Le dresseur et son carabaffe se tenait devant la gigantesque arène de Carmin sur Mer installée face à la mer.

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Il baissa la tête et regarda une deuxième fois la pancarte affichée sur la porte :

-Fermé, hein ? Comme c’est étonnant…

***

-2 nuits d’hotel : 120 pokédollars… Ecrivit Mimiko sur un petit carnet.

Une vague se fracassa contre la proue du bateau, l’éclaboussant un peu.

-1 pokématos : 500 pokédollars…

Un couple de voyageur passa derrière elle en discutant gaiement.

-1 téléphone cellulaire : 100 pokédollars…

Un goelise glissa à sa hauteur, se laissant porter par un courant aérien.

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-1 ticket pour Bourg-Géon, 70 pokédollars…

Héricendre, le plus loin possible du bord, regardait avec inquiétude l’océan qui les entourait de chaque côté.

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-Sans compter les dépenses de nourriture pour un humain et un pokémon…

Mimiko, dégoutée, ôta de sa vue le résultat obtenu. Elle et Héricendre poussèrent un long soupir de désespoir en harmonie.

Cela faisait une journée et demi qu’ils voguaient sur ce minable petit bateau de voyageurs. Les cabines des passagers avaient la taille de placard à balai et le sommier du lit était une vraie planche. La jeune fille en gardait encore des courbatures.

C’était cependant le moins cher des bateaux en partance pour la région de Johto où s’était rendu le professeur Orme.

Elle quitta le bord de la rambarde où elle était accoudée et vint s’asseoir sur le banc où se terrait l’apeuré pokémon feu. Devant eux se tenait la mer et les falaises escarpées de l’entre-deux régions. Toutes sortes d’arbres poussaient à cet endroit encore sauvage.

-J’ai déjà dépensé la plus grande partie de mes économies. Si ça continue, je devrais dormir dans la rue !

Une voix venant des hauts parleurs disséminé dans tout le bateau s’éclaircit la gorge, mettant en évidence la mauvaise qualité du son :

« Sur votre droite, mesdames et messieurs, nous passons près de la grotte contenant les très célèbres Chutes Tohjo ! Découverte il y a trois cents ans par un aventurier qui cherchait un moyen de se rentre d’un côté à l’autre de la montagne sans l’escalader ou traverser la mer, elles sont désormais le symbole de la frontière entre le Kanto et le Johto. »

Effectivement un immense panneau « Vous quittez le Kanto, bienvenue à Johto ! » dénaturait le paysage.

La foule des passagers se pressèrent sur le côté droit du bateau pour assister au spectacle tout à fait banal d’une grosse montagne entourée de verdure.

-Qui se soucie des chutes Tohjo… Maugréa Mimiko.

Elle avait presque envie de retourner dans sa cabine claustrophobique pour éviter les « Ha ! », « Ho ! », « Que c’est beau ! », « Chéri prends des photos ! », « Mais on voit rien ? Ya pas de cascades c’est nul ! », « Tais-toi Kenzo ! ».

-Héri… Héri… Gémit Hericendre, vert.

-Si tu as envie de vomir, retiens-toi, j’ai pas envie de nettoyer derrière toi…

**

En fin d’après-midi ils arrivèrent enfin en vue d’un petit hameau d’habitation au bord de la mer. Le quai était minuscule et y’avait pas un chat.

Malgrés tout le bateau s’amarra et les haut-parleurs grésillèrent à nouveau :

« Bourg Geon, la ville des nouveaux départs, 1er arrêt : Bourg Geon ! Arrêt de quinze minutes. Tous les passagers à destination de Bourg Geon sont invité à descendre par la sortie numéro 3 ! Prochains arrêts : Ville Griotte, Oliville et Irisia ! »

Mimiko trimballa sa valise derrière elle alors qu’elle franchissait le pont d’embarcadère, pas mécontente de quitter cet affreux rafiots de touristes. Une fois posé le pied sur le quai, elle ne le regarda même pas partir, captivée qu’elle était par le panneau présentant une carte du coin.

Rien à voir avec Carmin sur Mer, cet endroit était vraiment perdu au milieu de nulle part.

