerais bien faire un match maintenant !

-OK gamin, tu mise combien ? Lança Arisa.

-20 pokédollars. Un match a trois pokémons !

-Ca me va !

Shinobu se tourna vers Mimiko :

-Et toi ? Tu ne veux pas combattre ?

-Moi ? Non, ça ne m’apporterais pas grand-chose de me battre contre un débutant. Alors que pour Arisa, c’est une aubaine.

Elles se posèrent dans un coin pour regarder le combat tout en mangeant des baies sucrées trouvée auparavant. Le combat fut plutôt rapide. Arisa envoya Roucool, le scoot, un Aspicot. Roucool gagna sans problème, puis écrasa aussi le chenipan qui suivi et pour terminer, Rattata élimina un étrange pokémon qui ressemblait à un croissant de lune vert.

-Un chrysacier, expliqua Mimiko à Shinobu qui faisait la grimace, c’est ce en quoi évolue chenipan.

-Quoi ? Mon chenipan va évoluer en ce TRUC ? S’étonna-t-elle en sortant son pokédex :


Chrysacier sur Pokemon Bleu et RougeChrysacier, pokémon cocon.

Il est vulnérable aux attaques tant que sa carapace fragile expose son corps tendre et mou.

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-Uniquement s’il gagne de l’expérience.

Arisa, gagnante, serra la main de son adversaire.

-Vous comptez traverser la forêt ? Demanda-t-il ensuite. Je dois vous prévenir, les dardargnans sont plutôt agités, faites attention si vous ne voulez pas vous faire piquer. Je crois que quelqu’un a dû toucher à leurs coconforts.

-Merci de nous prévenir, fit Mimiko en s’inclinant.

-Sur ce, bonne chance, termina le garçon en les dépassant.

-C’est quoi les dardargans ? Questionna Arisa.

-Quelque chose qu’il ne vaut mieux pas croiser, répondit la brune avec sagesse.

Lorsque le soleil en se couchant enflamma la cime des arbres, cette dernière jugea préférable de monter leur campement. La nuit pouvait tomber rapidement. Avisant un renfoncement dans les arbres proche du chemin, elles firent un tas de bois que Hien, le typhlosion de Mimiko, se fit un plaisir d’allumer et Merry, son marril, rempli d’eau leur petite marmite. Aujourd’hui encore, ce serait riz, mais elles l’agrémentèrent d’herbes aromatiques et de champignons émincés.

Les pokémons eurent droit à leurs habituelles boulettes tandis qu’elles dévoraient leur repas et se détendaient. Cependant, lorsque la nuit arriva, elles se sentirent plus nerveuses : entourées de part et d’autres d’une forêt épaisse d’où s’échappait des bruits de feuilles remuées et de brindilles craquantes.

-Ne craignez rien, fit Mimiko en passant une main sur l’échine de Noctali. Blacky voit dans le noir, s’il y avait un danger, il le repèrerait.

-Mouais enfin… Je comprends quand même pourquoi tu as tenu à monter les tentes, annonça Arisa en serrant son Salamèche contre elle et en récupérant son Aspicot qui essayait de grimper sur Bulbizarre.

C’est alors qu’elle parlait qu’apparut dans le ciel tout un groupe de pokémons, ressemblant à de grands papillons violets. De leurs ailes s’échappaient une poudre qui scintillait sous la lumière de la lune.

-Ouaahhh ! S’exclama Shinobu devant ce spectacle magnifique. Qu’est-ce que c’est ?

-Papilusion, fit Mimiko, l’évolution de chrysacier.

Arisa brandit son pokédex vers eux :


Papilusion sur Pokemon Bleu et RougePapilusion, pokémon papillon.

En combat, il bat des ailes très rapidement pour projeter des poudres toxiques sur ses ennemis

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-Donc le Chenipan de Shin va devenir un Papilusion. C’est chouette, non, Shin ?

-Je ne suis pas là pour avoir des pokémons ou pour les faire évoluer, répondit la blonde en brandissant sa caméra : Je suis là pour faire un reportage !

Arisa haussa les épaules et entreprit de se faufiler dans sa petite tente noire, tenant toujours Aspicot par le dard au bout de sa queue. Roucool se percha en haut de sa tente, imitant le Roucoups de Mimiko qui s’était installé sur une branche. Rattata et Salamèche suivirent Arisa pour se caller contre elle.

Shinobu prit aussi place dans sa tente cyan, toute seule cependant, car son Bulbizarre préférait le contact de la terre. Mimiko fut rejointe par Lainergie et Merry, tandis que ses autres pokémons, trop grands, s’installaient devant la tente ou dans le cas de Blacky, profitaient des bruits de la nuit.

***

Elles levèrent le camp en milieu de matinée et continuèrent sur le semblant de chemin qui devenait de plus en plus difficile à suivre. Alors que le soleil était haut dans le ciel, elles durent admettre qu’elles étaient perdues.

Shinobu tournait sa carte dans tous les sens tandis que Mimiko consultait son Pokématos, Arisa regardant par-dessus son épaule.

-Bon on est en plein milieu de la forêt. Si Argenta est au nord, on a qu’à couper tout droit dans cette direction.

-Le problème quand on quitte le chemin, c’est qu’on ne sait pas à quoi on peut s’attendre, affirma avec un soupir Mimiko. De plus, tu auras du mal à rencontrer de nouveaux dresseurs comme celui de ce matin.

-Tant pis, le plus important c’est de sortir !

Ainsi dit, après un rapide déjeuné, les trois filles se frayèrent un chemin à travers les buissons, les branches basses et les trous traitres.

-Rooh si seulement j’avais apporté avec moi mon pokémon qui connait l’attaque « coupe »… Pesta Mimiko alors que ses cheveux s’accrochaient à une branche. Aïe !

-Si seulement on avait un bucheron, tu veux dire… Râla Arisa.

Elles arrivèrent à l’orée d’une petite clairière où se tenaient deux grands arbres. Il y avait suspendu à son feuillage et collé sur son tronc des espèces de gros fruits jaunes allongés.

