-QUOI ??? QUOIII ? QUOOOOAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ?!?!?!?

-Arrête Windy, ça sert à rien de se mettre dans un état pareil, on dirait que tu essaie d’imiter un cornèbre malade !

(198)

 

 

Effectivement, la roucool, en se roulant par terre en poussant de hauts cris donnait totalement cette impression.

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-Mais… Mais…. Comment as-tu osé évoluer AVANT MOI !!!! Piailla-t-elle dans les aigües.

Hien roula des yeux et poussa un petit soupir.

-Ce genre de choses ne se contrôle pas, expliqua patiemment Maximus avant d’avaler une nouvelle pelleté de cailloux.

-J’ten foutrais des « contrôle pas » ! C’est MOI ! C’est MOI QUI AURAIT DU EVOLUER LA PREMIERE !  C’EST MOI QUI ADORE LES COMBATS !!! D’ailleurs tu la sors d’où ton expérience ?

Le feurisson regarda sur le côté :

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-Euh… Laisse-moi réfléchir… Les chetiflors… Le champion de Mauville !

(69)

-RAAAH pourquoi Mimiko ne m’a pas utilisée pour le combat dans l’arène !!!

-Pardon, s’excusa Maximus qui avait pris sa place ce jour-là.

Mais bon, c’était pas comme si elle pouvait se défouler sur lui. Non content d’être la sagesse personnifiée de l’équipe, c’était un pokémon de roche. Elle faisait autant le poids face à lui qu’une banane face à un férosinge. 

(56)

Du coup elle ne pouvait reporter sa colère que vers une personne.

-Je ne pardonnerais jamais ce coup à Mimiko !!!! C’était MOI qui aurait dû évoluer la première et pas ce gamin !!!

-Est-ce que tu vas arrêter de te donner en spectacle ? C’est gênant… maugréa Hien en jetant un coup d’œil aux pokémons sauvages qui s’étaient approchés par curiosité et qui les observaient depuis des buissons ou des branches d’arbres.

C’était la matinée et les pokémons se trouvaient près du bâtiment de recherche archéologique des Ruines Alpha pendant que leur maitresse organisait leur journée avec les autres humains.

Et comme vous l’avez sans doute compris, Windy avait eu un choc en revenant de sa balade nocturne, découvrant que Hien était devenu un feurisson.

Cessant de gémir dans la poussière, elle se releva sur ses pattes et s’ébroua, faisant gonfler ses plumes, en perdant quelques une au passage, et fixa d’un mauvais œil la baie vitrée où elle voyait sa dresseuse caresser la tête d’un caninos.

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-Et lui c’est qui ? Son nouveau chouchou ?

-C’est Bêta… Il est un peu… Enfin c’est pas un bavard et un futé, mais il est gentil, expliqua Hien. D’après ce que j’ai compris, il était un des compagnons du géniteur humain de Mimiko.

-Et il a l’intention de squatter avec nous ?

-J’en sais rien…

-Si c’est le cas nous devons l’accueillir avec sympathie, remarqua Maximus. Ce n’est jamais facile d’intégrer un nouveau clan… Et encore plus si l’on est de nature innocente.

-Ouais, on en sait des choses, maugréa Hien en jetant un coup d’oeil en travers à Windy.

-Quoi ?! S’exclama celle-ci d’un air indigné.

-Une certaine Chetiflor…

La roucool se contenta de gratter le sol d’une de ses pattes pour toute réponse.

Mimiko sortit à ce moment-là accompagné du pokemon chien qui trottinait gaiement à côté d’elle.

-Pouah ! Fit Windy devant ce spectacle avant de s’envoler rejoindre une branche d’arbre pour bouder consciencieusement.

-Est-ce que vous êtes prêts ? Nous allons entrer dans les ruines, annonça Mimiko en s’agenouillant près de Hien pour lui gratter derrière l’oreille.

Le petit furet se laissa faire avec bonheur et appuya contre sa main pour augmenter la pressions des grattouilles.

-Awouuu ? Fit le caninos en inclinant la tête.

Elle se mit à le caresser à son  tour. Heureusement qu’elle n’avait que deux « peluches » à bord car elle n’avait que deux mains !

Comme le professeur Yorimora, le spécialiste des runes antiques, arrivait à son tour, elle rappela tous ses pokémons dans leur pokéball, excepté Bêta qui n’était pas vraiment à elle. Le cœur battant, elle le suivit le long des chemins, jusqu’à une partie interdite au public.

Comme elle n’avait pas besoin d’être aménagée, la zone était plus sauvage, les pierres envahies de mousses et de hautes herbes se trouvaient de chaque côté du petit chemin aménagé pour les recherches. A leur arrivée devant l’un des bâtiments, un groupe de fouinette s’enfuit vers les arbres, poursuivi aussitôt par Bêta qui ne pût se retenir. Mimiko dût le rappeler en essayant de se faire entendre au-dessus de ses aboiements.

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-Il lui faudrait une laisse, grommela-t-elle au professeur Yorimora qui ouvrait la porte en pierre du bâtiment afin qu’ils puissent s’y faufiler.