Les quelques maisons, ma foi plutôt jolie, étaient entourées de végétation. Il n’y avait qu’une seule route bétonnée, les autres étaient en terre battue. Une petite épicerie se battait en duel avec une clinique de médecin de campagne et d’immenses éoliennes blanches tournaient paresseusement dans la douce fraicheur annonçant le soir.

-Bienvenue dans la cambrousse… Ironisa Mimiko en regardant Hericendre qui se tenait à ses pieds. Bon il habite où ton maître ?

-Heri ?

Il inclina la tête sur le côté pour le grand désespoir de la brune.

*Arghh, encore l’attaque amnésie !*

Il eut l’air tout embêté.

-Heri…   

-Bah, t’en fait pas, on va demander à quelqu’un. Normalement quand on habite une bourgade pareille, on connait tout le monde !

En prenant la route principale, elle n’eut aucun mal à trouver des habitants car tous étaient de sortie jardin pour arroser leurs plantations. Et évidemment, ils la fixèrent tous curieusement à son passage. Rougissant, elle se décida à approcher une femme aux cheveux châtains remontés par une pince qui taillait les feuilles de ses ortides.

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-Excusez-moi, je cherche la résidence d’un certain professeur Orme.

La femme la fixa puis baissa les yeux sur Hericendre avant de se redresser et de lui adresser un sourire.

-Le professeur habite en marge des habitations. Continue la route principale jusqu’à la dernière maison, puis prend le chemin de terre de droite qui s’enfonce dans les arbres jusqu’à apercevoir une grande bâtisse. Tu ne peux pas la manquer, c’est son laboratoire, expliqua t’elle en mimant les directions de ses mains.

Mimiko hocha la tête et la remercia.

Alors qu’elle suivait le chemin qu’on venait de lui indiquer, elle laissait son regard voler d’un jardin à un autre, observant des bribes de vies telles le grand-père assit sur une chaise longue à l’ombre d’un bouleau ou les enfants en train de s’arroser avec un tuyau, avant d’être grondés par leur mère pour avoir essayé de mouiller le caninos de garde du voisin.

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Cela la fit se demander où elle coucherait cette nuit.

La route de terre la fit s’éloigner de la bourgade et plonger dans les collines alentours, à sa gauche elle longeait une forêt d’épineux où retentissait de temps en temps un « Hoouut houuut ! ».

Vu qu’ils étaient près des montagnes de la chaine argentée, la chaleur de l’été était temporisée par des vents frais et par des nuages. Mimiko trouvait le changement agréable à côté de Carmin. C’était le genre d’endroit où, enfant, on rêverait de passer des vacances d’été à chasser les ptitards et les yanmas.

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Finalement, après avoir libéré sa valise d’un caillou, elle aperçut le laboratoire. C’était effectivement un bâtiment imposant jouxté d’une maisonnette à deux étages.

Hericendre fit alors quelques sauts, l’air content :

-Heri ! Heri !

-Tu reconnais ta maison, c’est bon signe !

Ils suivirent le chemin de terre jusqu’à l’entrée principale et sonnèrent en appuyant sur l’interrupteur.

Une fois, deux fois.

Pas de réponse.

Mimiko ouvrit le portillon devant elle et s’avança jusqu’à la porte d’entrée. Celle-ci n’était pas fermée. L’entrebâillant, elle passa la tête à l’intérieur :

-Youhouuu ya quelqu’un ?

-Heri ?

Devant eux se trouvait un petit hall avec des sièges ouvrant sur un couloir. Il était désert.

Hericendre entra dans la pièce et après avoir observé les lieux, couru dans le couloir.

-Ah… Attends Hericendre ! Fit Mimiko en refermant la porte derrière elle pour suivre le pokémon. Elle ne se sentait pas trop à l’aise car elle avait la nette impression de s’introduire illégalement dans un domicile.

Tout en faisant attention à ne rien toucher, laissant sa valise dans un coin du hall, elle partit à la suite de Hericendre. Le couloir les mena alors dans une grande pièce remplie d’ordinateur et de machines étranges. Bien éclairée par de longues fenêtres courant sur le mur en face, elle contenait aussi une table et un professeur qui courait dans tous les sens en marmonnant, tout en déplaçant des montagnes de feuilles volantes qu’il tentait de faire entrer dans une sacoche.