-MIAM des…

Avant qu’Arisa n’est pût sortir de la verdure, Mimiko l’agrippa par le T-shirt et la rejeta en arrière.

-T’es folle ? C’est un nid de coconforts !

-Des coconforts ? C’est quoi, des espèces de concombres ?

-Mais non c’est des pokémons ! Pas de la bouffe !

-Un pokémon concombre… 

-RAAH pas du tout ! C’est l’évolution d’aspicot ! Tu peux être sûre que s’il y a un nid de conconforts, il y a des dardagnans pas très loin ! On ferait mieux de contourner ce coin !

Shinobu attira l’attention de ses compagnes :

-Eh, mais il y a un homme près de l’arbre !  

Effectivement, sous l’arbre se tenait un homme plus âgé qu’elle de quelques années. D’origine asiatique, les cheveux noirs tirés en arrière et retenu en couette, il portait une tenue traditionnelle chinoise noire et blanche et un sac à dos de montagne.

Semblant ignorer le danger qui le guettait, il toucha de la main l’un des coconfort et l’observa. Puis il l’arracha de l’arbre.  

-Il est inconscient… Voler un des coconforts…Si les dardagnans s’en aperçoivent…

-On devrait le prévenir… Proposa Shinobu. 

Mimiko hocha la tête et les trois jeunes filles quittèrent leur abri de buisson.

-Eh ! toi, tu ne devrais pas faire ça, déclara Mimiko en essayant de parler le plus doucement possible. Si les dardagnans te voient, tu vas te faire démolir…

Le jeune homme tourna la tête vers elles et ses yeux noirs se rétrécirent.

-Qui êtes-vous ? Et de quoi vous vous mêlez ! Je sais parfaitement ce que je fais. Ca fait trois jours que je vais de nid en nid pour trouver un coconfort.

-Alors c’est vous qui avez rendu les dardagnans nerveux ! Pourquoi faites-vous ça ? Si vous voulez un coconfort, faites évoluer un Aspicot ou prenez le premier venu ! Quel besoin de visiter tous les nids de la forêt ! L’interrogea Mimiko.

-Mmh ? je n’ai rien à faire d’un coconfort inutile. Ce que je veux, c’est un coconfort prêt à évoluer en dardagnan. Ce serait une perte de temps incroyable que d’entrainer cette carapace.

-Je n’aime pas beaucoup ce type, marmonna Arisa.

-Et que faites-vous des liens qui unissent les pokemons et leur entraineur ? Continua Mimiko.

-Les liens ? C’est bien les femmes ça.... Vous êtes surement de celles qui croient que les pokémons sont d’adorables animaux de compagnie.

Pour toute réponse, Blacky se plaça devant sa maitresse pour grogner de mécontentement. L’homme toisa le Noctali d’un air sombre.

-Les pokémons sont des armes, ils servent à se battre. Il est donc normal de prendre les pokémons les plus puissants possible…

-Vous vous trompez. Un pokémon qui aime son maître sera plus puissant qu’un pokémon qui vient juste d’être attrapé, même à un stade supérieur.

-Très bien, et si nous voyions cela ? Que l’une de vous se batte contre moi ! Un match à deux pokémons.

-Depuis quand es-tu en voyage initiatique ? S’enquit Mimiko.

-J’ai commencé cette année, mais j’ai largement le niveau de n’importe quel dresseur confirmé.

-Mouais c’est ce qu’on dit… Arisa, tu veux l’affronter ?

-Avec plaisir, fit la blonde en passant devant Mimiko.

Elle se plaça face au jeune homme.

-Je suis Arisa et je viens de Bourg Palette.

-Je m’appelle Wu Fei, je viens de Voilarock.

-Je ne connais pas cette ville, murmura Mimiko en se plaçant près de Shinobu.

-Est-ce une bonne idée de se battre sous un nid de dardagnan ? Demanda cette dernière.

-Pas vraiment…

Wu Fei déposa le coconfort qu’il avait ramassé par terre :

-Je commence avec Coconfort !

-OK, voyons voir ce qu’en dit le pokédex :


Coconfort sur Pokemon Bleu et RougeCoconfort, pokémon cocon.

Incapable de se déplacer de lui-même, il se défend en durcissant sa carapace

14 


 

-Il a une carapace alors… Salamèche ! A toi de jouer !

Le pokémon lézard apparut.

Salamèche sur Bleu, Rouge, Jaune et Vert FeuilleVSCoconfort sur Pokemon Bleu et Rouge

-Un Salamèche… Fit Wu Fei en fronçant les sourcils. Coconfort, attaque armure !

Le cocon se dressa et une aura bleu le recouvrit entièrement un moment, donnant à tout son corps un aspect plus brillant et dur, comme du diamant.

-Coconfort est comme Aspicot, mais en évolué. Ça devrait aller pour Arisa, songea à voix haute Shinobu, s’attentant à être approuvée de Mimiko, mais celle-ci avait l’air plus réservée.

-Oui, théoriquement un pokémon feu à l’avantage mais… 

-Salamèche attaque griffe !

Salamèche s’élança sur Coconfort qui ne bougeait pas et brandit sa patte pour le griffer. Mais cela n’eut guère d’éffet, peu importe combien sa dresseuse et lui s’acharnait.

Un petit rire méprisant s’échappa de la bouche de leur adversaire :

-Je n’y crois pas, un pokemon feu qui ne connait pas encore d’attaque feu est vraiment inutile !

La remarque fit grincer des dents le pokemon et sa maitresse.

-Je ne sais pas depuis combien de temps tu l’as, mais un dresseur digne de ce nom l’aurait entrainé jusqu’à ce qu’il apprenne l’attaque flammèche. Avant ça, il n’est rien d’autre qu’un petit animal inoffensif.

-Tu peux parler avec ton Coconfort immobile !   

-C’est juste une question de minutes avant qu’il n’évolue. Coconfort ! Attaque charge !