-On a déjà essayé, il y a mis feu au bout d’un quart d’heure.

-Oh…

Il entra le premier et elle le suivit avec Bêta, plus timidement. La salle était identique à celle qu’elle avait visité hier à l’exception des lampes électriques installée par les chercheurs et de la mosaïque qui se trouvait devant un trou où était apposée une échelle.

En s’approchant de la fresque, elle reconnut un ptera, un pokémon qui avait vécu à la préhistoire et dont il ne restait que des squelettes dans les musées. Bien heureusement d’ailleurs, car c’était tout à fait le genre de bestioles qu’on ne voulait pas rencontrer avec son immense mâchoire hérissée de dents.

(142)

-Je vais descendre en premier, annonça le scientifique, puis vous me ferez passer Bêta. Attention, il est un peu lourd.

Il descendit l’échelle, le trou ne menait heureusement qu’à un étage en dessous. Ceinturant le caninos sous ses pattes avant, Mimiko le souleva avec difficulté pour le faire passer à travers le puits.  En réponse elle entendit le professeur pester car tout fin qu’il était, il n’était pas plus athlétique.

Prenant à son tour l’échelle, la jeune fille se laissa tomber à terre, découvrant une longue galerie souterraine en  pierre. Tout le long du mur se trouvait une fresque de l’étrange écriture qu’étudiait le professeur et au centre du couloir, alignées, se tenaient des statues d’un pokémon qui lui était inconnu. Espèce de mélange entre un Nidoking et un Rhinoferos.

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-On risque de rencontrer des pokémons ? S’inquiéta-t-elle un peu.

-Oh non, la plupart des pokémons fuient cet endroit comme la peste. Bêta est un peu une exception.

-Pourquoi ? Il y a quelque chose qui leur déplait ?

-Oui, un son. Nos oreilles humaines ne l’entendent pas, mais il est possible de le capter grâce à une radio par exemple. A ce jour, nous ne savons toujours pas ce qui le produit. Mais je pense que c’est ce que le scientifique que vous recherchez étudiait.

Ils avancèrent alors le long du couloir, Bêta ouvrant la marche d’un pas tranquille, reniflant de temps en temps le sol ou les murs. 

Il régnait un silence un peu étouffant, uniquement coupé par le bruit de leurs pas et celui des gouttes d’eaux qui tombaient au sol et qui résonnaient un peu lugubrement.

-On dirait qu’il n’y a rien du tout ici, marmonna Mimiko pour se rassurer. Je ne vois vraiment pas pourquoi pleins de scientifiques viennent dans ces ruines…

-C’est qu’on n’a pas encore trouvé ce que l’on cherche. Ces ruines recèlent énormément de secrets vous savez. Je vous ai parlé des sons, mais il y a aussi de nombreuses questions sur la civilisation qui a bâtie ces ruines. Par exemple les mosaïques : ils avaient une connaissance des pokémons préhistoriques alors qu’il a été établi qu’ils avaient disparut il y a des millénaires, à une époque où l’espèce humaine n’existait pas. D’ailleurs notre connaissance de leurs apparences nous vient de mosaïques de ce genre car même si les fossiles sont riches en enseignements, ils ne nous disent pas à quoi ressemblaient vraiment le pokémon avec ses muscles ou sa peau.

-Mais peut-être se trompent-ils justement ?

-C’est là où ça devient étrange, ils auraient pût effectivement l’inventer, mais comment expliquez-vous que l’on retrouve exactement la même apparence pour ces pokémons dans d’autres ruines présentes dans des régions éloignées ? De plus, avec les nouvelles technologies, le laboratoire d’Argenta, affilié au muséum préhistorique, valide ces mosaïques.

-Oui, j’avoue que c’est curieux…

-Mais il y a encore plus étrange : regardez ces symboles que j’étudie. Ils sont à l’origine de notre écriture, bien qu’ensuite nous ayons aussi adoptés les idéogrammes chinois. On retrouve ces runes dans plusieurs ruines de Johto et de Sinnoh. On en aurait aussi certainement retrouvé dans le Kanto si les entrepreneurs n’avaient pas tout fait détruire… Enfin bref. La légende veut que ce soit les pokémons qui auraient donné l’écriture aux humains et donc les clefs du langage. Toujours selon la légende, ils l’auraient donné afin de pouvoir se comprendre et effectivement, les hommes et les pokémons parlaient alors le même langage.

-Vous voulez dire qu’on pouvait comprendre des pokémons comme nous discutons en ce moment ? 

-Oui. Enfin, c’est une légende. Mais je pense qu’elle a un fond de vérité car la suite dit, en résumé, que les humains, qui sont plus vils et possèdent moins de sagesse que les pokémons, se sont mal conduits, ont utilisés les mots pour tromper leurs congénères et les pokémons, et pour obtenir leurs secrets. C’est pour ça que les pokémons qui avaient donné le langage se sont mis en colère et ont mélangés toutes les lettres. Depuis ce jour les humains ne comprennent plus les pokémons, mais les pokémons, eux, comprennent toujours les humains.