Il lui faisait penser au lapin toujours en retard d’Alice au pays des merveilles.

Hericendre sauta sur la table près de la sacoche pour attirer l’attention du professeur Orme, mais rien n’à faire, il semblait plongé dans ses préparations.

-Euh professeur ! Tenta Mimiko.

Celui-ci leva un bref instant la tête vers la jeune fille :

-Oh c’est vous ! Fit-il en la reconnaissant. Désolé je n’ai pas le temps, je suis affreusement en retard pour la convention annuelle des professeurs pokémon !

Et il recommença à courir dans tous les sens.

-Mais… Je vous ai ramené votre Hericendre, expliqua t’elle, désappointée.

-Ah bien… Bien… Mon hericendre ? Fit celui-ci en stoppant ses déambulations.

-Celui que vous avez fait tomber de votre sac en essayant d’échapper à la Team Rocket.

Il se pencha sur Héricendre qui l’accueillit en levant les bras et en faisant jaillir du feu de son dos.

-Mais c’est catastrophique ! Fit Orme. Je vois qu’il a appris flammèche ! Après ça, je ne pourrais jamais le donner à un nouveau dresseur…

-Pourquoi cela ?

-La loi de l’égalité des chances, ça vous dit quelque chose ?

-Euh…

-C’est vous qui le lui avait appris ?

-Pas vraiment, répondit la brune.

Orme continua à ausculter le pokémon dans tous les sens, celui-ci, lassé de faire l’objet d’une telle attention, sauta dans les bras dans Mimiko.

-Je vois qu’il vous aime déjà beaucoup. Bien. Bien. Où est sa pokéball ?

-Oups, elle est restée au centre pokémon de Carmin sur Mer ! Réalisa Mimiko.

-Ce n’est pas un problème fit l’homme en se remettant à amasser son matériel. Je vais demander à l’infirmière Joëlle qu’elle me l’envoi au labo.

Mimiko approuva en hochant de la tête, puis elle regarda Hericendre callé contre elle.

-Alors vous allez récupérer Hericendre.

-Non, je ne peux rien en faire. Vous pouvez le garder, asséna t’il en essayant de fermer son sac.

-Hein ?! Mais c’est impossible enfin ! Je n’ai même pas encore mes papiers de résidente ! Et il faut que je trouve un travail pour en avoir ! Je viens juste d’arriver moi !

-AH ! Si c’est juste un travail qu’il vous faut, alors j’en ai un pour vous ! Venez asseyez-vous que je vous explique ! S’anima Orme en la conduisant à deux canapés se faisant face.

Mimiko était circonspecte, mais après tout si le professeur lui trouvait un travail ça lui éviterait bien des peines.

-Je me présente d’abord : Je suis Orme, chercheur pokémon et mon but ultime c’est d’égaler, que dis-je ! Dépasser mon ancien mentor, le professeur Chen ! Ce dernier s’est illustré dans de nombreux domaines dont le rapport entre les humains et les pokémons, j’ai donc axés mes dernières recherches sur le sujet et j’ai obtenus des résultats que je vais m’empresser de dévoiler à mes estimés collègues lors de cette conférence qui a lieu demain à Argenta.

(Mimiko avait juste le temps de hocher la tête ici et là)

-Mais il me manque des recherches essentielles pour que mon article soit parfait, malheureusement un chercheur tel que moi n’a pas le temps de battre la campagne, et a besoin de tous ses assistants, sinon comment marcherait le laboratoire ! Bref ce qu’il me faut, c’est des recherches sur Ho-Oh !

-Oh oh ? Fit Mimiko qui n’avait pas compris.

-Oui ! Ho-Oh ! Le légendaire pokémon oiseau ! Compléta-t-il en désignant une gravure dans un coin du laboratoire montrant un oiseau aux ailes déployées.

-Pourquoi avez-vous besoin de ça ?

-Parce que Ho-Oh est un élément majeur des relations entre humains et pokémons ! Je dois comprendre pourquoi il apparait aux dresseurs et pokémons qui agissent en parfaite harmonie !