Salamèche qui ne s’y attendait pas le moins du monde fut frappé de plein fouet par le cocon qui s’était lancé comme un projectile.

-Salamèche… Gri…

Arisa se stoppa, consciente qu’une nouvelle attaque griffe serait aussi inefficace que la première. Alors qu’elle doutait et fulminait de rage en fixant l’air arrogant et supérieur de son adversaire, l’air fut soudain rempli de bourdonnements.

-Qu’est ce que c’est ? Demanda Shinobu en cherchant des yeux la source du bruit.

-Des ennuis ! Répondit Mimiko en attrapant son sac. Shin ! Risa ! Il faut partir sur le champ !

-Pourquoi ?

A peine posait-elle cette question que la frondaison des arbres se retrouva envahie par d’immenses guêpes à l’air agressive.

-AHHH ! Mais pourquoi tu n’avais pas dit plus tôt que c’était des guêpes !!! S’affola Arisa en attrapant son sac pour prendre ses jambes à son cou.

Shinobu fit un rapide scan avec le pokédex qui ne lui donna pas plus envie de s’éterniser :


Dardargnan sur Pokemon Bleu et RougeDardagnan, pokémon guêpoison.

Il vole à très grande vitesse. Il se bat avec les dards empoisonnés de ses bras.

15


Les trois jeunes filles se mirent à courir pour atteindre l’autre côté de la clairière lorsque Shinobu, jetant un regard en arrière, se rendit compte que leur nouvelle rencontre ne faisait rien pour les imiter et restait assis près de son pokémon : et pour cause, ce dernier s’était fendu au niveau du dos et laissait échapper un rayon de lumière par cette fissure.

-Attendez ! Il ne peut pas nous suivre ! Hala t’elle ses deux amies.

Celles-ci se retournèrent et Mimiko jura entre ses dents.

-Il a choisi son moment pour évoluer…

-Qu’est-ce qu’on fait alors ? Demanda Arisa.

-On a pas le choix, faut qu’on le protège !

Revenant sur ses pas avec Shinobu, Mimiko s’empara de deux de ses pokéball qu’elle lança en l’air :

-Hien ! Windy ! Sortez !

Le grand typhlosion et le roucoups de Mimiko apparurent dans un rayon rouge.

Typhlosion sur Or, Argent et CristalRoucoups sur Bleu, Rouge, Jaune et Vert FeuilleVSDardargnan sur Pokemon Bleu et Rouge

-Je vous ais rien demandé ! Répliqua Wu Fei d’un air peu amène tandis que sortait doucement du cocon une forme toute froissée.

Mimiko se contenta de le regarder froidement, imitée par son noctali avant de donner les directives à ses pokémons :

-Hien, attaque lance flamme ! Windy, attaque cyclone !

Les deux pokémons s’exécutèrent : Hien fit jaillir d’immenses flammes de son dos et se mit à les cracher, tandis que Windy, battant furieusement des ailes, créait des mini cyclones pour faire fuir les insectes.

Salamèche qui se trouvait à côté d’Arisa regarda avec envie les immenses flammes qui se dégageaient de son congénère et se sentit honteux de n’être pas capable d’en faire de même.

Il s’avança d’un air décidé et se plaça près de lui pour essayer de l’imiter. Il inspira profondément et souffla, mais rien ne vint. Mais il n’en continua pas moins à persévérer et Hien qui lui jeta un rapide coup d’œil, se décida à ne pas l’en décourager.    

Malheureusement, uniquement deux pokémons ne suffisaient pas à arrêter un essaim décidé à sauver sa progéniture et l’un des dardagnans réussit à passer le barrage et fonça tout droit sur Arisa.

Salamèche se retourna, et devant la nécessité de sauver sa maîtresse, réunit toutes ses forces : la queue de sa flamme gonfla en volume et dans un cri, il lâcha une flammèche sur le pokemon insecte, qui, touchait à l’aile, s’écrasa devant Arisa.

Celle-ci recula de deux pas en soufflant de soulagement et le contourna pour rejoindre son starter.

-Bravo Salamèche ! Tu as réussi à apprendre une attaque de feu !

-Sala ! Approuva le petit lézard doré en bombant du torse. 

A ce moment-là le coconfort finit d’évoluer et un grand dardagnan s’en éleva, vrombissant de ses nouvelles ailes auprès de Wu Fei. Celui-ci ne perdit pas de temps et sortant une pokéball, l’y emprisonna avant qu’il n’ait récupéré totalement ses forces.

L’essaim, considérablement amenuisé par Hien et Windy, choisit alors de battre retraite et petit à petit les vrombissements s’éloignèrent.

-Ils sont partis ! Se réjouit Shinobu.

-Ouais bein on ferait mieux de ne pas trop rester dans les parages ! Répliqua Arisa en faisant rentrer Salamèche dans sa pokéball tandis que Mimiko faisait de même avec les siens.

-Vous trouverez le chemin qui mène à Argenta derrière cette clairière, annonça Wu Fei en leur montrant la direction.

-Vous ne venez pas avec nous ? S’étonna Shinobu qui ne s’imaginait pas rester une nuit de plus dans cette forêt.

-Non, je vais rester ici encore un moment. Si l’on se recroise un jour, nous terminerons notre combat, affirma t’il en se tournant vers Arisa.

-Je serais plus forte.

-Je l’espère bien, il n’y a rien de plus frustrant que de se battre avec un ennemi inferieur.

Ainsi dit, il disparut dans la végétation.

-Quel drôle de personnage, ce Wu Fei… Affirma Shinobu alors qu’elles suivaient la direction qu’il leur avait donnée.

-En tout cas, il avait raison pour le chemin, déclara Mimiko en sortant d’un taillis pour mettre le pied sur le petit sentier qui filait droit jusqu’à une tâche de lumière.

-Encore heureux qu’il avait raison ! S’exclama Arisa avec dédain. Bon ! Pressons nous, le soleil est en train de se coucher et j’en ai assez de dormir par terre !