-C’est vrai que je n’y avais jamais pensé… Mais Hien a toujours semblé comprendre ce que je disais… Je croyais que c’était un peu comme les animaux de compagnie, qu’il ressentait juste les émotions et les intonations…

-Allez savoir. Des tests sont toujours en cours. Mais c’est une légende, peut être que les pokémons ne nous comprennent pas du tout…

-Et on sait qui sont ces pokémons qui ont donnés le langage ?

-Non. La légende ne nous le dit pas. Néanmoins, pour revenir à nos ruines, et pour enchainer sur les lettres mélangées, ce qu’il y a d’étrange, c’est que nous avons photographiés, dessinés et reproduit les fresques de ces murs un nombre incroyable de fois et à chaque fois… Les lettres sont différentes.

-Quoi ? Comment ça les lettres sont différentes ?

-Eh bien sur le même mur, ce ne seront pas les mêmes lettres à chaque fois. Comme si elles se mélangeaient pendant la nuit !

-… Vous savez… Là c’est pas « étrange », c’est carrément flippant ce que vous me dites…

Le professeur émit un petit rire alors que Mimiko se sentait de moins en moins à l’aise.

-Bon OK, je comprends pourquoi les gens viennent ici… Y’a-t-il encore des trucs à me dire au sujet de cet endroit hanté ?

-Une dernière légende oui. On raconte qu’il y aurait un passage quelque part qui mènerait aux légendaires ruines Sinjoh. On les appelle comme ça car on raconte qu’elles sont situées quelque part entre Sinnoh et Johto.

-Et qu’est ce qu’elles ont de légendaires ces ruines ?

-On raconte que c’est là que cette antique civilisation vénérait ses Dieux. Sinnoh est très connu pour ça par ailleurs. Les Colonnes Lances permettaient d’invoquer les Dieux et les ruines Sinjoh, étaient, selon la légende, l’endroit où naissaient les Dieux.

-Hum… Je me demande si du coup, ces ruines n’attirent pas tous les chasseurs de trésor et les collectionneurs de pokémons rares…Songea Mimiko en se disant qu’elle n’était guère différente vu qu’elle « chassait » plus ou moins le « rare Ho-oh des montagnes tellement rare que seuls trois ploucs l’ont vu et qu’Orme se met vraiment le doigt dans l’œil s’il pense qu’ELLE arrivera à le dénicher de son perchoir alors qu’elle arrive à peine à se faire obéir de son roucool ».

-Si, bien sur. De tout temps on a à faire à ce genre d’olibrius mais je me rassure en me disant qu’il n’y a pas de raisons pour qu’un pokémon tellement puissant au point qu’on le considère comme un Dieu obéisse à ce genre de type. Quand bien même ils arriveraient à le faire rentrer dans une pokéball.

-Oui, vous avez sans doute…

Mimiko ne termina pas sa phrase car à l’endroit où elle posa le pied droit, le sol se mit à s’effriter, pas comme s’il s’effondrait, mais vraiment comme s’il disparaissait pigment par pigment ou pixel par pixel. Bêta se mit à aboyer et elle entendit comme le bruit d’un carillon. Mais tout cela se passa en un fragment de minute et avant qu’elle ait pût réaliser quoique ce soit, elle tombait dans l’obscurité sous le cri du professeur.

**

En haut, de l’autre côté du trou qui était apparu, Bêta tourna deux fois sur lui-même, indécis, puis sauta à son tour à la suite de la jeune fille.

**

-Ohlala… Aïeuuuuh… Gémit Mimiko en essayant de se relever.

Elle ne savait pas où elle avait le plus mal : Aux fesses, aux jambes, au dos ou aux bras, mais le choc avait été sacrement rude. Elle devait être tombée plus bas que d’un étage.

Levant la tête, elle n’arrivait cependant pas à voir les lumières des lampes installées dans le couloir où elle se trouvait auparavant. Autour d’elle, il n’y avait que les ténèbres.

Elle serra les dents en découvrant qu’elle s’était certainement foulé la cheville. Les larmes aux yeux, elle était à deux doigts de paniquer lorsqu’un sifflement se fit entendre suivi d’un gros « POUF ». 

Quelque chose venait de tomber à côté d’elle.

Elle entendit alors des petits grommellements, suivit par le bruit de griffes sur le sol et chercha le bras tremblant ses pokéballs, quasi tétanisée par la peur.

Elle était tellement à cran que lorsque Bêta aboya de joie, elle se mit à crier en lui balançant son sac à la figure. Elle se rendit compte de son erreur aussitôt alors que le pokémon chien qui croyait que c’était un nouveau jeu, s’empara de son sac pour le mordiller.

-Bêta c’est toi ?

-WOUAF 

La jeune fille chercha à tâtons la fourrure du caninos et s’y accrocha fermement, le ramenant vers elle pour sentir sa chaude présence.

-Qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? 

Le plus raisonnable serait d’attendre les secours que le professeur Yorimora était surement parti cherché, mais il était étrange tout de même qu’elle ne voit pas la lumière de là où elle était tombé.

Pour commencer, il lui fallait du feu pour voir où ils se trouvaient.

-Bêta, s’il te plait, tu peux utiliser flammèche ?