-Ha…

-J’ai réunis ici la déposition de trois personnes ayant aperçu le pokémon, j’aimerais que vous alliez les interroger, que vous me rameniez le plus d’information possible et que vous retrouviez Ho-Oh !

-Interroger les gens, OK, mais je n’arrive même pas à retrouver les jumelles de mes chaussettes dans ma propre chambre, comment voulez-vous que je retrouve un pokémon volant que seul trois personnes aient jamais vus !

-Fouillez tout Johto s’il le faut, de long en large en travers, débrouillez-vous, vous avez tout le temps que vous voulez !

-Je serais payé par mois ? S’interrogea Mimiko, intéressée.

-Par résultat.

Voilà qui était moins engageant. Mimiko gonfla des joues devant la tâche ardue qui lui était confié. Il n’aurait pas pût lui demander de lui ramener Mew ? Lui au moins, elle savait un peu où le trouver.

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-Et qu’est-ce que je fais de Ho-Oh quand je l’aurais retrouvé ?

Orme se leva et ramena avec lui une série de feuilles, cinq pokéball et… Une pokéball beaucoup plus grosse qu’il lui remit entre les mains :

-C’est une masterball, une pokéball très rare qui permet de capturer du premier coup n’importe quel pokémon, alors ne l’utilisez que pour Ho-Oh.

-Vous voulez que je le capture ? S’étonna-t-elle. Ca ne fait pas très déontologique…

-C’est le seul moyen de l’étudier. Une fois mes recherches terminées, je le relâcherais.

Mimiko fit la moue, pas très convaincue.

-Voici enfin les adresses des personnes à interroger. La première se trouve à Ecorcia, la deuxième à Irisia et pour finir la dernière se trouve à Ebenelle. Voici des pokéballs pour attraper des pokémons qui pourraient vous être utile pour votre recherche et je vais vous donner mon numéro de téléphone. Ah j’ai déjà trop perdu de temps à discuter inutilement !

*Merci pour l’inutile…* Grommela intérieurement la brune.

Mimiko récupéra le matériel dans son sac à dos et enregistra le numéro du professeur.

-Ne vous en faites pas pour vos papiers d’identités et la pokéball d’Hericendre, je m’en occupe ! Vous pouvez partir ! Lui lança-t-il en continuant ses bagages.

-Mais euh… J’ai une valise et…

-Vous n’avez qu’à la déposer à ma femme ! Répliqua Orme. Elle est dans la maison d’à côté !

Mimiko haussa des épaules en regardant Hericendre, puis sorti de la pièce.

-Ton maître est bizarre Hericendre… Ah non, maintenant c’est moi ton maître… Bah ça ne te change pas grand-chose !

-Heri ! Heri ! Approuva le petit pokémon avant de bailler profondément.

La jeune fille eut un sourire attendri :

-Je suis heureuse de t’avoir avec moi, tu sais !

-Hericendre,  Marmonna-t-il d’un air satisfait, d’une façon qui semblait vouloir dire « Moi aussi ».   

**

-Oh mes pauvres chéris, bien sûr que je vais m’occuper de vos affaires ! Et vous allez aussi dormir ici cette nuit, pas question de partir maintenant ! Mon époux n’a pas toujours la tête sur les épaules !

Mimiko jeta un coup d’œil sur le salon : un garçon d’environ 8 ans jouait à la Wii sans lui porter la moindre attention et un bébé gazouillait dans une chaise haute. Elle suivit alors la jeune femme en portant sa valise jusqu’à l’étage.

Là, la femme lui débarrassa une place dans une espèce de bureau qui devait servir de remise, et sortit d’un placard un gros futon [1] qu’elle déposa à terre.

-Voilà, comme ça tu pourras dormir. Je vais chercher des draps et un oreiller !

Hericendre se laissa tomber sur le futon et après avoir tourné deux fois sur place, il se roula en boule et s’endormit.

-J’aimerais pouvoir m’endormir aussi rapidement !

Un tas de drap atterrit près de lui et la femme du professeur Orme la pria de descendre manger. Son mari venant de partir pour Argenta, ils étaient quatre autour de la table. Elle déposa un petit bol rempli de riz à son invité que son fils ainé regardait à présent avec curiosité.