Les jeunes filles pressèrent alors le pas et sortirent de la forêt en moins d’une heure. Elles découvrirent alors une petite plaine où serpentait leur chemin, ainsi qu’une rivière, bordé d’un côté par la forêt de Jade, et de l’autre par des rochers.

L’on voyait au loin la petite ville d’Argenta, nichée dans un contrefort et à sa droite la grande montagne qui s’appelait le « Mont Sélénite » et dont le sommet jetait son ombre sur eux.

-Et voici Argenta… Il va falloir marcher vite si on veut y être avant la nuit, remarqua Mimiko.

-Dans ce cas, ne perdons pas de temps à discuter ! La première arrivée est prems à la douche !

-Eh ! Ce n’est pas juste Shinobu !

 

A suivre…      

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17 octobre 2012

Chapitre 3: De long en large en travers

Le dresseur et son carabaffe se tenait devant la gigantesque arène de Carmin sur Mer installée face à la mer.

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Il baissa la tête et regarda une deuxième fois la pancarte affichée sur la porte :

-Fermé, hein ? Comme c’est étonnant…

***

-2 nuits d’hotel : 120 pokédollars… Ecrivit Mimiko sur un petit carnet.

Une vague se fracassa contre la proue du bateau, l’éclaboussant un peu.

-1 pokématos : 500 pokédollars…

Un couple de voyageur passa derrière elle en discutant gaiement.

-1 téléphone cellulaire : 100 pokédollars…

Un goelise glissa à sa hauteur, se laissant porter par un courant aérien.

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-1 ticket pour Bourg-Géon, 70 pokédollars…

Héricendre, le plus loin possible du bord, regardait avec inquiétude l’océan qui les entourait de chaque côté.

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-Sans compter les dépenses de nourriture pour un humain et un pokémon…

Mimiko, dégoutée, ôta de sa vue le résultat obtenu. Elle et Héricendre poussèrent un long soupir de désespoir en harmonie.

Cela faisait une journée et demi qu’ils voguaient sur ce minable petit bateau de voyageurs. Les cabines des passagers avaient la taille de placard à balai et le sommier du lit était une vraie planche. La jeune fille en gardait encore des courbatures.

C’était cependant le moins cher des bateaux en partance pour la région de Johto où s’était rendu le professeur Orme.

Elle quitta le bord de la rambarde où elle était accoudée et vint s’asseoir sur le banc où se terrait l’apeuré pokémon feu. Devant eux se tenait la mer et les falaises escarpées de l’entre-deux régions. Toutes sortes d’arbres poussaient à cet endroit encore sauvage.

-J’ai déjà dépensé la plus grande partie de mes économies. Si ça continue, je devrais dormir dans la rue !

Une voix venant des hauts parleurs disséminé dans tout le bateau s’éclaircit la gorge, mettant en évidence la mauvaise qualité du son :

« Sur votre droite, mesdames et messieurs, nous passons près de la grotte contenant les très célèbres Chutes Tohjo ! Découverte il y a trois cents ans par un aventurier qui cherchait un moyen de se rentre d’un côté à l’autre de la montagne sans l’escalader ou traverser la mer, elles sont désormais le symbole de la frontière entre le Kanto et le Johto. »

Effectivement un immense panneau « Vous quittez le Kanto, bienvenue à Johto ! » dénaturait le paysage.

La foule des passagers se pressèrent sur le côté droit du bateau pour assister au spectacle tout à fait banal d’une grosse montagne entourée de verdure.

-Qui se soucie des chutes Tohjo… Maugréa Mimiko.

Elle avait presque envie de retourner dans sa cabine claustrophobique pour éviter les « Ha ! », « Ho ! », « Que c’est beau ! », « Chéri prends des photos ! », « Mais on voit rien ? Ya pas de cascades c’est nul ! », « Tais-toi Kenzo ! ».

-Héri… Héri… Gémit Hericendre, vert.

-Si tu as envie de vomir, retiens-toi, j’ai pas envie de nettoyer derrière toi…

**

En fin d’après-midi ils arrivèrent enfin en vue d’un petit hameau d’habitation au bord de la mer. Le quai était minuscule et y’avait pas un chat.

Malgrés tout le bateau s’amarra et les haut-parleurs grésillèrent à nouveau :

« Bourg Geon, la ville des nouveaux départs, 1er arrêt : Bourg Geon ! Arrêt de quinze minutes. Tous les passagers à destination de Bourg Geon sont invité à descendre par la sortie numéro 3 ! Prochains arrêts : Ville Griotte, Oliville et Irisia ! »

Mimiko trimballa sa valise derrière elle alors qu’elle franchissait le pont d’embarcadère, pas mécontente de quitter cet affreux rafiots de touristes. Une fois posé le pied sur le quai, elle ne le regarda même pas partir, captivée qu’elle était par le panneau présentant une carte du coin.

Rien à voir avec Carmin sur Mer, cet endroit était vraiment perdu au milieu de nulle part.

Les quelques maisons, ma foi plutôt jolie, étaient entourées de végétation. Il n’y avait qu’une seule route bétonnée, les autres étaient en terre battue. Une petite épicerie se battait en duel avec une clinique de médecin de campagne et d’immenses éoliennes blanches tournaient paresseusement dans la douce fraicheur annonçant le soir.

-Bienvenue dans la cambrousse… Ironisa Mimiko en regardant Hericendre qui se tenait à ses pieds. Bon il habite où ton maître ?

-Heri ?

Il inclina la tête sur le côté pour le grand désespoir de la brune.

*Arghh, encore l’attaque amnésie !*

Il eut l’air tout embêté.

-Heri…   

-Bah, t’en fait pas, on va demander à quelqu’un. Normalement quand on habite une bourgade pareille, on connait tout le monde !

En prenant la route principale, elle n’eut aucun mal à trouver des habitants car tous étaient de sortie jardin pour arroser leurs plantations. Et évidemment, ils la fixèrent tous curieusement à son passage. Rougissant, elle se décida à approcher une femme aux cheveux châtains remontés par une pince qui taillait les feuilles de ses ortides.