Entendant le son familier de l’attaque, le chien sauta des bras de Mimiko et lui tourna le dos pour cracher une flamme qui illumina un long couloir et alluma au passage deux torches qui y étaient accrochées.

La brune n’eut pas l’occasion de se réjouir car la lumière venait de faire fuir brusquement, dans un horrible cliquetis, plus d’une centaine de mimigals qui se replièrent vers les ténèbres.

167

C’est le teint pâle et en riant jaune qu’elle accueillit le fait que depuis tout à l’heure elle était entourée d’araignées.

Elle était en train de se dire que finalement elle allait attendre les secours quand, levant la tête vers le trou d’où elle venait, elle ne trouva que les pierres qui formaient le plafond du couloir.

-Mais… Mais…

Baissant la tête, elle ne comprenait pas ce qui se passait :

-Je suis en train de faire un cauchemar, c’est sur maintenant… 

Bêta inclina la tête avec un gémissement, puis se mit à renifler autour de lui.   

-…Je suis tombée, c’est pas normal qu’il y ait pas de trou…

Le caninos s’arrêta soudain, releva le museau et le replongea sur le mur, avant de bondir vers Mimiko en remuant la queue, s’emparant d’un bout de ses vêtements pour la pousser à se lever et à le suivre.

-… Bêta laisse-moi, je suis dans un rêve, je vais me réveiller !!!

Il continua à la tirer, espérant la faire sortir de sa torpeur. Puis comprenant que pour une raison qui lui échappait elle n’avait pas l’intention de bouger, il planta légèrement ses crocs dans la chair de son avant-bras.

Mimiko piailla de douleur en secouant le bras pour le faire lâcher et, une fois qu’il se fut éloigné, souffla sur sa blessure les larmes aux yeux.

-Pourquoi tu m’as mordu ?!?! S’exclama-t-elle alors qu’il revenait en gémissant, l’air piteux et les oreilles baissées.

Puis alors elle réalisa.

La douleur qu’elle ressentait dans tout son corps aurait dû lui faire se rendre compte plus tôt que tout cela n’était pas un rêve, même si son esprit ne tenait pas à l’accepter.

Avec difficulté elle se releva, essayant de s’appuyer le moins possible sur sa jambe droite. Pour une raison inconnue, le passage qu’elle avait « emprunté » pour arriver ici avait disparu et il ne lui restait plus comme choix que de suivre ce couloir en avant ou en arrière.

Le souvenir des mimigals grouillant sur les murs lui hérissait encore les poils du corps…

Alors, avant de suivre Bêta qui partait joyeusement explorer les lieux face à elle, la jeune femme s’empara d’une de ses pokéball et appela Hien pour l’encourager.

Le faisceau rouge qui en sortit bondit sur le sol, esquissa la silhouette du feurisson avant que celui-ci émette un petit cri et retourne immédiatement dans son emplacement.

Mimiko regarda sa pokéball étonnée : pourquoi Hien avait-il refusé de sortir ?

-Oh quelle idiote… Se maudit-elle en la rangeant, se rappelant soudain de ce que lui avaient dit les scientifiques.

La plupart des pokémons évitaient ces ruines et son père avait justement trouvé un caninos qui n’y était pas sensible pour les visiter… Cela voulait dire qu’elle ne pouvait compter que sur Bêta.  

Son regard tombant sur le chien qui sautillait d’un mur à l’autre, elle pensa pendant un bref moment qu’elle était mal barrée. Puis l’instinct de survie prenant le dessus, elle retira une des torches qui se trouvait au mur et s’avança à sa suite, prête à brûler la première araignée qui ferait mine de l’approcher.

Ils marchèrent pendant longtemps, suivant un couloir qui semblait ne pas vouloir se terminer et dont les décorations ne changeaient guère : c’était toujours des lignes de cette écriture quasiment incompréhensible. De son flambeau, elle éclairait ces gravures dont certaines parties étaient encore recouvertes d’une couche de peinture délavée et faisait se consumer les réseaux de toiles que les mimigals avaient tissées dans toute la galerie.

Cela faisait longtemps qu’un être humain n’était pas venu ici, pourtant Bêta semblait suivre une piste et Mimiko se mit à espérer qu’il pourrait s’agir de celle de l’équipe scientifique qu’elle recherchait.

Le seul bruit qu’elle entendait était celui de ses propres pas et des griffes du caninos raclant les dalles, pourtant, au bout d’un moment, elle eut la nette impression d’être observée. Des frissons s’emparait du haut de son dos comme si quelqu’un se trouvait derrière elle, mais à chaque fois qu’elle tournait la tête il n’y avait qu’un tronçon de couloir vide suivit des ténèbres.

-Je n’aime pas ça, je n’aime pas ça du tout, gémit-elle en serrant dans l’une de ses mains la pokéball de Hien comme si le courage du pokémon pouvait se diffuser en elle par ce contact.

Pourtant Bêta n’était pas inquiété du tout, lui, mais comme il était simplet, il ne se rendait peut être pas compte de ce qui se passait. La brune se demanda si c’était parce qu’il était différent à ce sujet qu’il pouvait entrer dans les ruines sans être gêné par les fameuses stridulations inaudible aux humains. Peut-être ne les entendait-il pas non plus ?  