Mimiko la remercia, se sentant un peu mal à l’aise dans cette ambiance familiale, et prit ses baguettes en bois pour se servir dans une grande assiette d’assortiments de tenpura [2].

-Alors comme ça vous êtes française… Ah je rêverais de pouvoir visiter Paris, ce serait si romantique !

-Euh… Oui si vous voulez…

*C’est sûr que le métro parisien est vachemmennnt romantique…*

-Il y a des pokémons en France ? Demanda le gamin face à elle.

-Oui, comme partout. Moins nombreux cependant. Mais ce n’est pas vraiment comme ici.

-Pourquoi ?

-Il est interdit de les approcher. Ils sont considéré comme dangereux et radioactif…  

-Ca veut dire quoi radioactif ?

-Dangereux pour la santé, mon chéri, répondit sa mère.

-C’est débile, j’ai jamais été malade ! Et il y a des pokémons qu’on ne trouve pas ici ?

-Oui je crois… Mais aussi certains que tu peux croiser tous les jours. J’ai entendu dire à la télé qu’on trouvait des tentacools dans toutes les mers du globe.

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-Ouaah c’est génial ! T’es plus intéressantes que les gamins qui viennent habituellement prendre leur premier pokémon ! J’ai vu que tu avais pris un hericendre, c’est un choix plutôt facile. Moi je prendrais surement un germignon, ils sont plus durs à dresser ! 

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*Premier pokémon…*

-Mais non, je ne suis pas venu choisir un premier pokémon ! Je travaille pour ton père !

-Mais…

-Akira a raison, intervint sa mère, chaque enfant lorsqu’il atteint 10 ans a le droit de venir chercher un pokémon dans le laboratoire certifié de sa région. C’est la fameuse loi de l’égalité des chances.

-Votre mari m’a parlé de cette loi, mais je ne vois pas le rapport, demanda Mimiko, intriguée.

-En réalité avant que cette loi soit promulguée, les enfants riches pouvaient se faire offrir dans des élevages des premiers pokémons très puissant, tandis que les plus pauvres devaient se contenter de ce que leurs parents ou eux arrivaient à attraper. Il n’était pas rare de voir un enfant commencer son voyage avec un fouinette. Evidemment la différence apparaissait lors des tournois officiels. De temps en temps un « roturier » provoquait la surprise, mais très souvent, on trouvait sur les premières marches des fils de riches.

-Oh je vois, d’où l’idée de cette distribution officielle. Ainsi tous les enfants commencent avec les mêmes chances.

-Oui, ce que les gens savent moins en revanche c’est que cette loi a été promulguée en extension à un programme de protection de l’environnement. Tous les pokémons proposés sont des pokémons en voie de disparition dans les régions d’où ils viennent. C’est pour ça qu’ils sont si rares à l’état sauvage. En faisant de l’élevage de ces créatures une institution, on a permis à ces races de continuer à exister.

-Effectivement je ne savais pas que les hericendres étaient en voie de disparition…

-Plus maintenant, bien qu’ils se reproduisent très rarement à l’état sauvage, on obtient de très bons résultats en captivités.

-J’aide souvent les assistants de Papa à s’occuper des œufs et des bébés, affirma Akira.

-Donc pour en revenir à votre héricendre, vu que vous avez apparemment l’intention de vivre ici, on peut donc dire que c’est le premier pokémon que vous auriez dû avoir à 10 ans !

-… Fit Mimiko en se contenta d’humecter le bout de ses baguettes d’un air songeur.  

****

-MAMAN, MAMAN !

Mimiko avait dix ans, elle portait une robe à carreau rose et brandissait un magazine dans ses mains :

-J’ai choisi qui serait mon premier pokémon ! Annonça-t-elle d’un air important.

Sa mère eut un petit rire et posa une main sur sa tête tout en continuant à préparer le repas.

-Ah oui ?

-Oui regarde sur la page, on a le droit à Bulbi…zarre, Carapuce et Salamèche ! C’était dur de choisir celui que j’allais prendre parce qu’ils sont tous mignon, mais je crois que je vais choisir…

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Sa mère se baissa vers elle et ferma son magazine. Elle avait l’air grave et un peu exaspérée.