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-Excusez-moi, je cherche la résidence d’un certain professeur Orme.

La femme la fixa puis baissa les yeux sur Hericendre avant de se redresser et de lui adresser un sourire.

-Le professeur habite en marge des habitations. Continue la route principale jusqu’à la dernière maison, puis prend le chemin de terre de droite qui s’enfonce dans les arbres jusqu’à apercevoir une grande bâtisse. Tu ne peux pas la manquer, c’est son laboratoire, expliqua t’elle en mimant les directions de ses mains.

Mimiko hocha la tête et la remercia.

Alors qu’elle suivait le chemin qu’on venait de lui indiquer, elle laissait son regard voler d’un jardin à un autre, observant des bribes de vies telles le grand-père assit sur une chaise longue à l’ombre d’un bouleau ou les enfants en train de s’arroser avec un tuyau, avant d’être grondés par leur mère pour avoir essayé de mouiller le caninos de garde du voisin.

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Cela la fit se demander où elle coucherait cette nuit.

La route de terre la fit s’éloigner de la bourgade et plonger dans les collines alentours, à sa gauche elle longeait une forêt d’épineux où retentissait de temps en temps un « Hoouut houuut ! ».

Vu qu’ils étaient près des montagnes de la chaine argentée, la chaleur de l’été était temporisée par des vents frais et par des nuages. Mimiko trouvait le changement agréable à côté de Carmin. C’était le genre d’endroit où, enfant, on rêverait de passer des vacances d’été à chasser les ptitards et les yanmas.

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Finalement, après avoir libéré sa valise d’un caillou, elle aperçut le laboratoire. C’était effectivement un bâtiment imposant jouxté d’une maisonnette à deux étages.

Hericendre fit alors quelques sauts, l’air content :

-Heri ! Heri !

-Tu reconnais ta maison, c’est bon signe !

Ils suivirent le chemin de terre jusqu’à l’entrée principale et sonnèrent en appuyant sur l’interrupteur.

Une fois, deux fois.

Pas de réponse.

Mimiko ouvrit le portillon devant elle et s’avança jusqu’à la porte d’entrée. Celle-ci n’était pas fermée. L’entrebâillant, elle passa la tête à l’intérieur :

-Youhouuu ya quelqu’un ?

-Heri ?

Devant eux se trouvait un petit hall avec des sièges ouvrant sur un couloir. Il était désert.

Hericendre entra dans la pièce et après avoir observé les lieux, couru dans le couloir.

-Ah… Attends Hericendre ! Fit Mimiko en refermant la porte derrière elle pour suivre le pokémon. Elle ne se sentait pas trop à l’aise car elle avait la nette impression de s’introduire illégalement dans un domicile.

Tout en faisant attention à ne rien toucher, laissant sa valise dans un coin du hall, elle partit à la suite de Hericendre. Le couloir les mena alors dans une grande pièce remplie d’ordinateur et de machines étranges. Bien éclairée par de longues fenêtres courant sur le mur en face, elle contenait aussi une table et un professeur qui courait dans tous les sens en marmonnant, tout en déplaçant des montagnes de feuilles volantes qu’il tentait de faire entrer dans une sacoche.

Il lui faisait penser au lapin toujours en retard d’Alice au pays des merveilles.

Hericendre sauta sur la table près de la sacoche pour attirer l’attention du professeur Orme, mais rien n’à faire, il semblait plongé dans ses préparations.

-Euh professeur ! Tenta Mimiko.

Celui-ci leva un bref instant la tête vers la jeune fille :

-Oh c’est vous ! Fit-il en la reconnaissant. Désolé je n’ai pas le temps, je suis affreusement en retard pour la convention annuelle des professeurs pokémon !

Et il recommença à courir dans tous les sens.

-Mais… Je vous ai ramené votre Hericendre, expliqua t’elle, désappointée.

-Ah bien… Bien… Mon hericendre ? Fit celui-ci en stoppant ses déambulations.

-Celui que vous avez fait tomber de votre sac en essayant d’échapper à la Team Rocket.

Il se pencha sur Héricendre qui l’accueillit en levant les bras et en faisant jaillir du feu de son dos.

-Mais c’est catastrophique ! Fit Orme. Je vois qu’il a appris flammèche ! Après ça, je ne pourrais jamais le donner à un nouveau dresseur…

-Pourquoi cela ?

-La loi de l’égalité des chances, ça vous dit quelque chose ?

-Euh…

-C’est vous qui le lui avait appris ?

-Pas vraiment, répondit la brune.

Orme continua à ausculter le pokémon dans tous les sens, celui-ci, lassé de faire l’objet d’une telle attention, sauta dans les bras dans Mimiko.

-Je vois qu’il vous aime déjà beaucoup. Bien. Bien. Où est sa pokéball ?

-Oups, elle est restée au centre pokémon de Carmin sur Mer ! Réalisa Mimiko.

-Ce n’est pas un problème fit l’homme en se remettant à amasser son matériel. Je vais demander à l’infirmière Joëlle qu’elle me l’envoi au labo.

Mimiko approuva en hochant de la tête, puis elle regarda Hericendre callé contre elle.

-Alors vous allez récupérer Hericendre.

-Non, je ne peux rien en faire. Vous pouvez le garder, asséna t’il en essayant de fermer son sac.

-Hein ?! Mais c’est impossible enfin ! Je n’ai même pas encore mes papiers de résidente ! Et il faut que je trouve un travail pour en avoir ! Je viens juste d’arriver moi !

-AH ! Si c’est juste un travail qu’il vous faut, alors j’en ai un pour vous ! Venez asseyez-vous que je vous explique ! S’anima Orme en la conduisant à deux canapés se faisant face.

Mimiko était circonspecte, mais après tout si le professeur lui trouvait un travail ça lui éviterait bien des peines.