A cette pensée, son inquiétude redoubla : Et s’ils rencontraient la « chose » qui émettait ces bruits ? Et si c’était un truc vraiment effrayant qui rampait dans les couloirs à la recherche de proie à se mettre sous la dent ? Un pokémon préhistorique comme un horrible Ptera mélangé à une larve gigantesque ?

Pourquoi le professeur Yorimora lui avait raconté toutes ces histoires !?!? A cause de ça le moindre bruit ou sensation la figeait d’horreur !

*La chose que je sens derrière moi ne va pas venir jusqu’ici la chose que je sens derrière moi ne va pas venir jusqu’ici la chose que je sens derrière moi ne va pas…* Se mit-elle à se répéter dans sa tête comme un mantra tout en continuant à marcher et en s’interdisant de regarder derrière elle.

Pitié que quelqu’un la sorte de là !

**

-Vous êtes sûr qu’elle a disparu ici ? S’enquit le professeur Chen en tâtant le sol que lui désignait Yorimora.

-Mais oui, un instant elle était là, puis c’est comme si le sol s’était désagrégé sous ses pieds. Bêta a eu le temps de sauter derrière elle et puis le trou s’est… Il ne s’est pas rebouché sous mes yeux, il a complétement disparut et tout était comme avant. Sauf que la jeune femme et Bêta avaient disparu !

Deux archéologues à côté passaient les murs en revue, mais ils se retournèrent vite vers le professeur Chen qui s’était relevé :

-On a déjà étudié toute cette partie, s’il y avait un passage secret, on le saurait ! 

Le vieil homme fronça alors les sourcils et se retourna vers les entrailles des ruines Alpha :

-Des recherches gouvernementales secrètes, des scientifiques qui disparaissent et maintenant une fille qui est forcément liée à l’un d’entre eux. Tout cela est trop gros pour être ignoré, murmura-t-il pour lui-même. Il y a FORCEMENT quelque chose dans ces ruines et j’ai l’impression que tout avait été planifié.

Il se tourna vers les scientifiques présents :

-Peu importe il nous faut fouiller ces ruines de fond en comble pour retrouver cette jeune femme, de préférence avant que la nuit ne tombe. Allez prévenir vos équipes, c’est notre priorité !

Les trois hommes sortirent aussitôt des ruines pour réunir matériels et main d’œuvre.

Dans le ciel le soleil était déjà à son zénith et un vent apportant l’air froid du nord secoua le ramage des arbres, arrachant certaines de leurs feuilles.

Les roucools se recroquevillèrent sur leurs branches en faisant bouffer leur plumage et les fouinettes se réfugièrent à l’abri des troncs. Les piafabecs crièrent leurs désaccords avant de s’envoler ailleurs alors que les granivols se laissaient entrainer avec des cris de joie pour flotter vers de nouveaux horizons.

21-187

Malgré cela, toute la faune locale avait le museau ou le bec tourné vers les petits tas de roches construits par les humains. Ils ne savaient pas pourquoi, mais quelque chose se passait. Quelque chose qui requerrait toute leur attention car cela avait un rapport avec eux et avec Ceux qui frôlaient le Monde avant même leur naissance.

Pour un observateur avisé qui aurait suivit Mimiko, il manquait néanmoins quelque chose : 

Où donc était Mew ?

151

**

Dans les méandres des ruines, Mimiko avait de plus en plus du mal à marcher. Sa jambe droite avait enflée et elle avait dû retirer une de ses bottes qu’elle tenait à la main. Si elle avait toujours sa gourde et ses barres de céréales accessibles dans son sac, elle fatiguait et commençait à avoir horriblement envie d’aller aux toilettes :

-Dis, Bêêta, gémit-elle, désormais trop lasse pour avoir peur et pour réaliser qu’elle parlait à un pokémon qui ne pouvait pas la comprendre : faisons une pause ? Hein ?

Evidemment, le chien continua sa route sans même la regarder, comme hypnotisé par sa destination dans les ténèbres.

La jeune femme grimaça mais elle ne tenait pas à perdre de vue son « guide ». Coinçant sa botte sous son bras, elle attrapa son pokématos pour regarder l’heure : cela faisait 3h qu’ils marchaient comme ça… A quel point ce tunnel pouvait être long ?

Si ça se trouvait, ils étaient mêmes en ce moment sous Mauville.

Avec un énorme soupir, elle rangea l’appareil dans son sac et releva la tête.

Ses yeux s’écarquillèrent en observant le halo de la torche illuminer un coin. Avançant encore de quelques pas, Bêta s’arrêta et posa son derrière par terre tandis que Mimiko stoppa devant un mur qui clôturait le tunnel.

Un cul de sac.

Quelque part elle était rassurée de savoir que ces galeries n’étaient pas sans fin, mais de l’autre elle réalisait que Bêta l’avait conduit dans la mauvaise direction.

Fatiguée et abattue, elle s’accroupit près du chien pour se reposer un peu.