-Ma chérie, ça ne sert à rien de choisir un pokémon puisqu’il n’y en a pas. Les pokémons ça n’existe pas ici.

-Mais… Ça veut dire que j’aurais jamais de pokémon ?

-Eh non ma chérie.

-Mais moi j’en veux un !

-Ne me fais pas de caprice, ça ne sert à rien. Je ne peux pas les inventer s’il n’y en a pas.

Elle se redressa et se remit à surveiller sa soupe.

Mimiko repartit dans sa chambre les larmes aux yeux, horriblement déçue. Et elle qui avait passé tout ce temps à choisir lequel elle prendrait…

****

Tout était calme et paisible en cette matinée, jusqu’çà ce qu’un dodrio décide de pousser son cri strident pour saluer le soleil. Mimiko se réveilla mais refusa d’ouvrir les yeux, se retournant dans le futon en tirant le drap au-dessus de sa tête.

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-Hum sale bestiole…

Hericendre bailla avant de s’étirer. Puis il regarda sa nouvelle maitresse qui n’était pas du tout du matin.

La porte coulissante s’ouvrit sur un petit garçon aux cheveux châtains habillé d’un pyjama : Akira. Il esquissa un sourire de miaouss (toujours mauvais signe) avant de sauter sur la jeune fille :

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-Allez ! Allez ! Réveille-toi nee-san [3] ! Il faut se lever tôt pour partir en voyage et voir des pokémons !

-Je suis pas ta grande sœur et je me fiche des pokémons… Maugréa la brune en espérant qu’il la laisserait tranquille.

Vain espoir.

Akira lui retira le drap des mains et s’enfuit avec en riant de son forfait.

-Allez ! Maman t’attends en bas !!!

Dix minutes plus tard, elle se traina jusqu’à la cuisine, dormant à moitié debout. Hericendre suivait avec enthousiasme : effectivement une gamelle de nourriture l’y attendait.

Akira le regarda manger avec intérêt tandis que Mimiko se réveillait devant une tasse de thé fumante.

La femme du professeur Orme, apparemment affairée, passa dans la cuisine un instant et lui adressa un sourire.

-Vous avez des nouvelles de votre mari ? Demanda-t-elle par politesse.

-Oui, il est bien arrivé à Argenta. Bien dormi ?

Elle avait passé une bonne nuit mais se souvenait d’avoir fait un rêve, cependant elle était incapable de se souvenir de quoi il en retournait.

-Oui, merci beaucoup madame de m’avoir accueillie.

-Oh ! Ne m’appelle pas madame, appelle moi Sayaka !

Mimiko hocha la tête et la regarda changer de pièce en finissant son thé. Claquant la tasse contre la table, mieux réveillée et de meilleure humeur à l’idée d’avoir trouvé hier des solutions à ses problèmes, elle fixa Hericendre :

-Bien ! Maintenant il nous faut nous préparer à partir en voyage ! Tu te sens d’attaque ?

Le pokémon feu se retourna et frappa une patte contre son torse :

-Hericendre !

Et il s’empressa d’engloutir tout ce qui restait dans son plat.

Après s’être douchée, habillée, Mimiko commença à trier ce dont elle aurait besoin. Elle prenait uniquement son sac à dos alors elle devait ne prendre que l’essentiel : deux tenues de rechanges, un maillot de bain (on ne sait jamais), une trousse de toilette, son argent, les documents du professeur Orme et les pokéballs. Elle gardait un peu de place pour y entreposer de la nourriture. Son pokématos attaché à une des lanières, elle descendit pour découvrir que Sayaka l’attendait.

-Je suis allé dans le grenier pour retrouver des affaires qui m’appartenaient quand j’étais dresseuse, lui apprit-elle en lui montrant d’abord un baluchon rose.

-Qu’est-ce que c’est ?

-Une tente conçue exprès pour les voyages initiatiques. Légère, peu encombrante, elle contient un duvet et se monte toute seule ! Par contre… Le repliage est toujours une corvée…

Lui prenant le sac à dos des mains, elle l’attacha au dos.

-Mais… Vous me la donnez ?

-Je ne m’en servirai plus jamais !

-Et Akira ?

-Qui veut d’une tente ROSE ?! Répondit ce dernier depuis le salon.