-Je me présente d’abord : Je suis Orme, chercheur pokémon et mon but ultime c’est d’égaler, que dis-je ! Dépasser mon ancien mentor, le professeur Chen ! Ce dernier s’est illustré dans de nombreux domaines dont le rapport entre les humains et les pokémons, j’ai donc axés mes dernières recherches sur le sujet et j’ai obtenus des résultats que je vais m’empresser de dévoiler à mes estimés collègues lors de cette conférence qui a lieu demain à Argenta.

(Mimiko avait juste le temps de hocher la tête ici et là)

-Mais il me manque des recherches essentielles pour que mon article soit parfait, malheureusement un chercheur tel que moi n’a pas le temps de battre la campagne, et a besoin de tous ses assistants, sinon comment marcherait le laboratoire ! Bref ce qu’il me faut, c’est des recherches sur Ho-Oh !

-Oh oh ? Fit Mimiko qui n’avait pas compris.

-Oui ! Ho-Oh ! Le légendaire pokémon oiseau ! Compléta-t-il en désignant une gravure dans un coin du laboratoire montrant un oiseau aux ailes déployées.

-Pourquoi avez-vous besoin de ça ?

-Parce que Ho-Oh est un élément majeur des relations entre humains et pokémons ! Je dois comprendre pourquoi il apparait aux dresseurs et pokémons qui agissent en parfaite harmonie !

-Ha…

-J’ai réunis ici la déposition de trois personnes ayant aperçu le pokémon, j’aimerais que vous alliez les interroger, que vous me rameniez le plus d’information possible et que vous retrouviez Ho-Oh !

-Interroger les gens, OK, mais je n’arrive même pas à retrouver les jumelles de mes chaussettes dans ma propre chambre, comment voulez-vous que je retrouve un pokémon volant que seul trois personnes aient jamais vus !

-Fouillez tout Johto s’il le faut, de long en large en travers, débrouillez-vous, vous avez tout le temps que vous voulez !

-Je serais payé par mois ? S’interrogea Mimiko, intéressée.

-Par résultat.

Voilà qui était moins engageant. Mimiko gonfla des joues devant la tâche ardue qui lui était confié. Il n’aurait pas pût lui demander de lui ramener Mew ? Lui au moins, elle savait un peu où le trouver.

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-Et qu’est-ce que je fais de Ho-Oh quand je l’aurais retrouvé ?

Orme se leva et ramena avec lui une série de feuilles, cinq pokéball et… Une pokéball beaucoup plus grosse qu’il lui remit entre les mains :

-C’est une masterball, une pokéball très rare qui permet de capturer du premier coup n’importe quel pokémon, alors ne l’utilisez que pour Ho-Oh.

-Vous voulez que je le capture ? S’étonna-t-elle. Ca ne fait pas très déontologique…

-C’est le seul moyen de l’étudier. Une fois mes recherches terminées, je le relâcherais.

Mimiko fit la moue, pas très convaincue.

-Voici enfin les adresses des personnes à interroger. La première se trouve à Ecorcia, la deuxième à Irisia et pour finir la dernière se trouve à Ebenelle. Voici des pokéballs pour attraper des pokémons qui pourraient vous être utile pour votre recherche et je vais vous donner mon numéro de téléphone. Ah j’ai déjà trop perdu de temps à discuter inutilement !

*Merci pour l’inutile…* Grommela intérieurement la brune.

Mimiko récupéra le matériel dans son sac à dos et enregistra le numéro du professeur.

-Ne vous en faites pas pour vos papiers d’identités et la pokéball d’Hericendre, je m’en occupe ! Vous pouvez partir ! Lui lança-t-il en continuant ses bagages.

-Mais euh… J’ai une valise et…

-Vous n’avez qu’à la déposer à ma femme ! Répliqua Orme. Elle est dans la maison d’à côté !

Mimiko haussa des épaules en regardant Hericendre, puis sorti de la pièce.

-Ton maître est bizarre Hericendre… Ah non, maintenant c’est moi ton maître… Bah ça ne te change pas grand-chose !

-Heri ! Heri ! Approuva le petit pokémon avant de bailler profondément.

La jeune fille eut un sourire attendri :

-Je suis heureuse de t’avoir avec moi, tu sais !

-Hericendre,  Marmonna-t-il d’un air satisfait, d’une façon qui semblait vouloir dire « Moi aussi ».   

**

-Oh mes pauvres chéris, bien sûr que je vais m’occuper de vos affaires ! Et vous allez aussi dormir ici cette nuit, pas question de partir maintenant ! Mon époux n’a pas toujours la tête sur les épaules !

Mimiko jeta un coup d’œil sur le salon : un garçon d’environ 8 ans jouait à la Wii sans lui porter la moindre attention et un bébé gazouillait dans une chaise haute. Elle suivit alors la jeune femme en portant sa valise jusqu’à l’étage.

Là, la femme lui débarrassa une place dans une espèce de bureau qui devait servir de remise, et sortit d’un placard un gros futon [1] qu’elle déposa à terre.

-Voilà, comme ça tu pourras dormir. Je vais chercher des draps et un oreiller !

Hericendre se laissa tomber sur le futon et après avoir tourné deux fois sur place, il se roula en boule et s’endormit.

-J’aimerais pouvoir m’endormir aussi rapidement !

Un tas de drap atterrit près de lui et la femme du professeur Orme la pria de descendre manger. Son mari venant de partir pour Argenta, ils étaient quatre autour de la table. Elle déposa un petit bol rempli de riz à son invité que son fils ainé regardait à présent avec curiosité.

Mimiko la remercia, se sentant un peu mal à l’aise dans cette ambiance familiale, et prit ses baguettes en bois pour se servir dans une grande assiette d’assortiments de tenpura [2].

-Alors comme ça vous êtes française… Ah je rêverais de pouvoir visiter Paris, ce serait si romantique !

-Euh… Oui si vous voulez…

*C’est sûr que le métro parisien est vachemmennnt romantique…*

-Il y a des pokémons en France ? Demanda le gamin face à elle.

-Oui, comme partout. Moins nombreux cependant. Mais ce n’est pas vraiment comme ici.