-Bêtaaa… Tu nous as conduits nulle part… Lui fit-elle remarquer d’un ton accusateur.

L’observant en s’attendant à ce qu’il se tourne vers elle tout joyeux comme à son accoutumée, comme si tout ceci n’était qu’un jeu et non pas un naufrage complet de leur équipée, elle remarqua qu’il gardait le museau pointé vers le mur.

C’était comme s’il lisait ce qu’il y avait d’écrit.

Levant la torche devant elle, elle éclaira mieux les lettres qui s’alignaient étrangement séparée des autres écritures, au milieu du mur.

-BORDEL!

Elle n’en croyait pas ses yeux et était si stupéfaite qu’elle faillit lâcher toutes ses affaires en se relevant brusquement.

Là, sur ce mur situé on ne sait où, dans un couloir qui n’avait plus était utilisé depuis des années, et construit par une civilisation qui avait disparu il y avait des siècles se tenait bien distinctes les lettres, certes de l’époque mais reconnaissable, de SUMMER WARS.

De l’anglais. Pas du japonais.

-C’est complètement impossible…

Elle n’avait pas besoin de sortir sa photo pour savoir qu’il s’agissait bien de ce qui était écrit au dos. Son père l’avait-il recopié d’ici ? Et était-ce ce pour ça que Bêta l’avait amené ici ?

Non, Bêta n’avait pas pût créer l’étrange phénomène qui les avait projeté dans ce tunnel. Ce n’était qu’un pokémon feu, seul un pokémon psy à la rigueur aurait pût les téléporter…

Elle avait envie de toucher les lettres pour s’assurer que ce qu’elle voyait était vraiment la réalité, mais alors que ses doigts étaient à quelques centimètres du mur, la flamme de sa torche s’éteignit brusquement, comme soufflé par un vent invisible.

Elle se retrouva de nouveau dans le noir.

Non, c’était différent, réalisa t’elle en se rendant compte qu’elle pouvait voir son corps et celui de Bêta comme s’ils brillaient de l’intérieur.

Mais tout autour d’eux, tout n’était qu’obscurité.

-Mais qu’est ce qu’il se passe encore ? 

Partagée entre la terreur, l’incompréhension et la fatalité, elle baissa les yeux vers le caninos. Il la regardait aussi de ses beaux yeux bruns, comme s’il lui disait d’avoir confiance, puis il se remit sur ses quatre pattes et se mit à marcher droit devant lui.

Mimiko qui n’avait pas de raison de croire qu’après l’avoir amené jusqu’ici, il ne savait pas où il allait, se mit à courir derrière lui en se retenant de se mettre à hurler.

Courir n’était pas vraiment le bon mot puisqu’elle ne sentait même pas de sol sous ses pieds, elle avait plutôt l’impression de flotter ou de poser ses pieds sur une substance gélatineuse qui s’abaissait sous son poids. Au point où elle en était, elle n’allait pas remarquer une bizarrerie de plus et faisait de son mieux pour garder Bêta dans son champ de vision. 

Au bout d’un moment, une percée de lumière apparut au fond des ténèbres et comme une assoiffée qui voit un puits, Mimiko redoubla de force pour s’en approcher jusqu’à ce qu’elle envahisse l’horizon et que son pied se pose enfin sur un matériau solide.

La lumière cessa de briller et elle se retrouva en plein air, au milieu d’un prés. Il faisait nuit, des étoiles scintillaient dans le ciel sans nuage et elle sentait avec plaisir le vent souffler et s’engouffrer dans ses cheveux.

Pourtant tout ceci était aussi incroyable. La dernière fois qu’elle avait regardée l’heure, il était à peine le début de l’après-midi et ce lieu…

Deux lacs reflétaient le ciel et au loin un moulin faisait tourner ses longues pales. Une grande maison se tenait devant le premier lac avec une véranda en bois et un ponton où se balançaient des canots.

-Je connais cet endroit… C’est là où nous passions nos étés quand mon père était encore là…

Comment avait-elle pût passer du Japon à la France en quelques heures ?

Elle se mit à marcher dans les hautes herbes vers la maison dans un état presque second. Bêta n’était plus devant elle et il semblait à présent vaguement inquiet. Après une longue hésitation, il courut vers la jeune femme et lui tourna autour pour l’empêcher de continuer.

-Quoi ?

Une porte s’ouvrit dans la maison et une silhouette masculine sortit pour aller marcher sur le ponton. Comme il était loin et en partie de dos, elle n’arrivait pas à bien le voir et se demanda si c’était le nouveau propriétaire.

Il avait quelque chose dans ses mains qu’il souleva avec précaution. Cette chose se mit alors à briller d’une lumière magnifique qui hypnotisa presque Mimiko. C’était comme une mini aurore boréale, les bleues, les verts, les violets, les roses pastels défilaient, tous plus évanescents et merveilleux que tout ce qu’elle avait pût voir jusqu’ici.

La jeune femme écarta Bêta de sa route pour observer cela de plus prés.

Sa chaussette droite, celle de sa cheville enflée s’imbibait de boue malgré le soin qu’elle mettait à ne pas trop s’y appuyer, mais elle ne pouvait pas s’empêcher de continuer.