Sayaka et Mimiko levèrent les yeux au ciel.

-J’ai aussi retrouvé d’autres petites choses, fit la mère de famille.

Elle tendit à Mimiko une thermos au couleur d’un magicarpe :

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-Une thermos pokémon ! Elle garde le thé chaud pendant toute une journée ! Je t’en ai mis dedans ! Expliqua Sayaka avant de mettre sous les yeux de la jeune fille un sac couvert d’illustration de ptitard.

Elle l’ouvrit et en sortit une petite boite bento avec un petit sachet en toile contenant une boite où était rangé des couverts et des baguettes. Le bento lui aussi était rempli avec du riz, de la saucisse coupé en forme de pieuvre et du reste de tenpura.

-J’ai fait ça ce matin pour que tu ais à manger ce midi.

Mimiko était touchée et ne savait pas où se mettre. Cette femme qu’elle ne connaissait que depuis un jour était affreusement gentille à son égard.

-Je ne peux pas accepter, c’est trop !

-Mais non, ce n’est pas grand-chose ! Ça me fait plaisir ! Je me revois à ton âge, l’esprit rempli de rêves !

Cette phrase rappela cependant à la jeune fille sa situation, comme une douche froide.

*Des rêves, je n’en ai vraiment plus…* Songea Mimiko en reprenant un air neutre et distant.

-Mais ce n’est pas fini, tu auras besoin de ça si tu veux cuisiner dehors !

Sur la table se tenait une petite marmite d’une taille parfaite pour entrer dans un sac. A côté se trouvait un sac de riz présentant un maraiste.

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-L’aliment le plus consistant c’est le riz ! C’est parfait pour redonner des forces, reprit la femme en fourrant le riz, la pochette à bento et la thermos dans la marmite et en calant le tout dans son sac.

*Ca rentre mais ça va peser un âne mort…* Songea brièvement la brune

Il n’y avait plus beaucoup de place.

-Et pour finir, il y a une dernière chose que j’aimerai t’offrir…

Sayaka lui présenta une veste aux manches longues, mais qui s’arrêtait au-dessus du ventre. Mimiko l’enfila par-dessus son débardeur rose et remarqua les deux poches présente de chaque côté. D’une des poches la femme sortit une petite boite blanche, de l’autre une boite rouge.

-L’une contient des pansements et du désinfectant si jamais il t’arrive un accident en route, l’autre contient des baies pour tes pokémons. Je t’ai mis 2 baies Oran, une baie pécha, une baie kika, une baie ceriz et une baie fraive. N’hésite pas à les utiliser.

-C’est vraiment trop… Murmura Mimiko.

Sayaka se contenta de sourire et de passer une main sur sa tête.

-Comme ça tout se passera bien ! Ne sois pas trop sérieuse et prends le temps de t’amuser un peu aussi !

Mimiko se força à esquisser un petit sourire et enfila son sac, grimaçant un peu sous son poids.

-Oh ! J’allais oublier ! Fit Sayaka en tapant dans ses mains et en allant prendre quelque chose sur le buffet :

-Voilà la pokéball d’Hericendre et ta carte de dresseur, ne les perds pas !

La jeune fille prit les deux et les rangea dans son sac.

-Vraiment, merci beaucoup Sayaka.

-De rien. Allez allez il faut partir ! Je ne vous ais que trop retardés tous les deux !  

Elle guida Hericendre et sa maitresse à la porte d’entrée d’où elle les regarda partir en agitant la main, rapidement suivi par Akira qui lui cria :

-FAIS ATTENTION NEE CHAN ! ET ATTRAPPE PLEINS DE POKEMON !!!

Mimiko se retourna une dernière fois puis fixa Hericendre :

-Il était vraiment temps qu’on parte… Un peu plus et…

Elle se tu sous l’air interrogatif du petit pokémon et lui adressa un petit sourire avant de se remettre à marcher sur la route de Ville Griotte.

 

A suivre…

       

[1] Ce n’est pas les techniques de vent pour ceux qui lisent Naruto, ça n’a rien à voir, le futon est un matelas, la base d’un lit japonais, posé à même le sol.

[2] beignets de divers aliments frits. 

[3] Grande sœur.