-Pourquoi ?

-Il est interdit de les approcher. Ils sont considéré comme dangereux et radioactif…  

-Ca veut dire quoi radioactif ?

-Dangereux pour la santé, mon chéri, répondit sa mère.

-C’est débile, j’ai jamais été malade ! Et il y a des pokémons qu’on ne trouve pas ici ?

-Oui je crois… Mais aussi certains que tu peux croiser tous les jours. J’ai entendu dire à la télé qu’on trouvait des tentacools dans toutes les mers du globe.

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-Ouaah c’est génial ! T’es plus intéressantes que les gamins qui viennent habituellement prendre leur premier pokémon ! J’ai vu que tu avais pris un hericendre, c’est un choix plutôt facile. Moi je prendrais surement un germignon, ils sont plus durs à dresser ! 

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*Premier pokémon…*

-Mais non, je ne suis pas venu choisir un premier pokémon ! Je travaille pour ton père !

-Mais…

-Akira a raison, intervint sa mère, chaque enfant lorsqu’il atteint 10 ans a le droit de venir chercher un pokémon dans le laboratoire certifié de sa région. C’est la fameuse loi de l’égalité des chances.

-Votre mari m’a parlé de cette loi, mais je ne vois pas le rapport, demanda Mimiko, intriguée.

-En réalité avant que cette loi soit promulguée, les enfants riches pouvaient se faire offrir dans des élevages des premiers pokémons très puissant, tandis que les plus pauvres devaient se contenter de ce que leurs parents ou eux arrivaient à attraper. Il n’était pas rare de voir un enfant commencer son voyage avec un fouinette. Evidemment la différence apparaissait lors des tournois officiels. De temps en temps un « roturier » provoquait la surprise, mais très souvent, on trouvait sur les premières marches des fils de riches.

-Oh je vois, d’où l’idée de cette distribution officielle. Ainsi tous les enfants commencent avec les mêmes chances.

-Oui, ce que les gens savent moins en revanche c’est que cette loi a été promulguée en extension à un programme de protection de l’environnement. Tous les pokémons proposés sont des pokémons en voie de disparition dans les régions d’où ils viennent. C’est pour ça qu’ils sont si rares à l’état sauvage. En faisant de l’élevage de ces créatures une institution, on a permis à ces races de continuer à exister.

-Effectivement je ne savais pas que les hericendres étaient en voie de disparition…

-Plus maintenant, bien qu’ils se reproduisent très rarement à l’état sauvage, on obtient de très bons résultats en captivités.

-J’aide souvent les assistants de Papa à s’occuper des œufs et des bébés, affirma Akira.

-Donc pour en revenir à votre héricendre, vu que vous avez apparemment l’intention de vivre ici, on peut donc dire que c’est le premier pokémon que vous auriez dû avoir à 10 ans !

-… Fit Mimiko en se contenta d’humecter le bout de ses baguettes d’un air songeur.  

****

-MAMAN, MAMAN !

Mimiko avait dix ans, elle portait une robe à carreau rose et brandissait un magazine dans ses mains :

-J’ai choisi qui serait mon premier pokémon ! Annonça-t-elle d’un air important.

Sa mère eut un petit rire et posa une main sur sa tête tout en continuant à préparer le repas.

-Ah oui ?

-Oui regarde sur la page, on a le droit à Bulbi…zarre, Carapuce et Salamèche ! C’était dur de choisir celui que j’allais prendre parce qu’ils sont tous mignon, mais je crois que je vais choisir…

174

 

 

Sa mère se baissa vers elle et ferma son magazine. Elle avait l’air grave et un peu exaspérée.

-Ma chérie, ça ne sert à rien de choisir un pokémon puisqu’il n’y en a pas. Les pokémons ça n’existe pas ici.

-Mais… Ça veut dire que j’aurais jamais de pokémon ?

-Eh non ma chérie.

-Mais moi j’en veux un !

-Ne me fais pas de caprice, ça ne sert à rien. Je ne peux pas les inventer s’il n’y en a pas.

Elle se redressa et se remit à surveiller sa soupe.

Mimiko repartit dans sa chambre les larmes aux yeux, horriblement déçue. Et elle qui avait passé tout ce temps à choisir lequel elle prendrait…

****

Tout était calme et paisible en cette matinée, jusqu’çà ce qu’un dodrio décide de pousser son cri strident pour saluer le soleil. Mimiko se réveilla mais refusa d’ouvrir les yeux, se retournant dans le futon en tirant le drap au-dessus de sa tête.

85

-Hum sale bestiole…

Hericendre bailla avant de s’étirer. Puis il regarda sa nouvelle maitresse qui n’était pas du tout du matin.

La porte coulissante s’ouvrit sur un petit garçon aux cheveux châtains habillé d’un pyjama : Akira. Il esquissa un sourire de miaouss (toujours mauvais signe) avant de sauter sur la jeune fille :

(52)

-Allez ! Allez ! Réveille-toi nee-san [3] ! Il faut se lever tôt pour partir en voyage et voir des pokémons !

-Je suis pas ta grande sœur et je me fiche des pokémons… Maugréa la brune en espérant qu’il la laisserait tranquille.

Vain espoir.

Akira lui retira le drap des mains et s’enfuit avec en riant de son forfait.

-Allez ! Maman t’attends en bas !!!

Dix minutes plus tard, elle se traina jusqu’à la cuisine, dormant à moitié debout. Hericendre suivait avec enthousiasme : effectivement une gamelle de nourriture l’y attendait.

Akira le regarda manger avec intérêt tandis que Mimiko se réveillait devant une tasse de thé fumante.

La femme du professeur Orme, apparemment affairée, passa dans la cuisine un instant et lui adressa un sourire.

-Vous avez des nouvelles de votre mari ? Demanda-t-elle par politesse.

-Oui, il est bien arrivé à Argenta. Bien dormi ?

Elle avait passé une bonne nuit mais se souvenait d’avoir fait un rêve, cependant elle était incapable de se souvenir de quoi il en retournait.