L’homme se tourna alors légèrement en ramenant la chose étincelante dans son giron, offrant son profil à la jeune femme.

A cette vision elle ne s’arrêta pas, bien au contraire : oubliant sa jambe et tout le reste, elle se mit à courir dans sa direction

Elle le connaissait ce profil de ses quelques souvenirs d’enfance, il était le même que sur la photo, le même que quand elle l’imaginait, le même que quand elle visualisait ce moment…

Son père ! C’était son père !  

Bêta lui courrait à présent après, aboyant, paniqué.

-PAPA ! PAPAAAAAAA !!!! PAPAAAAAAAAAAAA !!!! Se mit à hurler Mimiko en utilisant tout son souffle, toutes les dernières parcelles de ses forces.

Focalisé sur son but elle ne voyait pas que tout autour d’elle le décor était en train de se désagréger, partant petit bout par petit bout de façon régulière.

Sur le ponton apparut alors une deuxième personne : une femme aux longs cheveux bruns et à la peau blanche qui se mit à parler à son père Celui-ci lui passa alors ce qu’il avait dans ses mains et qui avait cessé de briller.

Mimiko ralentit alors, prise d’un doute, avant de s’arrêter.

La scène qu’elle avait devant les yeux, oui cette scène…

Sa mère regarda le bébé dans ses bras et se mit à rire.

La plus grande partie du décor avait disparu et seule la véranda et le ponton persistait encore, mais très vite dévoré eux aussi.

S’en rendant compte Mimiko se remit à courir de toutes ses forces, un bras tendu vers eux même si elle savait que c’était inutile, et alors qu’elle criait, des larmes dévalaient toutes seules ses joues.

-PAPAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!!!

Au dernier moment, alors que l’image n’était plus réduite qu’au torse de sa famille, son père se retourna vers elle et leurs yeux se rencontrèrent.

Un sourire un peu moqueur fleurit sur ses lèvres et il disparut avec tout le reste.

Mimiko se retrouva à nouveau dans les ténèbres gélatineuses avec Bêta et en un clignement d’œil, celles-ci disparurent de la même façon pour les laisser dans un des couloirs des ruines Alpha.

Elle resta tétanisée à sa place. A la fois complètement vidée de tout par cette expérience, foi, espoir, courage, force et de peur que tout reprenne si elle ne bougeait ne serait-ce qu’un muscle.

Cela l’empêcha d’entendre les voix qui venaient du couloir et que Bêta appela de plusieurs aboiements.

Plusieurs chercheurs sortirent alors de tous les côtés pour se réunir autour d’eux, surpris, la bombardant de question.

Tout ce que pût comprendre Mimiko c’était qu’elle était revenue au point de départ et face au soulagement qu’elle ressentit, ses jambes lâchèrent et elle s’écroula par terre. Le reste elle n’y fit pas trop attention. On s’inquiéta de sa jambe, le professeur Chen ordonna à quelqu’un d’aller chercher le docteur, deux hommes la prirent sous les bras et la soulevèrent pour la sortir des ruines malgré ses protestations d’y arriver toute seule et lorsqu’on la déposa sur un lit, elle se contenta de fermer les yeux et de ne plus penser à rien.

**

-C’est une belle foulure, annonça le docteur sans appel. Demain ça virera surement au violet… Quoiqu’il en soit mademoiselle interdiction de marcher pendant au moins deux jours Et même après ça, il vaudrait mieux éviter les déplacements pendant une semaine.

-Pendant 1 SEMAINE ?!? Mais j’ai la mission du professeur Orme à mener et puis j’ai mes pokémons et… Et je n’ai pas d’endroit où loger ici… Et…

Mimiko fut coupé par le professeur Chen qui lui posa deux doigts sur la bouche jusqu’à ce qu’elle se calme.

Hien qui se tenait sur son torse, accrochée à elle depuis qu’ils avaient quittés l’intérieur des ruines tourna la tête vers lui.

-Le professeur Orme ne voudrait certainement pas que tu continues ta mission au dépit de ta santé, de plus, sans vouloir trop m’avancer tu peux rester ici. Tu pourras récupérer la pièce qu’on t’avait libéré pour que tu dormes hier… Quant à tes Pokémon, nous sommes tous des spécialistes ici, nous pouvons nous occuper des taches qui te sont impossible.

-Mais…

-Pas de mais, répliqua le vieil homme d’un ton autoritaire qui suffit à décourager la jeune femme de toute autre plainte. Merci Taheki.

-Je repasserais demain voir comment ça évolue, lui répondit-il en le saluant. 

Le docteur rangea ses affaires et sortit de la petite chambre où on avait installé la blessée.

Relevée par plusieurs coussins, la jeune femme pouvait à loisir observer son environnement, du professeur Chen assis sur un tabouret près d’elle à Windy perchée sur la fenêtre. De temps en temps Maximus qui était dehors élevait son cou pour lui jeter aussi un petit coup d’œil et Chen était obligé de lui dire de s’en aller car il obstruait toute la lumière.

Bêta qui était aussi très fatigué par leur aventure s’était roulé en boule dans son panier et on l’entendait de temps en temps couiner comme s’il faisait un rêve.

-Bon, je suppose que tu voudrais te reposer, mais avant ça, aurais-tu la force de me raconter ce qui s’est passé ? Demanda le professeur.

-Tout cela est si… irréel, que j’ai peur de l’avoir rêvé. 

-Ta jambe et le fait que Yorimora t’ai vu disparaitre nous prouvent le contraire.

Mimiko passa la main dans les poils rêches de Hien et se mit à tout raconter.

Pendant ce temps-là, Windy se tourna vers Maximus qui revenait de son tour :

- Qu’est-ce que t’ont dit les pokémons sauvages ?

-Rien du tout. Ils sont repliés sur eux même.

-Comment ça ? S’étonna la roucool en sautillant vers le bord de la fenêtre pour se rapprocher de la tête de son compagnon.

-Je n’avais plus vu un pareil comportement depuis la bataille de Sekigahara, répondit Maximus d’un air pensif.

-La bataille de quoi ?

Windy inclina la tête, ne voyant vraiment pas de quoi il parlait. Souvent il avait des références obscures pour un pokémon.

-Une guerre entre humains. Mais les guerres humaines concernaient aussi les pokémons à l’époque. Les pokéballs n’existaient pas encore et quand un humain devenait le compagnon d’un pokémon, c’était pour se battre à la guerre, pas pour faire un joli petit tour du pays.

-C’est inadmissible, comment les pokémons pouvaient se laisser utiliser comme ça !

-C’était l’époque qui voulait ça. On appréciaient nos maitres et on ne voulaient pas qu’ils meurent alors on se battaient et on les protégeaient de toutes nos forces…

Maximus s’arrêta là et pendant un instant malgré son visage taillé dans la roche il parut triste à Windy. Sans doute pensait-il à un de ses anciens compagnons.

-Et donc quel rapport avec cette bataille d’humains ?

-Notre clan les Sanada avaient repris un peu l’avantage quand tout d’un coup Ieyasu Tokugawa, notre ennemi, est arrivé… Une brume glacée a alors envahi la plaine et tout se mettait à geler sous nos yeux. Tous les pokémons ont alors cessé de se battre en respectant un silence cérémonieux. Dans le brouillard se trouvait Un de Ceux qui frôlaient le Monde avant notre naissance.

Windy le regarda avec de grands yeux, captivée, et Maximus conclut :

-Le comportement des pokémons sauvages me fait penser à cela. 

-Mais… Cet humain, il n’avait tout de même pas mis sous sa coupe Un de Ceux qui frôlaient le Monde avant nous ? C’est impossible !

-Je te dis ce que j’ai vu. Après tous, même Ceux qui frôlaient le Monde avant nous ne sont pas invincible. Et nous devrions le savoir mieux que quiconque, répliqua t’il sévèrement en faisant un petit coup de tête vers la fenêtre.

Windy se tourna alors de nouveau vers Mimiko.

-Nous le savons, que cette humaine est spéciale, marmonna Maximus. C’est notre devoir de la protéger du mieux que nous le pouvons. C’est pourquoi ce petit se sent si mal…

La roucool regarda aussi Hien, se sentant au fond d’elle peinée pour lui qui accrochait fermement ses griffes dans le T-shirt de Mimiko comme pour ne plus jamais la quitter d’une seconde, la tête reposé sur l’un de ses seins, l’air amer.

Il s’en voulait de ne pas avoir pût être à ses côtés dans les ruines. Mais ce n’était pas comme s’ils avaient pût y faire quoique ce soit, se disait Windy qui ne culpabilisait pas vraiment.

La jeune femme devait avoir terminé son récit car le professeur Chen lui souhaita de bien se reposer et quitta à son tour la pièce, la laissant seule avec les pokémons.

Elle adressa un petit sourire à Hien qui releva la tête pour la fixer :

-Je vais mieux, lui assura t’elle doucement.

-Feurisson… 

-Mais… Tu sais, c’est étrange. Si ce que j’ai vu dans les ruines était une scène du passé… Pourquoi j’ai eu l’impression que mon père m’a entendu quand j’ai crié son nom ? Je suis persuadé qu’il a tourné sa tête vers moi et qu’il m’a vu… Ou bien tout cela était une illusion…

Elle passa une nouvelle fois sa main dans le pelage du feurisson et se laissa tomber dans ses coussins pour fermer les yeux.

-Oui…Bizarre… Murmura-t-elle une dernière fois avant de se laisser aller au sommeil.

***

Dans les profondeurs les plus sombres des ruines Alpha, dans un couloir quasiment inaccessible à part pour les minuscules mimigals qui arrivaient à se faufiler jusque-là, sur tous les murs les inscriptions se mirent à briller.

Se détachant alors de leurs supports, des centaines de zarbis se mirent à tournoyer en chantonnant des chants qu’eux seuls pouvaient comprendre avant d’éclater brusquement leur cercle et de se repositionner au hasard.

201

Sur le mur du fond, l’inscription de SUMMER WARS avait disparue.