-Oui, merci beaucoup madame de m’avoir accueillie.

-Oh ! Ne m’appelle pas madame, appelle moi Sayaka !

Mimiko hocha la tête et la regarda changer de pièce en finissant son thé. Claquant la tasse contre la table, mieux réveillée et de meilleure humeur à l’idée d’avoir trouvé hier des solutions à ses problèmes, elle fixa Hericendre :

-Bien ! Maintenant il nous faut nous préparer à partir en voyage ! Tu te sens d’attaque ?

Le pokémon feu se retourna et frappa une patte contre son torse :

-Hericendre !

Et il s’empressa d’engloutir tout ce qui restait dans son plat.

Après s’être douchée, habillée, Mimiko commença à trier ce dont elle aurait besoin. Elle prenait uniquement son sac à dos alors elle devait ne prendre que l’essentiel : deux tenues de rechanges, un maillot de bain (on ne sait jamais), une trousse de toilette, son argent, les documents du professeur Orme et les pokéballs. Elle gardait un peu de place pour y entreposer de la nourriture. Son pokématos attaché à une des lanières, elle descendit pour découvrir que Sayaka l’attendait.

-Je suis allé dans le grenier pour retrouver des affaires qui m’appartenaient quand j’étais dresseuse, lui apprit-elle en lui montrant d’abord un baluchon rose.

-Qu’est-ce que c’est ?

-Une tente conçue exprès pour les voyages initiatiques. Légère, peu encombrante, elle contient un duvet et se monte toute seule ! Par contre… Le repliage est toujours une corvée…

Lui prenant le sac à dos des mains, elle l’attacha au dos.

-Mais… Vous me la donnez ?

-Je ne m’en servirai plus jamais !

-Et Akira ?

-Qui veut d’une tente ROSE ?! Répondit ce dernier depuis le salon.

Sayaka et Mimiko levèrent les yeux au ciel.

-J’ai aussi retrouvé d’autres petites choses, fit la mère de famille.

Elle tendit à Mimiko une thermos au couleur d’un magicarpe :

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-Une thermos pokémon ! Elle garde le thé chaud pendant toute une journée ! Je t’en ai mis dedans ! Expliqua Sayaka avant de mettre sous les yeux de la jeune fille un sac couvert d’illustration de ptitard.

Elle l’ouvrit et en sortit une petite boite bento avec un petit sachet en toile contenant une boite où était rangé des couverts et des baguettes. Le bento lui aussi était rempli avec du riz, de la saucisse coupé en forme de pieuvre et du reste de tenpura.

-J’ai fait ça ce matin pour que tu ais à manger ce midi.

Mimiko était touchée et ne savait pas où se mettre. Cette femme qu’elle ne connaissait que depuis un jour était affreusement gentille à son égard.

-Je ne peux pas accepter, c’est trop !

-Mais non, ce n’est pas grand-chose ! Ça me fait plaisir ! Je me revois à ton âge, l’esprit rempli de rêves !

Cette phrase rappela cependant à la jeune fille sa situation, comme une douche froide.

*Des rêves, je n’en ai vraiment plus…* Songea Mimiko en reprenant un air neutre et distant.

-Mais ce n’est pas fini, tu auras besoin de ça si tu veux cuisiner dehors !

Sur la table se tenait une petite marmite d’une taille parfaite pour entrer dans un sac. A côté se trouvait un sac de riz présentant un maraiste.

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-L’aliment le plus consistant c’est le riz ! C’est parfait pour redonner des forces, reprit la femme en fourrant le riz, la pochette à bento et la thermos dans la marmite et en calant le tout dans son sac.

*Ca rentre mais ça va peser un âne mort…* Songea brièvement la brune

Il n’y avait plus beaucoup de place.

-Et pour finir, il y a une dernière chose que j’aimerai t’offrir…

Sayaka lui présenta une veste aux manches longues, mais qui s’arrêtait au-dessus du ventre. Mimiko l’enfila par-dessus son débardeur rose et remarqua les deux poches présente de chaque côté. D’une des poches la femme sortit une petite boite blanche, de l’autre une boite rouge.

-L’une contient des pansements et du désinfectant si jamais il t’arrive un accident en route, l’autre contient des baies pour tes pokémons. Je t’ai mis 2 baies Oran, une baie pécha, une baie kika, une baie ceriz et une baie fraive. N’hésite pas à les utiliser.

-C’est vraiment trop… Murmura Mimiko.

Sayaka se contenta de sourire et de passer une main sur sa tête.

-Comme ça tout se passera bien ! Ne sois pas trop sérieuse et prends le temps de t’amuser un peu aussi !

Mimiko se força à esquisser un petit sourire et enfila son sac, grimaçant un peu sous son poids.

-Oh ! J’allais oublier ! Fit Sayaka en tapant dans ses mains et en allant prendre quelque chose sur le buffet :

-Voilà la pokéball d’Hericendre et ta carte de dresseur, ne les perds pas !

La jeune fille prit les deux et les rangea dans son sac.

-Vraiment, merci beaucoup Sayaka.

-De rien. Allez allez il faut partir ! Je ne vous ais que trop retardés tous les deux !  

Elle guida Hericendre et sa maitresse à la porte d’entrée d’où elle les regarda partir en agitant la main, rapidement suivi par Akira qui lui cria :

-FAIS ATTENTION NEE CHAN ! ET ATTRAPPE PLEINS DE POKEMON !!!

Mimiko se retourna une dernière fois puis fixa Hericendre :

-Il était vraiment temps qu’on parte… Un peu plus et…

Elle se tu sous l’air interrogatif du petit pokémon et lui adressa un petit sourire avant de se remettre à marcher sur la route de Ville Griotte.

 

A suivre…

       

[1] Ce n’est pas les techniques de vent pour ceux qui lisent Naruto, ça n’a rien à voir, le futon est un matelas, la base d’un lit japonais, posé à même le sol.

[2] beignets de divers aliments frits. 

[3] Grande sœur.